‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 73 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

n'avons donc pas été surpris d'entendre quelques paroissiens intelligents de Saint-Denis exprimer le désir que la chaire de leur église fût conservée. La simplicité de cette chaire est grande sans doute; mais pourquoi ne consacrerait-on pas une partie du legs précieux offert par notre vénéré défunt à rorneiuentation de ce modeste monument, qui perpétuerait ainsi le souvenir de sa parole ?

L'amour des traditions de son église, le zèle pour sa splendeur matérielle et la beauté de son culte, sont autant de caractères du vrai pasteur. Nous trouvons ces caractères dans le curé de Saint-Denis.

Sa paroisse a pour Patron le premier évoque de l'antique Lutèce, et elle s'est accoutumée à honorer dans cet apôtre des Gaules Denis l'Atliènien. Or on sait qu'une école critique du dix-septième siècle, obscurcissant la vérité de l'histoire, a cherché à démontrer que saint Denis l'Aréopagite n'était pas le fondateur de l'Eglise de Paris. Telle a été la thèse soutenue par le fameux docteur Launoy, s'appuyant sur une édition des Actes de notre Saint publiée par l'évêque de Montpellier, François Bosquet, qui était son ami et le partisan de cette opinion. Comme on ne dit point, dans ces Actes, que saint Denis ait été

écrivait, le 3 avril 1686 1 « Pour le père Boiirdaloue, ce serait mauvais signe pour Montpellier s'il n'y était, pas admiré, après l'avoir été à la Cour et à Paris d'une manière si sincère et si vraie. >» (Tome Vil, p. 369.)

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envoyé à Paris par le pape saint Clément^ mais simplement par les successeurs des Apôtres, Laanoy en a conclu que cet Evêque n'était venu que plus tard dans les Gaules, et il a adopté le récit de saint Grégoire de Tours, reportant son apostolat et son martyre à Tannée 250, sous l'empereur Dèce.

Cette assertion, contraire à l'apostolicité de l'église de Paris, excita alors un violent débat et de sérieux contradicteurs*; cependant elle a prévalu jusqu'à nos jours, où de nouveaux travaux historiques ont presque rétabli la certitude de TAréopagitisme. C'est ce que l' abbé Darras vient de prouver avec évidence dans un ouvrage très-remarquable*.

Avant lui, l'abbé Martin avait proclamé et défendu cette thèse dans une argumentation lucide, où il se montrait historien érudit autant qu'éloquent orateur. Le panégyrique de saint Denis, qu'il prêcha dans sa paroisse, est resté dans toutes les mémoires. Il suivait le premier évêque de Paris, sortant de l'Aréopage, converti par saint Paul , envoyé par Clément, successeur de saint Pierre, pour

* Voir les ouvrages suivants : Vindicata Ecclesiœ Gallicane de suo Areopagitâ Dionysio gloria, par Dora Millet. Paris, 1638, in-8°; — Histoire chronologique pour la vérité de saint Denis, AréopagUe, apôtre de la France et premier évêque de Paris, par J. Doublet. Paris, 1646, in-4°; — De Unico S. Dionysio, Areopagitâ, Athenarum et Parisiorum episcopo, adversus Joannis de Launoy Constantiensis, theologi Paris iensis, discussionem Milletianœ responsionis, diatriba, par Hugues-Mesnard. Paris, 1643 in-S»'.

2 Saint Denis l' AréopagUe, par Tabbé J.-E. Darras, 1863.

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