‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 97 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

» Us n'ont rien de cette ardeur fiévreuse qui compromet la vérité par l'exagération et soulève les masses sans aplanir les difficultés, ni de cette pusillanimité aveugle qui, sous prétexte de ne rien précipiter, repousse toute innovation. Ils se passionnent du fond de leur àme, en restant calmes au milieu des révolutions, et ils tranchent les questions les plus brûlantes de l'ordre social avec la certitude de la conscience et l'autorité des Écritures, avec le courage de la vérité et l'éclat de leur brillant génie.

» A eux l'honneur d'avoir proposé toutes les réformes nécessaires à la gravité des circonstances et proclamé les principes qui devaient triompher, malgré de vives résistances et d'interminables délais, comme la vraie loi de la civilisation. »

Les problèmes de l'esclavage, de la propriété, de l'épargne, de l'égalité des droits, de l'aumône, de l'affranchissement du travail, sont donc tour à tour l'objet des études de l'abbé Martîti.

Il a même abordé la question de la production de la richesse, dans son tableau de Ja vie monastiques et l'illustre économiste, M. Michel Chevalier, lui a rendu un solennel hommage : le savant professeur du Collège de France, dans un de ses discours*, après avoir montré le rôle important accompli par les

* Saint Chrys.j tome 1^^, oh. v, p. 136.

* Discours prononcé à l'ouverture du cours d* économie politique au Collège de France (ja^nvier 1868).

moines pour la production de la richesse, et signalé la manière dont ce rôle a été dépeint par M. Amédèe Thierry •, ajoutait : « Un autre livre, tout moderne pareillement et considérable aussi, se trouve avoir, par le cadre même que Fauteur s'est tracé, un rapport plus intime encore avec le sujet que je traite aujourd'hui : c'est une Vie de saint Jean Chrj/sostome, par un pieux et savant prêtre du Midi, qui étudie le passé avec les lumières de notre temps (M. l'abbé Martin, curé d'une des paroisses de Montpellier). »

On a reproché à l'historien de saint Chrysostome d'avoir trop multiplié les citations. Il semble qu'il a pressenti lui-même ce reproche, et il y répond d'avance dans les lignes suivantes :

« Le seul mérite de cet écrit, dilril, s'il en a un, c'est d'être composé, presque en entier, avec les pensées et les paroles de Chrysostome. Nous avons multiplié à dessein les citations, comme le seul moyen d'apprécier l'orateur et de lire dans l'àrae de l'homme ; car, d'une part, des œuvres auxquelles ne préside aucune pensée générale, aucune vue d'ensemble, aucune méthode, qui ne montent guère dans les régions transcendantes de la théologie et professent un fier mépris pour les spéculations philosophiques, ne sont pas susceptibles d'analyse ; et, de l'autre, dans ces discours, improvisés pour la plupart au jour le

* Récils de V Histoire romaine au quatrième et ou cinquième siècU. par M. Amédée Thierry.

Page 1