‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 74 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

évangèliser les Gaules, et souffi*ant le martyre au village de Catulla, situé à trois milles de la vieille cité de Lutèce. Interrogeant les récits des anciens hagiographes, il montrait sainte Geneviève, Tillustre patronne de Paris, expression vivante de la tradition de son siècle et de celle des siècles précédents, voulant faire élever une basilique au même village de Catulla, en l'honneur du glorieux Athénien* ! Les Ménologes grecs venaient corroborer son sentiment '. Le silence presque complet des écrivains orientaux, touchant un personnage aussi célèbre que l'Aréopagite, ne pouvait s'expliquer, à ses yeux, que par un voyage dans l'Occident.

Aborda^t enfin la thèse de M. Guizot, qui prétend que « les Gaules ne sont devenues chrétiennes que dans le second ou le troisième siècle et sans le secours de la Papauté * », il établissait par l'autorité de savants Annalistes, Vincent de Beauvais, saint Antonin, Baronius, que c'est de Rome et aux temps apostoliques que le flambeau de la foi a été porté à nos pères; et, ravi de ce nouveau trait d'union entre la Ville étemelle et la nation qui devait un jour s'appeler la France, il s'écriait avec Gorini,

* Libellus vitéd B. GenovefâB : Surius, Acta , sum 9. jan. — Saint Yves, Histoire de sainte Geneviève, Nous ferons observer que sainte Geneviève vivait un siècle avant saint Grégoire de Tours.

' Vita et Encomium S. Dionysii, Areopagitœ. Ex Menœis grœds, mensis octob. die 3.

' Histoire de la civilisation en France, par M. Gruizot, tome II, chap. XŒ, p. 102.

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dans rélan d'un enthousiasme à la fois patriotique et chrétien : « Que de liens entre la Gaule, colonie chrétienne de Rome, et cette mère patrie*. »

Nous regrettons de n'avoir pas trouvé le texte de cette éloquente démonstration. Il nous a semblé utile, cependant, de rappeler les sentiments d'un critique aussi compétent que l'écrivain de la vie de saint Jean Chrysostome, sur un point d'histoire des plus controversés.

Cette conviction historique de l'abbé Martin, qu'il cherchait à propager par sa parole, lui rendait son église en quelque sorte plus chère. Son culte de vénération pour Denis l'Aréopagite se répandait sur la paroisse qui porte son nom, et nos lecteurs comprendront sa joie quand il reçut, en 1852, un don très-précieux.

La paroisse de Saint-Denis ne possédait pas, dans le trésor de son église, la moindre parcelle des restes de son glorieux Patron. Cette privation était vivement sentie par l'abbé Martin, lorsqu'un de ses plus zélés paroissiens, M. le conseiller Pégat', lui oflFrit une relique de saint Denis et de ses compagnons Rustique et Eleuthère. Cette relique eut d'autant plus de prix à ses yeux, qu'elle était un envoi

^ Défense de l'Église contre les erreurs historiques. . . , par l'abbé Gorini, tome II, ch. viii, p. 484.

3 Aujourd'hui président de chambre à la Cour impériale.

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