CHAPITRE VI
Brest, le 3 mars 1819.
A Son Excellence le ministre de la manne et des colonies
i).i..ai.j« J'ai rhonneur d'adresser à Voire Eicellence létal nominatif
.1. fa^rur j^^ ofliciers et élèves de la frégate la Gloire, dont je lui annonce .le îu (iLir*. (porii) la mise sous voiles. Tous, officiers déjà recomniandables. vont dans une longue campagne acquérir par leurs services et leur dévouement de nouveaux titres à la bienveillance da roi. Il eu est deux sur la situation desquels je prie Voire EsLcelIeoce de me permettre d'appeler particulièrement son attention : MM. Gil>oin et Moisson, lieutenants de vaisseau depuis plus de dix ans, ont lionoral)Ien)ent occupé le poste de second à lioni des frégates; le dernier a 8er\'i particulièrement sous mes onlres : c'est à ses dispositions militaires, cest au courage et au dévouement avec le(|uel il ma secondé dans rengagement de la Sirèiu devant (jrnîx, le 2O mars 180^, contre une division anglaise, ([u'est dû le succès de la journée et par suite le salut de la fri'gate. I\'issant depuis en second sur la frégate la Pallas, il a eu piu> d'une fois focrnsion de soutenir cette belle réputation justement arcpiise sur la Sirène, et qu'il conserve parmi ses camarades. J'ai la douleur de le retrouver encore aujourd'hui en fiuatriènie seulement sur la frégate 011 j'ai mon pavillon; mais, Monsei;;iieur, cette position indépendante de sa vol<»nté le rondaninenit-elle à nen jamais sortir pour passer à un grade supérieur.'
Qui plus que lui Ta mérité? Cependant, la continuation de Tapplication de Tordonnance du i*' juillet i8i4 dans les promotions le laisse sans espérance, puisqu'il n'a pas rempli et ne pourra remplir la condition exigible du commandement. Serait-ce donc sans espoir, sans but, qu'il se dévouerait, dans un poste subalterne et dans une longue campagne, à aflronter les dangers de la mer, des ouragans et surtout de l'influence maligne du climat, tandis qu'au contraire le plus petit commandement d'un transport caboteur donnerait, sans perdre de vue les cotes de France, les titres que ne pourront acquérir par tous leurs sacrifices et leur dévouement les officiers qui vont servir sous mes ordres? Non, Monseigneur, leur situation, commune à beaucoup d'aotre6 bona oifiders et que je me borne à tous exposer, la consternation, le découragement que cette ordonnance a jetés dans le corps, ne peuvent manquer d'attirer votre attention; nous soomies donc confiants en vos lumières et en votre justice. Je prie Votre Excellence d'ôtre bien persuadée que les réflexions que je me permets de lui adresser sont bien plus dans l'inlérèt de l'arme que dans celui des individus.
En mer, le 28 uiars 181 U.
Ordre du jour.
Messieurs et soldats de la Gloire, Nous touchons au but de nos premiers travaux, nous appro- EiLurtaiioa.
ol pretci ipttuuft jtour la Mnlé
<lcs
c(|uipagei.
cbons des parages où le roi nous a confié le soin de protéger et
de faire respecter son pavillon. Plus d'une fois vous aurez l'occa- «t b diicipiiue
sion d'y rencontrer celui des puissances amies de Sa Majesté,
vous aurez à y soutenir l'honneur du sien , et toute comparaison
doit être à votre avantage. Je ne dois pas vous taire que vous
TIE DE l/AMSAAt^ ftCPERRE.
Saint-J^ande Porto-Rico, le 4 mai 1819.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
rai eu rhonneur d'informer Votre Excellence, sous la date Explication du 21 du mois d*avril et par la frégate la Cléopâtre, de mes pre- a*u3iMuu" niières opérations dans la station des Antilles. Après avoir ex- f>>i« pédié les deux frégates pour la France, j'ai mouillé avec la ^^J^l^^^* Gloire sur la rade de Saint-Thomas, où j'ai trouvé la frégate an- i'Eurjaia$ glaise VEuryalus , capitaine Huskisson , de la station de la Bar- .uh, ,*'^ bade, une corvette et une goélette danoises. J ai été rallié sur cette à% rade le 23 par les deux bricks rEuryale et le llailleur, revenant de '^''"» '^*»*»"»" Texpédition que j'avais ordonnée contre le pirate Dubouis, qu'on m avait dit en relâche dans une baie de Saint-Martin. La vue de la division française lavait effrayé et, dès le soir même, il avait pris le large. Ces mers sont infestées de corsaires sans pavillon , qui coumiettent des brigandages et des cruautés inouïes. Mon apparition avec plusieurs bâtiments de guerre les forcera à des ménagements, au moins pour le commerce français. Avec le peu de forces que j'ai, je montrerai le pavillon partout où je pourrai et le plus souvent possible.
