‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 80 sur 135 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les Religieuses de SaintrCharles, de Lyon, plus particulièrement connues sous le nom de Danies de la Providence, participèrentà la même bienveillance. Le Curé de Saint-Denis estimait cette grande institution, qui inspire à ses membres le plus religieux dévouement pour Téducation des jeunes filles appar- Want aux diverses classes de la société. Le Pensionnat et l'Œuvre des Orphelines étaient Tobjet de sa sollicitude paternelle; mais il exerçait plus particulièrement sa vigilance de pasteur sur les enfants de l'Ecole gratuite, dont les parents composent la population ouvrière de sa paroisse. Il les visitait quelquefois ; il aimait à présider les examens et les distributions des prix; il les disposait lui-même à la première communion, cet acte si important de la vie chrétienne. Plus tard, il les voyait, avec bonheur, enrôlées dans la Congrégation des jeunes filles de Saint-Denis, dirigée avec autant de zèle que de prudence par ses vicaires, et qu'il encourageait également par de touchantes exhortations, en assistant à leurs réunions, à certains jours de fête.

La maison de la Providence appartenait, avant la Révolution française, à Tordre des Carmes déchaussés , et c'est à ce souvenir que se rattachait l'usage d'une neuvaine à sainte Thérèse dans l'église paroissiale de Saint-Denis. Cette dévotion y avait reçu un nouvel éclat sous l'influence de la parole de l'abbé Martin, que rendait plus éloquente alors son admi-

^^ l'abbé MARTIN

ration pour les vertus et les œuvres de la grande Rèformatice du Carmel; mais, lorsque les Pères Carmes s'établirent de nouveau à Montpellier, en 1853, le Curé de Saint-Denis comprit qu'il fallait laisser aux disciples de sainte Thérèse le soin de lui offrir un culte spécial, et il renonça volontairement, mais non sans regret, aux exercices de la neuvaine annuelle.

Les Pères Carmes l'inaugurèrent dans leur église; et, touchés de la générosité délicate de l'abbé Martin, ils le prièrent de venir prêcher le panégyrique de leur illustre Patronne. L'orateur, admirablement inspiré par la présence de ces religieux, que leurs vêtements blancs rendaient semblables aux anges de la résurrection, se surpassa lui-même, et jamais son enthousiasme pour cette femme sublime, docteur de la théologie mystique et martyre de l'amour divin, ne se manifesta avec plus de splendeur*.

Le Curé de Saint-Denis était attaché à l'Ordre du Carmel, non-seulement par les aspirations pieuses de son cœur, mais encore par un lien de famille : un de ses neveux avait été appelé à servir Dieu sous le manteau d'Elie.

Une lettre que lui écrivit son oncle, et dont nous sommes heureux de reproduire un fragment, prouvera à nos lecteurs, avec la sagesse de direction de

* L'abbé Martin a écrit une Vie de sainte Thérèse. Nous regrettons de ne pouvoir la publier, le manuscrit n'étant pas à notre disposition.

Page 1