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qu'à Paris. Là Province resta en dehors de ce mou* vement; mais un des élèves de Choron devint maître à son tour: M. Danjou continua cette œuvre importante et contribua largement à sa propagation.
M. Danjou , après de nombreux travaux à Paris, avait été appelé à Lyon par Son Eminence le cardinal de Bonald , et il avait introduit les plus savantes améliorations dans Téglise primatiale. Ce fut un trait de lumière pour l'abbé Martin. L'éminent artiste ar^ riva bientôt auprès de lui, et il fut chargé de rétar blir, dans Téglise de Saint-Denis, le vrai plain-<;hant, qu'il appelait si bien le roi de nos lutrins, et le fauxbourdon, qui a pris naissance au moyen âge dans nos cathédrales, sur le clavier de nos orgues. Une Maîtrise fut créée ; elle se montra bientôt digne de rivaliser avec celles de la Capitale, et les grands noms des anciens compositeurs les plus célèbres furent recommandés aux Montpelliérains par le charme de leurs propres souvenirs. L'éloignement de M. Danjou n'interrompit point le succès de son œuvre. Placée sous l'habile direction de M. Tœmig, qui est depuis quinze ans Maître de chapelle, la Maîtrise de Saint- Denis continue d'exécuter les chefs-d'œuvre des grands maîtres, Haendel, Palestrina, Haydn, Mozart, Beethoven, Cherubini , Rinck, Bach ... ; et, grâce aux nobles encouragements et aux sacrifices personnels de l'abbé Martin, on a déjà vu surgir de cette Maîtrise , comme des Maîtrises du moyen âge,
d'habiles artistes, parmi lesquels nous pouvons citer
M. Bornes, le jeune organiste actuel de Saint-Denis. Ajoutons que, si le chant religieux s'est amélioré dans les autres paroisses de Montpellier, et surtout dans Péglise cathédrale, l'honneur en revient naturellement à celui qui fut le premier promoteur de cette importante réforme.
Un pieux usage, établi par saint Philippe de Néri, subsiste encore dans Péglise qui porte son nom à Rome, et Ton peut j entendre pendant TA vent et le Carême des oratorios célèbres dont l'exécution ne paraît pas une dissonnance profane, malgré la sainteté du heu où ils sont chantés. Le curé de Saint-Denis réussit à former de semblables réunions dans son église, où l'élite de la société montpelliéraine venait porter annuellement le double tribut de son talent musical et de ses généreuses aumônes; et les amis intelligents de la musique religieuse se souviennent encore de la correction, de la pureté et de la justesse d'expression avec lesquelles fut exécuté, en 1862, à l'occasion de la Compassion de la Sainte Vierge, le Stabat de Haydn, en présence d'un brillant auditoire , attiré à la fois par l'éloquence du pasteur et par la réputation de l'œuvre de l'auteur de la Création.
Le zèle de l'abbé Martin pour la splendeur de son Eglise s'est révélé jusque dans l'expression de ses dernières volontés. Parmi ses nombreux legs pieux, on remarque un calice dont la valeur matérielle et artistique est encore relevée par les riches
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émaux et les dessins en filigrane dont il est orné. Ce calice est la reproduction exacte de celui que S. M. Napoléon III donna à M*' Sibour, à l'occasion de la bénédiction de son mariage. L'abbé Martin a exprimé aussi le désir qu'une partie de son modeste héritage fût consacré à l'érection d'une statue en marbre de la Vierge, dont l'exécution est confiée à l'habile ciseau de M. Baussan, professeur à l'école de sculpture de Montpellier.
Les pieuses associations sont un des éléments essentiels de la vie spirituelle d'une paroisse : le curé de Saint-Denis les aimait toutes en général ; mais les préférences qu'il manifesta dans le cours de son ministère nous font connaître les hautes aspirations de son âme.
Il plaçait au premier rang, parmi les diverses manifestations du culte, la dévotion à l'Eucharistie, parce qu'il y voyait avec raison le principe générateur de la piéié catholique. Il conçut donc et réalisa de bonne heure le projet d'établir dans sa paroisse l'œuvre de V Adoration perpétuelle. Le règlement des Associés était simple. Ils se partageaient les diverses heures du jour au pied du Saint Sacrement, et adoraient pendant la nuit la Sainte Victime, sans sortir de chez eux, à des heures également déterminées pour chacun. Le zélé pasteur se réserva, tant que sa santé le lui permit, une des heures de la nuit, heureux de veiller avec le divin Maître pour
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le salut du troupeau qu'il aimait. Afin d'entretenir la ferveur,! qu'affaiblit de jour en jour l'habitude, il prêchait tous les mois une^, instruction familière sur l'Eucharistie.
Quelques années après cette création, l'abbé Martin découvrait, dans les archives de la Fabrique de Saint-Denis, un bref pontifical constatant l'existence d'une Confrérie de l'Adoration perpétuelle dans sa paroisse, approuvée et enrichie d'indulgences par le Pape Clément XIII, le 7 avril 1761. Ce fut une grande joie pour lui, défenseur si dévoué des vieilles traditions locales , de n'avoir fait que rétablir, sans s'en douter, une dévotion chère à ses prédécesseurs.
Ce document précieux est confirmé par Renaud de Villeneuve , é vêque de Montpellier, sous la date du 16 avril 1762. En vertu de l'Induit pontifical, le prélat avait assigné pour fête principale de l'Association, avec indulgence plénière, le deuxième dimanche après Pâques; et une même indulgence était attachée aux fêtes secondaires des saints apôtres Pierre et Paul, de saint Roch, de l'Immaculée Conception de la Sainte Vierge et au dimanche de la Quinquagésime.
De nos jours, l'Œuvre de l'Adoration perpétuelle tend à devenir universelle dans l'Eglise. L'abbé Martin applaudissait à ce mouvement et en signalait la véritable origine : « C'est Rome, s'écriait-il , qui a ressenti cette première pulsation d'amour envers la sainte Eucharistie, et voilà que le mouvement