U est impossible de rendre plus d'honneur au pavillon de Sa Majesté qu'il n'en a reçu dans cette ile. On ne peut être accueilli avec plus déconsidération et plus d'amitié que je ne l'ai été avec toute la marine sous mes ordres, par M. le colonel Von Scholien, commandant supérieur.
Je ne dois pas taire à Votre Excellence que je n ai pas eu d'abord à me louer de la frégate anglaise. Arrivé le 22 au matin , je n'avais pas encore reçu la visite du aipilaine lorsque le lendemain, à midi, elle pavoisa en honneur de la fête du roi. Dausson pavoisement, elle plaça à la poulaineetsurniouléesd'un yacht anglais les couleurs sous lesquelles j'ai commandé les
lucinos Franc^ais que je roninianilf* niijoinxriiuî , ronkiirs s«>u^ lesquelles j ai été assez heureux {>our obtenir, connue cliel . tle< succès exempts daucun réveil. Le nu me soir, dans le salon du connnandantde Tile, le capitaine, présenté par lui , s*est avancv vei*s moi en me saluant; loin de répondre à son salut, je lui ai brusquement tourné les talons et j'ai passé dans une autre pièce où se trouvaient des Français réunis. Cet accueil , qui n exprimait que trop mon mécontentement, adonné lieu à an long en tretien entre le conmiandant danois et le capitaine anglais. Le piTmier est venu me dire que le capitaine, absent de son ImmtI depuis la veille, avait ignoré c« qui s'était passé et qull ni ofirait toute réparation. Jai répondu que le pavillon qui mV*taîl confie exigeait d'abord la visite d'éganls qui lui était due, et qu'ensuite je traiterais du reste. Cette démarche, trop reculée, devenait pénible; il m en fit néanmoins la promesse formelle. Le lendemain matin , à neuf heures, j'ai eu eflTectivement sa visite à mon bord. Il s est excusé du retard qu'il avait mis à la faire, ma donné sa parole d'honneur de n'avoir rien su de ce qui sVtait passé à son bord, dont il était absent, et m'en a témoigné même, les larmes aux yeux, les plus vifs regrets, en blâmant anlèr^ ment la conduite de son premier lieutenant. Cette juste réparation ni'n paru sudisante; de mon côte*, je lui ai donné ma parole que tout était oublié. Je ne vous en parle donc, Monsei- «çneur, que comme d'une chose passée. Je me suis empresse de lui rendre sa visite avec les capitaines des deux cor\elle$. En débordant de sa frégate, le pavillon de Sa Majesté a été saliw do troiz(» coups de canon, qui ont été aussitôt rendus coup pour coup. Aprrs une réunion à son \\o\x\ du commandant danois, des capitdiiK's anglais et autres olliciers, dans laquelle ont cli* portées les santés de nos tniîs souverains, nous nous sommes st'parés dans la meilleure intelligence. Du reste, j'ai cru acquérir la rrrlilude que le capitaine Huskisson ctait incapable d'aiirni» mauvais pmcéilé. Sa démarche franche et loyale me T'i
prouvé; nuis je deva» lexigcr, Bortoul à nion débat dans le couHiiandeiuent dont Sa Majesté ma honoré. J'obsenreraî à Voire Excellence que cet oHicier est frère du ministre lecrélairc d*Élat de Sa Majesté Britannique.
Mon voyage à Saint-Thomas, ainsi que j'ai eu Thoonear d en îalbniicr Votre Exoellence, avait pour but de récbmer quelques marios français provenant d'un corsaire indépendant. J ai obtenu qu'ils seraient remis à deux navires du commerce, qui manquent d'hommes pour iaire leur retour en France. Pendant mon court séjour dans llle • qui est lentrepôt général du commerce, on y a reçu la nouvelle d'un embaifio mis à Tiie de la Marguerite pour cacher une expédition des indépendants contre Caracas. Us doivent la tenter avec quatorze ou quinze cents Européens de diverses nations, dernièrement arrivés d'Angleterre, et de troupes de la Marguerite. La rcussile de cette tentative contre cette capitale pourrait avoir de grands avantages pour le parti. L escadrflle« commandée par Brion, avec le titie d*amiral, est à la Marguerite» et protégera sans doute le débarquement Une division espagnole d'une frégate et plusieurs bâtiments de guerre restent en présence k Cuniana sans jamais rien tenter pour s'opposer aux attaques et aux expéditions entreprises par les corsaires indépendants sur les navires espagnols.
