CHAPITRE VI
Paul, traçant en quelques mots le code du mariage, y plaça en tête cet article : Mari, vous aimerez votre femme comme Jésus-Christ a aimé son Eglise. Oui, Monsieur, vous aimerez cette jeune fille qui vient à vous, avec un abandon si touchant et si parfait; vous l'aimerez d'un amour pur, délicat, généreux, profond, inaltérable, porté, s'il le fallait, comme celui de Jésus-Christ, jusqu'au plus grand sacrifice; vous l'aimerez, en un mot, de cet amour chrétien — je dirai presque divin — qui est la source des joies les plus nobles et les plus vraies.
» Quant à vous, ma fille, que vous dirai-je? Vous serez, sans y songer, l'ange de votre mari, l'ange de la lumière et du bon conseil, l'ange de la grâce et de la vertu, l'ange de l'espérance et de l'immortalité. Près de vous, il ne connaîtra pas la défaillance, car vous serez son appui; il ne connaîtra pas la douleur, car vous la changerez en consolation ; il n'oubliera pas le but supérieur et éternel de la vie humaine, car vous lui montrerez le Ciel dans vos discours*et vous lui en donnerez l'avant-goût dans vos vertus.
» Et maintenant, mes enfants, soyez bénis, soyez heureux ! Vous le serez, j'aime à le penser, car vous méritez de l'être ; vous le serez^ car ces amis, nombreux qui vous entourent, cette jeune sœur, cette digne mère, le demandent au Ciel avec tant de foi, que leur prière sera exaucée.
» Pour moi, je me félicite d'être en ce moment l'humble instrument des bénédictions de Dieu. Bénir!
bénir!! c'est la fonction la plus douce du sacerdoce: elle suffit à lui faire oublier bien des peines, et combien je suis heureux d'avoir à la remplir aujourd'hui!!!
» De tout mon cœur je vous bénis, je vous bénis au nom de vos familles, au nom de l'Eglise, au nom de Marie, notre divine Mère; au nom de Jésus-Christ, votre Rédempteur et le mien ; je vous bénis de la bénédiction la plus sincère et la plus fervente.
» Mon Dieu, daignez la ratifier dans le Ciel et puisse-t-elle à jamais leur porter bonheur ! »
En voyant prosternée devant l'autel, à côté d'un jeune homme pieux, sa jeune fiancée, qui avait eu de saintes aspirations vers la vie religieuse, l'abbé Martin s'écriait :
« Je n'ai jamais compris aussi bien qu'à présent cette parole de saint Paul, quand il dit à propos du mariage : C^est un grand sacrement dans r Eglise et dans Jésus- Christ *.
» Voilà un jeune homme qui prend par la main sa jeune fiancée, couronnée de fleurs et d'innocence, la conduit à l'autel, s'incline avec elle et dit à son Dieu avec une modeste assurance : Sa foi, c'est ma foi, sa prière est ma prière, et si je lui consacre mon cœur, ce n*est pas pour vous le dérober, ô mon Dieu, mais pour qu'uni au sien il soit plus digne de
vous,
^ L ad Eph,, ch. v, v. ^2.