‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 75 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de Rome — nouveau trait d'union entre son église et la mère et maîtresse de toutes les églises du monde.

On sait la part laissée aux fabriques dans l'administration temporelle des paroisses. Quand la bonne intelligence existe entre les Fabriciens et le Curé, la responsabilité de celui-ci est moins grande, puisqu'il peut se décharger un peu sur son Conseil des soins matériels de son église, et les améliorations s'introduisent sans effort. L'esprit conciliant de l'abbé Martin rendit toujours cette entente facile, et nous n'avons qu'à en signaler les résultats.

Le Curé de Saint-Denis, cdmme toutes les natures d'élite, aimait les arts, et, convaincu que le beau n'est que la splendeur du vrai, il comprenait que le Christianisme n'a jamais dédaigné ce secours.

Cédant à ses désirs, le Conseil de fabrique enrichit son église de deux tableaux dus au pinceau de Glaize, l'illustre artiste montpelliérain. Le premier représente le Sacré-Cœur de Jésus. L'artiste n'a pas représenté le siège de l'amour divin sous sa forme matérielle. Inspiré par la pensée chrétienne de l'abbé Martin, il montre Notre-Seigneur Jésus-Christ découvrant sa poitrine, tandis que son regard plein de tendresse s'abaisse sur toutes les misères humaines prosternées à ses pieds. Le second tableau représente, avec l'expression d'une mélancolie extatique, Thérèse d'Avila, dans cette vision célèbre où elle

VOUS, VOUS n'avez qu'une foi, vous n'avez qu'un cœur; dévoués à Jésus-Christ et bénis par lui, vous ne serez qu'un en Jésus-Christ.

» Laissez-moi vous lé dire, ma fille : le Dieu qui avait souri à la ferveur confiante de vos jeunes années, et qui vous ramène dans un monde d'où vous vouliez vous enfuir, vous devait un dédommagement; et il vous le donne, en liant votre existence à celle d'un homme capable de vous comprendre et digne de votre cœur.

» Et vous , Monsieur, vos antécédents de jeune homme et de chrétien vous méritaient cette récompense anticipée, d'avoir pour femme une jeune personne qui vous apporte, avec les trésors de son esprit et de son cœur, quelque chose de ces parfums du Ciel qu'elle a contractés dans une union plus intime et plus constante avec son Dieu. Vous serez heureux, car il est écrit que la piété a les promesses de la vie présente autant que de la vie future *.

» Mais j'ai plus que des éloges à vous adresser : mon ministère m'oblige à vous rappeler des devoirs. Le mariage en impose de grands, d'élevés, de difficiles. Quel fardeau pour un homme que celui de la famille, et la responsabilité du bonheur et de la destinée d'une femme! Est-ce trop d'un dévouement de tous les jours, de tous les instants, pour suffire à une tâche si délicate et si sainte ?

* /. ad Tint, y ch. iv, v. 8.

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