Le a6 au matin , j*ai appareillé avec la Gloire et les deux bricks dans rintention d'aller saluer à Sainte-Croix M. le gouverneur général des îles danoises. Le commandant de Saint-Thomas s'est bit un plaisir de m*acoompagoer dans cette visite sur la cor\'ettc 4a «w»^ la Diane. La frégate an^aise a mis sous voiles pour faire le tour de Porto-Rioo et débouquer par la Mona. J'ai mouillé le soir même devant Frederickstad et le lenJemain je me suis rendu près de M. le gouverneur. J'ai trouvé dans de M. le général Bensun. grand ami des Français, un hommed'un mérite distîn^é. appelé à figurer un jour sur un autre théâtre que dans le gonvemement d'une colonie, qui doit néanmoins à son administra-
:i52 VIE DE LAMÏRAL DIPERRE.
tion son êtatde prospérité. Cest« de toutes les Antilles, l*ile ou h culture est poussée le plus loin et où ropuicnce des établisse nients annonce la richesse du sol. Son produit annuel est à peu près de vingt millions de sucre et seize mille barriques de rhum. Les communications entre tous les points de Tile sont établies par des routes qui ne le cèdent eu rien aux plus belles en Europe. J'ai été accueilli partout id , comme à Saiot-Thomas, avec la même cordialité, avec le même plaisir de voir d<^ Français.
Après vingt-quatre heures de séjour, jai mis sons voile pour Porto-Rico, en faisant explorer par les deux bricks le canal, point de croisière ordinaire des corsaires.
Le calme m*a retenu en vue de Tile pendant trois jours, et je ne suis entré à Saint-Jean de Porto-Rico que le q mai. Le pavillon y a été accueilli avec honneur, et les Français v ont cté vus avec satisfaction. M. le gouverneur don Juan de Melindès, ancien capitaine de vaisseau, nous a Htit un accueil parfait. Je n*ai point trouvé Tiledans Tétatd^agitationqui avait ett* peint au fîouverneur de la Martinique. La mort du comnu^saire commandant la marine na point été reiVct d'un assassinat, nuh bien d'un duel fou auquel il paraîtrait avoir ete contiaire.
l.'viiti de guerre actuel prive celte colonie, qui était autref'»i> l'entrepôt de la contrebande, de toute espèce de comuiene. L'habitant souffre beaucoup et verrait au moins avec indifférence un chanjrement. La culture de ce beau pays commence a faire tjuebjues progrès. La terre y est vierge. Le climat est exempt de la cruelle maladie qui moissonne les Euro]K^ens dans les autres .Antilles. Depuis \ingt-cinq ans. la population auîrmente de moitié; elle e>t aujourd'hui de deux cent soixante mille blancs et \ingt-rinq mille nègres. C'est le seul pays des Indes orcidentilles (»n le blanc se livre aux travaux de l'agriculture. Le p*^ est superbe, la \ille asicz considérable et enceinte d'une ligne de ioiiifications extraordinaires, montées de trois cent s«>i\ant»^
quatre bouches à feu de gros calibre et, ce qui in*a paru surprenant, bien entretenus. La garnison est de cinq cents hommes en infanterie et artillerie; il y a quinze cents hommes de milice. Les revenus de Tile sont de 56o,ooo piastres, et la dépense de 5oo piastres.
Jeipédie le brick le BaiUear» capitaine Arnous, pour Mayagués* où il réclamera les papiers que demande Votre Excdience par ses dépêches des 25 février 1817 et 5 décembre 1818 (direction des colonies), et d'où il fera route pour la France. Je dois au capitaine Amous des éloges mérités sur sa manière de servir; il est parfaitement secondé par son premier lieutenant M. Trotet, officier de mérite, digne de fixer Tattention de Votre Excellence et pour lequel je réclame ses bontés. Je vais effectuer mon retour à la Guadeloupe et à la Martinique avec VEvayale, en explorant de nouveau le canal. A mon arrivée, j aurai ITionneur devons adresser le mouvement de la station.
Gloirt, PoHo-Rico, 7 nui 1819.
A M. le gouverneur de Porto-Rico.
Le bu t de mon voyage à Porto-Rico , ainsi que j'ai eu Thonneur n.:panik» de vous en donner Tassurance, a été de resserrer les liens da- ,. "ITl^ mitié qui unissent nos deux souverains. L apparition de la divi- f«<t •« pa^nio:. sion sous mon commandement, à laquelle j'ai fait explorer tou les ^j'J/*^',7n * les Antilles, avait le double avantage de protéger le commerce «p'gBci. fiançais et de mettre les bâtiments de Sa Majesté Catholique à Fabri de toute insulte. Jetais loin de m'attendre que je deviendrais moi-même sur votre rade lobjelde Tinsulte la plus grave. Hier soir, depuis huit heures jusqu'à minuit, le capitaine du navire la Calvpso n'a cessé de proférer, routre le pavillon qui
.Î54 \ii: DE lamiual di perrh.
