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ciple, devenu garde des sceaux, honoré dans son presbytère de la visite d'un maréchal de France, M.Baraguay-d'Hilliers, qui avait été charmé, aux eaux des Pyrénées, de Taménité de son caractère et des agréments de sa conversation, il n'avait nullement songé à se frayer, à l'aide de ces puissants protecteurs, un chemin aux dignités ecclésiastiques.
» L'abbé Rajmaud se révéla à M.^ Thibault par une allocution très-délicate et très-spirituelle qu'il lui adressa, en 1836, sur le seuil de son église. Le Prélat, dont le coup d'œil était si prompt et si pénétrant, l'appela immédiatement à la cure de Saint- Chinian. Le bien que M. Raynaud opéra dans sa nouvelle paroisse, par ses vertus et son zèle , se soutient encore, et les regrets qu'il emporta ne sont pas effacés. La paroisse de Saint-Louis, à Cette, lui fut offerte; il ne l'accepta pas.
1» Les liens d'affection qui unissaient les abbés Raynaud et Martin (d'Agde), depuis leur jeunesse cléricale, se resserrèrent davantage par un voisinage qui rendait les rapports plus faciles entre le nouveau curé de Saint-Chinian et le supérieur du Petit Séminaire de SainIrPons.
» M*' Thibault ne voulut pas laisser cette lumière de son diocèse cachée sous le boisseau. Il engagea l'abbé Rajmaud à l'accompagner à Paris, le signala au Ministre des cultes, l'introduisit dans une société savante, au sein de laquelle on vit le docte curé prendre part à une dissertation de géologie avec
un talent et une science qui lui méritèrent les applaudissements de toute rassemblée. Quelques jours après, le célèbre membre de l'Institut, M. Langlais, félicitait M*' Thibault et lui demandait s'il avait beaucoup de prêtres aussi instruits dans son diocèse. Le Prélat, confiant dans les lumières et la sagesse de l'abbé Raynaud , l'attira définitivement auprès de lui* en qualité de vicaire général titulaire. Le clergé sut apprécier à la fois sa bonté, sa justice, sa modération, sa fermeté et surtout son affabilité devenue proverbiale.
» L'abbé Raynaud fut désigné pour assister au Concile d'Avignon', avec M. Peyrac, supérieur du Grand Séminaire; Durand et Caylus, chanoines titulaires; Séguier, curé-archiprêtre de la Cathédrale ; Argelliès, curé-doyen de Frontignan, et Roux (Pierre), aumônier des Religieuses Ursulines de Montpellier et docteur en théologie. Sa joie de participer aux travaux de ce Concile fut si grande, qu'il l'exprimait naïvement en écrivant à son ami M. Vînas, curé de Notre-Dame-des-Tables : u Je regrette y> que tu ne sois pas ici ; ta foi et ta piété y trou- » veraient des consolations indicibles. Pour moi, » je remercie le bon Dieu de m'avoir envoyé au « milieu d'une réunion d'hommes si imposants par
4 En 1847.
^ Concilium provinces Avenioiunsis, Àvenione habitum anno Domini MDCCCXLIX mense decembri, IV autem Ponlificaiûs PU Papa IX.
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y> leur science et plus encore par leur éminente j» piété*, y»
y» La flexibilité du talent de Tabbé Rajmaud se prêtait à tous les genres d'étude; aussi la Société archéologique de Montpellier Pavait-elle accueilli parmi ses membres.
y» En 1861, le siège épiscopal du diocèse étant devenu vacant, il fut nommé vicaire capitulaire et, bientôt après, membre de la Légion d'honneur.
^ Des souffrances corporelles, devenues de plus en plus fréquentes et aiguës, annonçaient la fin prochaine de cette noble existence. L*abbé Raynaud vit arriver la mort d'un œil tranquille et résigné, et, quelques mois avant de lui payer son tribut, il disait, dans une conversation intime avec le prêtre qui trace ces lignes : « Étrange inconséquence de l'homme ! 9 Nous sonmies appelés à un bonheur infini, et nous s» tenons encore à ce monde, où tout passe si vite. »
M. Raynaud avait légué sa bibliothèque au Séminaire, dans le cimetière duquel ses restes vénérés reposent, au milieu d'une sainte légion de prêtres éminents dont il avait reproduit la science et la piété.
* Lettre du 13 décembre 1849.
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ans, il professait le dogme au Séminaire de Montpellier. Il échangea cette chaire, en 1817, contre la chaire de philosophie du Collège royal, qu'il devait occuper jusqu'en septembre 1838.
y» L'abbé Flottes cumula, de 1815 à 1830, avec les fonctions professorales, celles d'aumônier du Collège, et ses nombreux élèves ont gardé le meilleur souvenir du zèle infatigable et du sage esprit de conciliation qu'il déployait des deux côtés — ce qui ne l'empêchait pas de se livrer, en outre, à la prédication dans les diverses églises de la ville.
9» Ce multiple dévouement faillit lui coûter cher. Sa santé, déjà peu robuste, ne put s'accommoder toujours d'un pareil travail, et il lui fallut, en 1830, abandonner à un autre ecclésiastique les fonctions d'aumônier, en se renfermant dans sa chaire de philosophie.
» L'abbé Flottes se consacra désormais avec d'autant plus d'ardeur à l'enseignement, et lorsque, en 1838, on établit à Montpellier une Faculté des lettres, il y obtint la chaire de philosophie. Il l'a occupée, avec beaucoup de succès, jusqu'au 8 mai 1857, ne s'y faisant suppléer qu'à de rares intervalles, quand ses forces refusaient obstinément leur service à ses savantes leçons. Il devint, à partir de cette date, professeur honoraire de notre Faculté.
n II n'avait, d'ailleurs, en cessant d'être aumônier du Collège, diminué qu'à demi sa tâche. Il accordait volontiers, à quiconque les recherchait, les