CHAPITRE VI
paroisse de Montpellier, M. le Prévôt, instruit de cette mesure, se rendit au presbytère de Saint-Denis, pour exprimer le regret de ce qu'on n'avait pas mis ses Frères sous la direction spirituelle de leur propre Curé, qu'ils entouraient de tant de vénération. Plus tard, quelques jours après la mort de l'abbé Martin, il fit célébrer un service solenneljlpour le repos de son âme ; voulant enfin donner un témoignage plus éclatant de la reconnaissance de la royale Compagnie pour celui qu'elle avait toujours regardé comme son protecteur, il écrivit la lettre suivante, à l'occasion d'une souscription paroissiale ayant pour but d'honorer la mémoire du vénéré pasteur^:
^ La dévote et royale Compagnie des Pénitents bleus de cette ville, qui a reçu do l'abbé Martin de si grandes preuves d'intérêt, ayant été informée que les paroissiens de Saint-Denis élevaient un monument * à la mémoire de l'éminent et si regrettable Curé qui vient de leur être enlevé, m'a donné le mandat de souscrire à ce monument. Notre chapelle a été construite sur le territoire de la paroisse de Saint- Denis, et ma Compagnie avait eu l'insigne honneur
* Les paroissiens de Saint-Denis ont eu l'heureuse idée d'élever un monument commémoratif dans la chapelle de la Vierge, où reposent les restes de l'abbé Martin. Une inscription est déjà gravée sur une plaque de marbre. On trouvera, à la fin de ce livre, cette inscription et la reproduction de l'œuvre de M. Baussan.
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de compter Tabbè Martin au nombre de ses confrères. Nous ne pouvions donc rester étrangers à cette grande manifestation d^admiration et de reconnaissance.
j» Je suis inj&niment heureux d'être, en cette douloureuse circonstance, Tinterprète des sentiments de gratitude qui sont ceux de tous les membres de la Compagnie des Pénitents bleus . • .
Le Président du Conseil d^ administration^ premier Prévôt de la Compagnie :
P. Durand.
Montpellier, le 25 mai 1868. »
La charité , qui est une des vertus essentielles du prêtre, inspira au Curé de Saint^Denis des œuvres éminemment utiles, qui contribueront, autant que son zèle pour la maison de Dieu et ses créations pieuses , à perpétuer son nom et son souvenir.
Parmi les Œuvres de charité qu'il établit dans sa paroisse, nous devons surtout signaler la Salle d'asile et le Vestiaire de Saint-Martin.
L'Asile, dans la pensée de ses premiers fondateurs, n'est pas proprement l'éducation; il en est seulement le prélude. Il est le point et comme la station intermédiaire qui sépare le berceau de l'école ; c'est un moyen de suppléer à la sollicitude maternelle, lorsque cette sollicitude ne peut s'exercer sans préjudice