CHAPITRE VI
voile de fleurs et de fête , est la chose la plus sérieuse et la plus grande de la vie. Les anciens le définissaient : une communauté individuelle de la vie entière, une communication du droit divin et humain à l'intention de créer une famille. Créer une famille ! ces deux mots vous révèlent la mission que vous acceptez aujourd'hui, et pour laquelle vous implorez la consécration de l'Eglise. Sans doute l'homme est l'ouvrage de Dieu, et son ouvrage de prédilection. Il façonna de ses propres mains l'argile de son corps, il l'anima de son souffle divin et il y imprima son image. Désormais c'est à jia femme qu'il a légué cette œuvre mystérieuse et sublime; c'est elle qui, de génération en génération, continue le Créateur, est appelée à donner à Dieu des enfants dignes de le connaître et de l'aimer.
» Elle crée l'homme, non pas seulement en le portant dans son sein, mais en ouvrant sa pensée à la lumière, son àme à la vertu ; en semant dans sa conscience les germes immortels du vrai, du bien et du beau ; en développant , en faisant resplendir en lui l'image de Dieu. Tous, tant que nous sommes ici, nous gardons au fond de notre cœur, à travers toutes les vicissitudes de la vie, l'empreinte sacrée et inefiaçable des mains mille fois bénies de notre mère. C'est parce qu'il la prédestinait à un rôle si grand, que Dieu a doté la femme de tant de qualités supérieures, et surtout de cette puissance d'amour et de dévouement qui est son génie, sa force, son attrait principal.
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» A ces dons émineiits le Christianisme a ajouté une beauté, une perfection surnaturelle; et la femme, transfigurée à sa lumière, est devenue, au foyer de la famille, le plus éloquent des évangélistes, l'écho le plus puissant, comme le plus doux, de la voix de Dieu.
» Bénissez le Seigneur, ma fille: ce lot merveilleux de la femme chrétienne, vous Pavez reçu dans toute sa splendeur. Loin de ma bouche, loin de mon àme, de puérils compliments ! Mais tout le monde sait ici que vous apportez au mariage une pureté sans tache, une éducation parfaite, une piété aussi solide qu'aimable, et tout ce trésor de douceur, de modestie, de délicatesse, de dévouement, qui sont le plus riche écrin d'une fiancée et l'élément le plus eiSBcace du bonheur dans la famille.
» Une autre chose doit relever votre confi^-nce en présence de vos devoirs : c'est le choix fait par vQus du jeune homme qui va vous donner son nom, auquel vous consacrez votre vie. M..., par sa famille, par ses principes, par la loyauté de son caractère, est digne d'unir sa destinée à la vôtre : il est digne de votre amour ; il ne trahira pas le serment qu'il vous fait au pied de l'autel. Vous le verrez toujours vous entourer de soins pieux, d'attentions délicates, d'un culte de tendresse et de respect. Votre bonheur sera l'idéal de sa vie et l'objet constant de ses préoccupations.
» Permettez-moi de vous le dire. Monsieur, saint