CHAPITRE IX
Le Sphinx fut expédié pour la France avec les dépêches du lieutenant général et du vice-amiral commandant en chef les armées de terre et de mer.
Le brick le Faune fut dirigé sur Palme pour transmettre aux convois Tordre de rallier la flotte.
Le i5 , le vent, passé de TE. N. E. à l'O., poussait une mer houleuse dans la baie.
Cependant les vivres des bateaux-bœufs purent être débarqués et mis en magasin.
Les corvettes postées dans la baie de TE. furent rele> vces par les bricks l'Alerte et le Griffon; le Ducouëdic et la Bajonnaise s'établirent en croisière à TO. de la baie, avec ordre de détourner sous le vent les brûlots qui pourraient être lancés sur Tarmée navale; un canot de bivouac se posta pour la nuit à Fenfrée de la baie; enfin l'Actéon eut ordre de rallier le commandant de la station, et la Badine le vaisseau amiral sous voiles.
Le temps, beau pendant toute la nuit, devint ora- Tmp^iK geux le 16 au jour. Le vent, levé à l'O., fut entraîné au N. 0. parles grains. A huit heures et demie, un violent orage fondit au moment où la Perle se présentait avec neuf bateaux de la flottille. De neuf à onze heures, les vents déchaînés enflèrent tout à coup la mer, qui devint tour à tour très-grosse et très-creiise.
La position était des plus critiques : les bâtiments, sudation serrés les uns contre les autres et mal amarrés , pou- aeT«Tû.. vaieiit s'entre-choquer dans la baie; plusieurs éprouvèrent de fortes avaries ; des embarcations furent brisées et jetées à la côte ; enfin les déchaînements durent
être Interrompus. « Deux heures de prolongation de ce temps, dit le journal du vice-amiral Duperré, Famiée et la flotte pouvaient être conduites à une destruction totale ^ »
Mais la tempête s'apaisa vers midi; le vent passa au N. E., et la mer resta houleuse.
Du 1 7 au 1 8 , malgré im temps assez mauvais , les chevaux, les vivres et les munitions furent déchargés. Pour débarrasser le mouillage, M. le contre-amiral de Rosamel eut ordre de croiser à l'ouvert de la baie avec une division composée du Trident, du Breslaw et des grandes frégates ; plusieurs gabares et quatre bombardes furent expédiées à Toulon pour en rapporter le plus de vivres et d'eau possible ; quatre bombardes commandées par M. le capitaine de vaisseau Villeneau eurent Tordre d'entretenir les communications entre la station de blocus et la division de M. le contre-amiral de Rosamel ; les bâtiments du convoi, aussitôt déchaînés, se mettaient en route pour Toulon; enfin, les bâtiments de guerre firent leurs dispositions pour être prompts à mettre sous voiles au besoin.
Le 19, les bricks le Griffon, V Alerte et le Ducouèdic, toujours mouillés dans la baie à l'est de Torre-Chica, appuyèrent de leur feu ime attaque générale do nos
' Pendant cette tempête, la flotte dut son salut aux câbles chaînes qui figurent, pour la première fois, au budget de 1827. Ceux qui avaient été donnés aux bâtiments de Texpédition d*Alger provemûent, pour la plupart, des usines particulières de France et d^Angletenr: ils furent loin d égaler ceux fournis par les forges royales.