m'est conbv, coDire les Français quejaii'boaneur de oouii der. les iDJares les pins dejoùtaoCes; on ne loi a opposé que le silence du mépris, ta sentiment de respect pnur èepa^-ilkmqaî me donne en ce moment IliospiCalité et d^egarda porlicttiîcrs pour vous. Monsiear le Gcavemear. m'a empêche d'en tirer une juste réparation ; je n'ai pas pu cependant vous taire la ceadoite indigneda capitaine de la Cûbrpwo, qoî peot faire changer toates les dispositions amicales des bâtiments de guerre aoos mes oïdivs dans res mers.
Aguadjlla ^Porto-Rico : . le 11 nui \M\K
A M. le gouverneur de Porto-Rico.
Lf ri»nimandant de la marine, avant mon départ de Saint lean de Porlt>Rîco, m'avail donné pleine et entière satisfaclinn de rinjurc faite au pavillon qui m*a été coniié, parles pmvoca lions du capilaîne du navire la Calrpso. Le mépris est le seul rliàlinienl que mérite ce malheureux; j'use même solliciter Votre Excellence de ne lui en infliger aucun autre. Je réclame pour lui vutrc pitié: cVst le seul sentiment qu'il peut \ous inspirer; j'ouMie l'injure pour ne penser qu'à Tamilié sincère qui doit a jamais unir nos deux natinns et aux sentiments de la considê ratiuii distinguée a\ec laquelle j'ai Thonneur. etc.
Glotrf,W faoùt 18KV UKDRE DL JOtr..
MM. les roniniandanis des bâtiments de la division s'occope- II. lit l'ssi'iitiilltint lit lie rin>lruitiun militaire de> équipa«fes. IN
ANNEXBS. • 355
doîvenl être formés et rooipus k rexercice du canon d'un bord, au passage et armement d'an bord à Fautre, à rexercice des deux bords» à Texercice du jet de la grenade* à rexercice de la mousqueterie, qafin à rexercice de Tabordage et des grappins.
Toi» ces exercices « suivant les ordonnances, doivent être conimandés tour à tour par MM. les officiers et les élèves.
L'amiral se flatte qu'après la première inspection, et dans ses premier» rapports, il pourra rendre compte de Tinstroction complète des équipages de la division.
OKOaS DU JODR^
Huit mois de campagne, la présence d'un pavillon amiral, ordn gi-nérai les recommandations, les ordres de l'amiral, les soins des ofTi- '^^^^''^^ ders supérieurs, n'ont encore pu introduire à bord de la Gloire rentière exécution des rè^ements sur la police et la discipline des vaisseaux et des équipages. Pour que MM. les officiers se pénètrent bien de l'existence et de lesprit de ces règlements; qu'ils n*en attribuent pas l'exécution au caprice ou à un mode systématique; qu'ils sachent bien, au contraire, que c'est l'expression de la volonté du souverain que nous devons tous exécuter.
L'ordonnance de 1786 sera mise à leur disposition; ils y trouveront les règlements suivants :
1® Sur la discipline des équipages à bord des vaisseaux;
2* Sur l'ordre, la propreté, etc.;
3** Sur le service des officiers à la mer;
' Cet ordre du jour n'est pas dalé. Il figure , au registre d*ordrcs de l'amiral , entre deux dépêches des là septembre et 4 octobre 1819, ce qui lui attribue nécessairement une date intermédiaire.
à"" Sur le service des officiers de quart;
5^ Sur la forme et la tenue des jounuux.
Les officiers . une fois bien pénétrés des devoirs de chacun , sans pouvoir aflecler cause â*ignorance, exigeront de leurs subalternes et de lequipage, ceux qu'ik ont à remplir, soit en police. soit en manœuvre.
C^est pour la dernière fois que Tamiral cherchera , par des recommandations, à ramener dans la ligne des devoirs ceux auxquels rhonneur et leur poste imposent lobligation de ne pas s*eo f'cartrr.
rM l
Fort-Ro)al, le 1 1 décembre 15PJ.
