‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 65 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

monies de la messe^ puis le symbole, les commandements de Dieu et de TEglise, et les sacrements ; et il voulut enfin, à l'exemple des Pères de TEglise, donner une connaissance suffisante des Saintes Ecritures, des livres mêmes de TAncien Testament.

L'histoire ecclésiastique raconte que, lorsque saint Jean Chrysostome prêcha pour la première fois à Antioche, on lisait dans l'assemblée des fidèles les premières pages de la Genèse. L'orateur en fit le thème de ses instructions quadragésimales , et le peuple se précipitait aux synaxes pour entendre cette poétique parole, qui le charmait et l'instruisait. Saint Basile avait commenté le même sujet devant les fidèles de Césarée. Inspiré par ces grands souvenirs, le nouveau Curé de Saint-Denis n'hésita pas à expliquer à son peuple l'œuvre des six jours de la Création. Il rendit intelligibles à tous les mystères des sciences naturelles; il jeta des flots de poésie sur les simples pages de Moïse, racontant le débrouillement successif du chaos ; et les pensées morales, qu'il savait mêler avec un charme indéfinissable à ses discussions, donnèrent à cette prédication, qu'on eût pu croire stérile, la plus merveilleuse efficacité. Malgré l'heure matinale, l'affluence fut considérable; on accourait des quartiers les plus éloignés de la ville, et plus d'une fois des auditeurs appartenant à l'aristocratie intellectuelle s'assirent à côté du modeste travailleur.

Un jour, le Curé de Saint-Denis se dépouillait.

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après la messe, des ornements sacerdotaux. Un inconnu, dont la physionomie pleine de distinction révélait une haute intelligence, entra dans la sacristie: «Monsieur le Curé, dit-il, je suis étranger à votre ville ; je suis venu ce matin à l'église pour satisfaire à mon devoir de chrétien ; j'ai assisté à votre prône, et j'éprouve le besoin de vous dire que je n'ai jamais entendu commenter nos Saints Livres avec une plus grande noblesse et tant de simplicité. » Une interpellation si inattendue embarrassa l'abbé Martin; mais son émotion devint plus vive quand l'étranger eut décliné son nom. C'était M. Sauzet. Une conversatiQn pleine d'intérêt s'engagea à l'heure même. M. Sauzet venait de pablier le manifeste qui avait mis le dernier sceau à sa gloire : Rome devant F Europe. Une parfaite communauté de pensées, d'affections, de craintes et d'espérances, rapprocha bien vite deux hommes si dignes.de se comprendre; dès ce moment M. Sauzet, . pendant le séjom* qu'il fit à Montpellier pour y rétal)lir ses forces, fut l'auditeur le plus assidu de l'abbé Martin, et les rapports les plus doux s'établirent enfre le Curé de Saint-Denis et l'ancien Président dé la Chambre des députés.

On peut pressentir, par ce que nous venons de dire, quelle devait être la puissance de la parole du pasteur, lorsque, dégagé de toute entrave, il pouvait planer librement dans de hautes régions, et que

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