CHAPITRE VI
pour le reste de la famille. Son but est de recueillir l'enfant pour le préserver des dangers de Pisolement, de s^emparer de ses facultés à mesure qu^eUes èclosent, de sa mémoire, de son imagination, de son esprit, de son âme tout entière, pour les remplir de saintes images, de récits édifiants , d'idées morales , de pures et douces affections. Là, dans des leçons accommodées à sa faiblesse et entremêlées de chants et d'évolutions variées, qui tiennent éveillée son attention sans la fatiguer, l'enfant apprend, presque sans s'en douter et comme en se jouant, les éléments de la Religion , les rudiments de la langue, les premières notions de l'histoire, de la géographie et de la numération; et, grâce au patronage des dames charitables et à la direction des maîtresses dévouées qui président à la bonne tenue et au bienêtre de ces petites créatures, on voit briller sur leurs visages ouverts et souriants un air de santé et de bonheur qui est comme le reflet de l'innocence et des joies de leur âme.
L'Asile est une création à la fois catholique et française. Elle est née sur notre sol, elle est l'œuvre de notre foi et de notre dévouement pour le bien de l'humanité. La première conception, le premier essai en est dû à une femme, à une mère, à une chrétienne aussi noble que vertueuse, à M™* la Marquise de Pastoret, qui, au commencement de ce siècle, dota Paris d'un Asile, et s'en fit elle-même la directrice, avant qu'aucune institution semblable
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existât ou fût même soupçonnée dans les provinces et à Tétranger *.
Le premier Asile de Montpellier fut fondé, en 1840, par une femme d'un noble cœur et d'une intelligence supérieure. M"** V* L. Mares a continué depuis à s'occupet de cette Œuvre avec une constance et une générosité au-dessus de tout éloge , surmontant les obstacles et les difficultés qui entravent souvent les créations nouvelles*. Cet exemple n'a pas été sans résultat : plusieurs autres Asiles ont été établis par TAdministration municipale, dans les divers quartiers de la ville.
Une œuvre si belle devait exciter le zèle de l'abbé Martin. Sous son influence et sa direction, une famille chrétienne fit don, en 1852, à la ville de Montpellier, d'un local convenable pour la fondation de l'Asile Saint-Denis, qui est devenu l'Asile-
* Instruction pastorale sur les Salles d'asile. 1846, par Mb"" Giraud , évêque de Rodez, depuis cardinal-archevêque de Cambrai .
2 M«« Mares a raconté , dans un livre très-intéressant sur les Asiles , comment elle fut amenée à s'occuper particulièrement de réducation première des enfants : « En 1837, dit-elle, une Salle d'asile fut ouverte dans la ville que j'habitais ; je fus l'nne des douze dames choisies pour composer le comité de surveillance destiné à appuyer, à diriger le nouvel établissement; j'acceptai cet emploi avec joie : je ne connaissais les Asiles que par la lecture du Manuel de M. Gochin , qui , publié en 1834i m'avait donné le désir de voir établir , au milieu de nous, ce berceau moral de l'enfance. » (Petit Manuel d^éducation première au moyen des Asiles, par M™« V» L. Mares.)