A Son Exrcllonce le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur, , „„ J'ai à rendre compte à Votre Excellence d'un événement af-
iMi.i..r fpcux que vient d'éprouver la frégate la Gloire» le 17 novembre, >i.:i.ml . It*ndemain de notre départ de la Chcsapeak , et vers les dix heures 1 ■uu .1.. 11..1. (lu malin, au monicut où un grain de vent extrêmement lourd tombait h bord et forraild arriver en amenant les huuiers. M. le capitaine ih' frégate iMaufTray (Hyacinthe] se trouvait àson poste sur le gaillaixl d avant pour Texécution de la manœuvre, il trtait incliné entre le point de la grande voile et la largue point; lainure casse, ronlèvc à vingt pieds au-dessus du pont et le lance à la mer à une distance à peu près égale ; j'étais sur le poDl. \v suis le pronn'er à m'apercevoir de cet événement cruel; la bouée i\v f-auvotage est à l'instant jetée à Teau, la force du venl «t Triât dv la mer ne permettaient d'autre manœuvre que d'évi> Uwr vent arriiTc , de courir h contre-lK)rd de la bouée et d'essayer .1 t>\|)edier un canot, d'après les cidres du commandant Du* |)nlcl. C.vWv niantenvre est exécutée a\ec toute la promplitud»"
•a,'l ^ * -ANNEXES. 337
possible malgré le vent èl Ut mer. Sept hoiiimës, sôu$ la dbuduitc d'un élève, se jettent coùrtgeufieirienl dans le canot; cet acte de dévûâemeiit èel sàssittt îtirité par le brick VEut^aïe, qxxî met Mftn un càiMH-à là aier; mais uh si noble effort aurait dÀ être oomronné'd-ttii plus heureux sucoèâ. La bouée a été retrouvée, ainsi que le chapeau du malheureux , à très-petite distance. Après avoir èlLploré tout à Tentonr, il afaHu renoncer à des recherches détortnais idutiles. Les embarcations sont revenues abord. JMgnôrais ene<H^ toute Tétendile dé la perte que nous venions de faire ; j'avais fait manœuvrer pour sauver un homme ; ce n'est qu'alors que Ton m'apprit que je venais de perdre un ancien compagnon d'armes, tant de fois associé à me$ chances de guerre et un ami dévoué depuis plus de dix ans. Le roi perdait un sujet fidèle; la mariné, Un de ses ofiiciers les plus distingués, qui emporte les regrets de tous.
Mais, Monseigneur, par nos douleurs, nous jugeons de celles d'une malheureuse veuve; celui qui fut si bon ami ne pouvait éire que bon époux. Au nom du corps entier, j'ose réclamer pour elle les bontés du roi et tout votre intérêt. Cet officier a été enlevé en activité de service, à son poste, sur un champ de bataille qui ofire souvent bien plus de danger que l'ennemi, qui jusqu'ici l'atvait ^argné.
Msidaime Mauffray habite Morlaix.
J*ai l'honueur d'adresser à Votre Excellence mon ordre du jour du 18 novembre, qui lui fera connaître le nom des deux élères et des marins qui, dans cette circonstance malheureuse dont je viens de lui rendre compte, ont fait preuve d'un dévouement dont j'ai cru devoir leur accorder la juste récompense.
VIE OË L'AMIRAL DU PERR H
•le li^»l« l|iii0'i«v.
Çloînt , en mer^ l# IB •oteoibn ISltfi
Ej9gf« Le coûtre-omiral commandant h «talion oiiTile d^ss^ Antille»
nWcwptiw se plait à témoigner sa sîilisfactîoD iux marins de la Gtairw qmt
•H% lîDfiiinn se sont empressés, sous lu conn- ^ u^nl de M* Benliitr, éim
ffuiMboni de première daj^se, de se jêlt i i raiiol qui» daai la tHi*
p.,»r mI*« '^"^ d^ * 7 ^^ ^ ■***^*® » • ^*^ *i^ ^ *'<^^'* P**'*'' voler lo ««m» ii.iiupirb» du capitaine de frégate llauffray, pulevii €t jelé à la mer pw ramure de grande voile.
En cotiséquence de leiir dévou^mfîiii cl de lem^ gèaéfmD mais înatiles efforts, malgré les dang^n 4|ue préaeiitail rétai du veot et de la nier, et conforméaicnl à rarticlc 4i de tordoo* naiice du roi du i" juillet iSii, seront élevés À une pajv s«pérîetire les nommés :
Cinaiou { JcftO' Tanguy ) . maidt^t . j i
Cûii I» G ( Lu doc-Marifï ) * iil « 1 1
M,^tLET (Auguste}, i«l- 2ï
CnevALiEH ( Cliarlgs-Murîe) , nùf itx*. 1 6
M iSLÉ ( Louîs-Toufaaini)» , , ifL i8
II sera teuu compte au noauné Roger (Jean-BaptUlej, coutitmaître, patron du canot, et ou nomiué Maiofuy, malelol de première classe, lors des premières vacances dans les placée doQjciers mariniers ou dans la première revue d^avaucetoeol. des titres que cette preuve de dévoueii^ul leur a acquis
L'équipage du canot expédié par le capitaine Villaret, du brid
VEuryale, qui en actions nobks cî ''" t»^ ne reste jaiuais
en arriére, a des droits à Ja lucm» .»n*e* Les uoim à»
marins seront fournis à rarrivée à h Martinique,
L^amiraL en rendant compte au minbtit* de la marine Si" malheureux événement fpi a enlevé au roi on seiriteor fid^-
/VNNEXEiS. :.; - 350
à la inarine un officier distingué, à 1 équipage de la Gloire un prolecteur zélé toujours occupé de son bieu-étre et de ses intérêts, et enfin à lui-niénie un compagnon d armes et un ami de plus de dix ans, se fera un devoir de faire connaître à S. E. la conduite honorable tenue dans cette circonstance par MM. Benlier elBédel Tàlné, élèves de première classe, et les équipages des ranots sous leur commandement.
