‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 90 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

charité infatigable et tendre, contribuèrent puissamment au triomphe de TÉvangile, que d'autres enseignaient et glorifiaient par la parole et par la plume, qu'elles faisaient aimer et goûter par leurs exemples. Par elles, il devint la vie des familles, avant d'être la loi du monde, et leurs pieuses mains ajoutèrent d'inestimables joyaux à la couronne de Jésus-Christ*. »

L'historien de saint Chrysostome a fait succéder à ce tableau les portraits de quelques nobles patriciennes, qui consacrèrent aux pauvres leur fortune et leur vie. Mais il paraît avoir réservé toute la délicatesse de son pinceau pour la veuve du Préfet de Rome, la célèbre Olympiade, qui partagea avec héroïsme les douloureuses épreuves de Chrysostome.

Le livre de l'abbé Martin n'est pas seulement l'histoire du quatrième siècle : l'auteur a embrassé du regard les siècles antérieurs. Mais toutes ces grandes figures, qui se déroulent comme dans un vaste panorama, ne lui font pas oublier le principal personnage ; elles mettent au contraire en relief, par des parallèles dignes de Plutarque *, la gigantesque personnalité de l'évêque de Constantinople. « Autour de Chrysostome, remarque M. Germain,

* s. Chrys,, tom. II, ch. xxv, p. 263.

^ Voir le parallèle entre saint Chrysostome et saint Basile i saint Grégoire , saint Augustin , saint Athanase et saint Paul ( S. Chrys., tom. III, ch. xlvii, p. 379 et suivantes).

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se groupent les noms vénérés de saint Mélèce, de saint Basile, de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Augustin, de saint Ephrem, de saint Porphyre de Gaza, de saint Paulin de Noie, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Hilaire de Poitiers, de saint Martin de Tours, etc. Que de graves événements dans cette période historique si profondément tourmentée ! Le monde romain en proie à une décadence progressive, les barbares forçant les portes de l'Empire que les Césars se montraient impuissants à restaurer, beaucoup de faiblesse et de misère mêlées à très-peu de gloire. Et, au sein de la société chrétienne, d'immenses périls soit de la part des princes, soit de la part d'évêques enlacés dans l'hérésie, le pouvoir temporel des empereurs disputant avec une sauvage cruauté à l'Église la direction des âmes, presque partout l'image du chaos et la perspective du schisme. Rien de plus complet, rien de plus navrant que le spectacle d'un tel état social*. »

Nous ajouterons, avec le même critique, que «ce livre abonde en leçons à l'adresse de notre siècle. Les enseignements sociaux, les enseignements qui apprennent à gouverner et à civiliser, marchent de pair avec ceux qui apprennent à bien vivre. Le présent se trouve en germe dans ce passé militant'.»»

^Messager du Midi, 8 décembre 1860, A. Germain, doyen de la Faculté des lettres de Montpellier.

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