CHAPITRE IX
plus recevoir aucune communicalion, et la considère toujours comme en état de guerre. »
L*envoyé fut reconduit hors de la portée de canon de Tarmée navale par le Sphinx, qui fut rappelé avec ordre d'amener le pavillon paidementaire, le vice-amiral commandant en chef étant bien résolu de ne plus recevoir aucune nouvelle communication de la place.
L'armée se tint en panne et reçut un ordre du jour qui lui prescrivait de se former en trois escadres.
A midi, le pavillon de la régence avait disparu du Rcdd.iion palais du dey. Les troupes continuèrent de s'avancer sur la ville. A deux heures, le drapeau français, arboré sur tous les forts et toutes les batteries, fut salué de vingt et un coups de canon par larmée navale. La place s'était rendue sans condition.
d'Algei
Dans la soirée du ô juillet, qui vit flotter le drapeau D.»po.ii.ous Irançais sur tous les pomts lortihes et les principaux p„ ,,„;„, édifices d'Alger, le vice-amiral commandant en chef fit signal à la Sirène de croiser à l'ouvert de la baie avec le brick le Cuirassier, au Sphinx d'aller mouiller dans la baie; enfin, il rallia l'armée et régla sa manœuvre pour la nuit, nuit imposante, dont les ombres enveloppaient la glorieuse conquête qui venait d'étendre le littoral de la France d'un bord à l'autre de la Méditerranée.
Le lendemain, 6 juillet, au jour, l'armée se tint en croisière devant la baie, sous le commandement de M. le contre-amiral de Uosamel, et le vice-amiral com-
mandant en chef alla mouiller dans la baie. 11 accueillit avec le plus vif intérêt les malheureux prisonniers des bricks le Silène et VAventare, et les lit aussitôt embarquer pour la France^ ; il expédia M. le contre-amiral Mal- Ict près du général en chef pour recevoir ses paquets, pour se concerter sur la prise de possession, au nom du roi, de Tarsenal; de plus, il trouvait urgent de prendre une résolution à Tégard de Bône et d'Oran.
Le 7 juillet, la frégate la Jeanne-dArc reçut Tordre de transporter le dey, ainsi que sa suite, à Livoumc; les vaisseaux la Couronne, le Scipion , la Ville^e-Mar" seille et le Daqucsne furent en même temps destinés à transportera Smyrne i,5oo janissaires non mariés, et le vice-amiral commandant en chef arrêta, d'accord avec Fintcndant en chef de Tamiée, toutes les mesures nécessaires pour l'évacuation du matériel et des magasins de Sidi-Ferruch.
Le 8, M. le capitaine de frégate Deloflre fut nommé directeur du port à Alger; un stalionnaire établi devant le port eut ordre de ne laisser entrer aucun navire étranger à la flotte, et toutes les dispositions furent prises par le vice-amiral commandant eu chef pour procéder à la visite des magasins et des bâtiments, dont il lit dresser Tinventaire.
Du 9 au 1 o juillet , il développa la plus grande décision , la plus infatigable activité dans toutes les occa-
* Ces deux bricks, rommamlés par MM. (rAsbigni el Brual . lieutenants do vaisseau , s'étaient perdus sur la côte d'Alger dans les cirronslances les plus terribles.