A la première relàcbe , les états-majors de la Ghire et de FEuryale, pour payer à la mémoire do leur ancien camarade le juste tribut de regrets qu'elle mérite , seront invités à prendre le deuil militaire pendant cinq jours, et il sera porté avec an crêpe à lepée et au bras.
Le présent oixirc du jour sera affiché et lu à lequipage assemblé , lore de la première revue.
HaUlcur, rade de Saioi-Pierrc, le 19 dëcerobn- 1810. A M. le capitaine de frégate commandant le brick Œuryalc,
Monsieur le conmiandant.
Pour la protection de notre commerce, il est important de r,c,.r*Mirn montrer notre pavillon dans ces mers, et surtout dans les pa- '''"'* r»"»"*' rages qui sont fréquentés par les bâtiments des indépendanh^. Il en est de trois sortes : ceni commissionnés par les nouveaux gouvernements qui se sont établis en Amérique, tels que ceux de la république de Venezuela, du Mexique, de Bucnos-Ayrcs et de Montevideo ; viennent ensuite les corsaires pourvus de lettres de mai*que délivrées par ces mêmes gouvernements;
^ Cette dénomination 5*appUquuit aux partisans de riudépcndance des anciennes possessions de TEspgne dans rAniérique méridionale.
puis enlin ceux qui ne sonl nullement reconnuB, et qui sont desavoués par les Etats mêmes dont ils empruntent les couleun . et sous lesquels ils commettent souvent des déprédations inouïes.
La stricte neutralité que la France veut garder dans la que» relie de TEspagne avec ses colonies nous impose robligation d'agir envers les premiers avec la plus grande sagesse et circonspection.
Les corsaires commissionnés exigent également des ménagemeuts. Ce n est qu*une insulte directe au pavillon on un acte hostile contre im de nos bâtiments qui pourrait autoriser une Réparation.
Mais contrôles derniers, qui doivent être considérés comme (les pirates, il faut agir vigoureusemeut, ainsi que le veulent le droit des gens et les lois des nations.
(Suivent les instructions pour la croisière et des indications SUT les commissions délivrées aux divers pavillons indépendant».^
WXVI.
Gloire, Martinique, le 5 ooveoibrc 1^0.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Le brick le Haîlleur a été expédie pour la Marguerite pour y •urbnpifMion poptcr mcs réclamations coutrc une vexation commise sur uo caboteur français. J ai obtenu justice. Pendant sa croisière, qui a duré trente-deux jours, ce brick a repris un navire espagnol capture par un pirate. J'ai Tbonneur de vous adresser son rap- — la p..iicf j^ji, (Vest ici le cas d'entretenir V. E. du nombre inoui de for- " ''*.* 7 bans <fui infestent les mers des Antilles. Ce sonl des aventa-
4ppail.( ni I
.u I ^x:iK.ii. j-\qj^ (le (outes les nations, mais principalement des Américains, c|ui arment et équipent aux Etats-Unis leur pays, leurs instruments de destnictiim. Leur repaire, leur refuge pour eux et leur»
ri lr« r%oiuliOD>
ii.it&lr«.
^ M oit
df C)iii»trptif.
