CHAPITRE II
sieurs mois. Pour répondre à la demande que vous voulez bien me faire de renseignements sur son compte , je puis vous assurer que je Fai distingué par sa tenue , son zèle et son activité. Je lui en ai donné plus d'une fois la preuve par l'emploi réitéré que j'ai fait de la petite corvette la Pélagie, qu'il conmiande avec succès. Il est du nombre des jeunes officiers qu'il est fâcheux de voir rester dans les grades inférieurs, et dont les talents et la volonté n'ont besoin que d'un théâtre plus évident poiu* se faire connaître. Je regarde, en un mot, ce jeune homme comme fait poiu* justifier la confiance qui lui assignerait un poste plus distingué. •
Dans la nuit du 7 novembre 1 80 1 , un incendie éclata m. D.pfm soudain à l'entrée du port de Lorient avec une extrême " dJ^T' violence. L'arsenal se trouva menacé d'un danger à ■■.'■'^" chaque instant plus inuninent, et le canon d'alarme re- ^"*'^ tentissait au milieu du tocsin, lorsque, le premier entre les plus intrépides, le jeune capitaine de la Pélagie parvint à isoler, puis à étouffer les flammes dans leur foyer. Le vice-amiral Thévenard, préfet maritime, rendit compte au ministre de cet événement en des termes trop honorables pour M. Duperré et les citoyens qui partagèrent son courageux dévouement, pour que nous ne nous fassions pas un devoir de reproduire intégralement la dépêche. [Annexes, n® 1 .)
La Pélagie fit partie de la grande, mais si regrettable ^^^^ f^nèe expédition de Saint-Domingue , ordonnée par le pre- ^ ^i!^"' mier consul aussitôt la signature des préliminaires de «^''^p***^*** la paix d'Amiens. Après avoir lutté avec une admirable s^»' ï>^»ï~
26 VIE DE L'AiMIRAL DUPERRÉ.
constance, pendant trente-trois jours, contre des tempêtes consécutives dans le golfe de Gascogne, la corvette alla chercher un abri sous le cap Qrtégal, doù elle parvint à relâcher à Rochefort coidant bas d'eau. Le rapport très -circonstancié que M. Duperré fit, le 17 janvier 1802, de cette remarquable et dangereuse navigation fixa Tattention du ministre, qui mit en marge cette bienveillante annotation : « Lui répondre une lettre encourageante. » {Annexes, n^ a.) MiMion Les réparations de la Pélagie étaient à peine termi-
nées , lorsqu'elle reçut Tordre de porter des dépêches et des vivres à la colonie du Sénégal. Elle mit sous voiles le 20 avril 1802, rempUt sa mission en touchant à Corée, puis opéra son retour à Tile d'Aixle 2 juin suivant, cinquante-neuvième jour de son départ. La p^u^ie Les nouvelles épreuves de la navigation avaient enàiâsution corc altéré les qualités assez équivoques du b&timent, et la matricule le déclarait dédaigneusement «propre tout au plus à stationner aux colonies. » Bientôt un ordre ministériel confirma cet arrêt, et M. Duperré dut se préparer à reprendre la mer pour aller se ranger sous le pavillon du commandant de la station des Antilles. M. D.perr« Très-pcu dc jours après son départ pour le SénégaL dviil"!L. le 24 avril 1802, il avait été promu au grade de lieutenant de vaisseau. Ce témoignage de la justice du ministre était bien fait, non pour soutenir son zèle, qui ne se démentit jamais, mais pour compenser des illusions que la matricule et la possession avaient enfin dissipées. Faut-il le dire? la Pélagie n'était plus qu'une
au grade |U liratenânt |l« taÎMcatt.