!/]/! ; * -lANifiiËXBSu «-;.•• 36L
prûes^Bont les^UcB SdntrEaiataclie^SuairBtrtiiékmy.etSaintv Thomas^ Leftcrainères actives qbe fai éftabUet^mest poursuites, cootimicUes^JciDurontûiipriiiiéuD aenliment de crainte, et par suite de m|lect pour le pavillon français, qui cqieiidant n'est pas toujoocs à-fabri de leurs ibsultes. Mais, Monseigneur, le rappel deflMdÎYision va relever leur audace, et amener peut« être les résultats les plus (ac^eux pour le commerce dans les Antilles^ Ces mers ne peuvent rester sans une force imposante el^aans des cioisenfs actifs. Ce n'est pas avec des bâtiments st»* tiannairesy a>mme jadis, sur les rades que le commerce sera prot^. Ce sont donc des croiseurs qu'il faut envoyer pour rem* placer ceux- que Ton rappelle. Quels que sment les projets deV. E« pour Tinstruction des officiers de la marine, c'est à la mer, c'est en naviguant toujours qu'elle s'acquiert L'hahilude des mouvements isolés, mais souvent répétés, conduit bientôt à leasemble. Les idées que le temps nous a transmises sur les escadres d'évolutions auraient peut-être besoin d'être revues et corrigées , comme tant d'autres l'on t été. Ce n'est pas sur l'exemple de nos voisins et des autres pm'ssances maritimes que nous pouvons nous appuyer. Leurs marins naviguent beaucoup , mais isolément, rarement en division. C'est ce que nous pouvons faire; c'est ce que j*ai déjà fait et aurais pu faire encore si, à l'époque de l'hivernage, au mois de juillet, V. E. eût voulu adjoindre à mes quatre frégates et trois bricks seulement deux grandes corvettes expédiées de France. Avec ce léger surcroît d'armement, j'aurais eu une petite escadre qui, pendant les mois d août, septembre et octobre , aurait rempli dans une croisière active le double but de rinstniction des officiers et de la protection du commerce contre les brigandages des pirates. Cette escadre d'évdutions aurait été formée à bien peu de frais, et, loin de dérailler le système de station et de protection adopté dans ces mecs, n'aurait lait que le renforcer. V. E. excusera sans doute la liberté que je prends de lui émettre en homme de mer une
362 VIE DK L^AMIRAL DLPERRE.
opÎDion qui m appartient par état, et que aie dictent les iuUfrets du prince et de la patrie.
En touchant, il y a quelques jours, à la Guadeloupe, M. le gouverneur m'a communiqué les nouvelles qu*it venait de recevoir de la mort de Christophe et de la révolution survenue dao^ la partie de Saint-Domiogne gouvernée par lui. J ai cru qu'il pouvait être favorable au commerce français, exclu depuis longtemps de ce pays, que je me montrasse de suite dans «s parages, pour connaître les changements sur\enus, et en profiter pour amener ou préparer des dispositions plus favorables. Cest ce qu'ont peut-être déjà fait nos rivaux. En couséquena*. je me suis aussitôt rendu à la Martinique pour coummuîquer mes vues au général l)on/.elot, qui les a goûtées et ma donut ses conseils. Je pars donc, aprt*s avoir fait des vivres, a\fc L Gloire et la Cléopàtre pour me présenter devant Tile. V. E. peut être certaine que la prudence et la circonspcxtimi seront jt-^ i;uides do ma conduite. Dans les communications et lo lapport^ i|ue je pourrai avoir, je ne m écarterai jamais di* la dignité qu'uii oilicier de S. M. doit garder dans cette circuuslance. Je uki 4{u\iii désir, qu'un but dans toutes mes actions: le bonheur d*mon pays et rhoniicur du pavillon.
J'infiirmerai V. E. de tout ce que j aurai fait par /a C^ «/M/f f . (|ue, d'apri's vcis ordres, je dois ex|)édier p»ur France. Elle passera à la Jamaïque pour olTrir un passagi; à M. Chasseiiau . aiiiM qne\ous me Fave/. prescrit par votre dépêche du \j mai dcr nier. J'espère être de retour dans les premiers jours de jan\iit .iu\ Antilles, ou j ai assuré le senice par le moven do bricU iHunalc, le UailUui, les goélettes le Cerfvi fe Meuaiitr.
'Inut en faisant mute pour la côte de Saint-Domingue, je luv ptesi'nlerai devant Saint Barlliéleni) , où j aurai a taire au ;:«»ti leineurdes nrlaniations pour le na\ire le Pr^Ue , de Nautts. <)iii a été dépouille de toute si < ar^ai^m et détenu y* imUhi «iiiuldeux jours par un •.oisaiie appai tenant a un Aukj i* i«in
•M i ANNfiXES. 363
résidcDl (tons Tile. A la vérité, celte cargaison se composaîl de noirs acquis en violation des traités; mais les étrangers, et surtout un pirate, n'ont pas le droit de police sur nos bâtiments : elle appartient ezcinsivement au roi. Cest sur ce principe, tout réoeuiment encore débattu et reconnu, que je fonde ma réclamation. Ces ports francs sont un grand fléau pour le commerce européen dans ces mers. J'ai déjà en Thonneur d'appeler sur eux Tattention de V. E.; il est ihstant qu'ils deviennent Tobjet de pressantes recommandations.
La santé s'est toujours conservée très-bonne , même malgré rhivemage, parmi les équipages des bâtiments de la station. J'en excepterai cependant fEuryale, qui vient d'avoir beaucoup de malades; ils sont en partie rétablis, et nous n'en perdrons pas un seul. Cet incident peut être attribué au mouvement de la cale dans sa carène.
Gloire, Fort-Koyal, le 30 Jéccnibrc 1820.
A M. le gcncral commandant la marine, iSi la Marguerilc.
Un acte d'hostilité vient d'être commis par un bâtiment de H<^p«rjiiou9 guerre sous pavillon de Venezuela. Le brick de S. M. le Bail- "'^J*","J"' lear, faisant partie de l'escadre sous mes ordres, a été attaqué commu près de Saint-Barthélémy, dans la soirée du 9 de ce mois , par "^*^„*),J',7^ le brick U Bolivar, capitaine Wilson. Celui-ci doit à la supério- — Upa^iiioD rite de sa marche , à l'obscurité de la nuit et au voisinage de la "* " \^.^^ terre , l'impunité de cette insolente agression. J'étais loin de >« nationalité. pouvoir le 8oup<;onner : peu de jours auparavant, le 18 novembre, j'avais rencontré sous ma volée ce brick devant Saint- Thomas, portant pavillon et flamniedc Venezuela. Fidèle aux règles de conduite que je me suis imposées, à la vue du pavillon, je m'étais interdit tout mouvement hostile. Si ce bâtiment
VIE DE L'AAWRàlyBUFlifUii;.
€§1 réeilemeiit commUiiaatié eu guerre « je dais, ao nom de mOQ. souverahi oulfagé , rêdtàéké^^^uke réparaticm exempkife. S'il esl mtinî d'une ielh^ dû jBarqut, il eci a alnué; il a goid* promis le pavilloQ doot il s'est sei vL NoiVÂeuleoieQt m ciioduile doit être dmvouée ei punie , nôiiseiili^meiil il doit t-tre authen* lîquetiieDt reconnu et déclaré pirate, mais c^l abii^dii {^avjUpui. cp3i ne devient que trop H équent et conipiuti à totts kt C3pf% saires, doit vous couvatnrre qu'il est nécessaire à la lûreicdo^ commerce de toutes les nations de mettre lin aux î-HraiiAi^r* qui se commetteut, en retirant toutes les I elles ne peuvent que nuire à la came que vo^s deïeiifkç. Cc|| donc dans les intérêts de mon souverain, comme dao^ let jfi* téréts de tous, que je réclame cette mesure.
Le pavillou ne suffit pas pour nalionaliser on h&limeoL le Code ntaritime de toutes les puissances exige une certaine piroportion de nationaux dans les €»tBcrers et équipages ; kt M$ françaises exigent les deux tiei^. Tous les corsaires arinés^ aujourd'hui sonl montés par dt5^ étraAgf^rs et des vagabond», qui ne peuvent que déshonorer la cause qu'ils embrassent. Je doU donc vous signifier que» jusqu'à ce que vous ayex pris de* itifsnre» pour arrêter ces pirateries et que j'aie obtenu la réparatMMi pleine et entière que je réclame* il est de mon devtiir de oe plus gaider aucun ménagement ejivers lotis eetcx qni aboiail du pavillon de Venezuela. J'attends, Monsieur Icgén» ' ire réponse par M. Je capitaine Arnous. que j*i!ïpé(lio pm .. . ji. pour prendre les derniers ordres du ninn soinreniîa« qaE C9l d^ instruit de Tacte hostile objet de la pnbculG njdiiiialiiu
XXX VHI.
6?oîrf, Fort-Royal (Martinique], le 13 jaillcl 1821. ORDRE; DU JOUR.
Nous touchons au terme de nos travaux ; notre tâche est rem- Saïufactioa. pHë ddns ces mers. Par votre conduite et votre activité, vous avez imprimé au pavillon de notre souverain respect et considération ; par votre tenue et votre discipline , vous avez servi de modèle aux équipages de la station, vous y laissez le souvenir de bons services et la preuve qi>'on peut ainsi braver Tinfluencc dat:limàt.
Sous deux jours nous partons pour revoir notre patrie.
Vive le roi ! vive la France !
A bord de la Gloire, île de Saint-Pierre (Terre^Neave) , le 15 août 1821.
A Son Excellence le général Donzelot.
Arrivé le 8 de ce mois, je me remets en route demain pour Kpidémie notre bon pays de France, mais avec la Gloire seulement, la j*J^,"|,'" pauvre Gloriole, qai , pendant son séjour aux Antilles s^était identiGée ave la fortune de sa mère adoptive , a cessé d*étre heureuse. A la hauteur des Bermudes, que je regarde et que Texpérience me démontre comme Técueil de la santé des équipages retournant en France en juin, juillet , août et peut-être septembre, des calmes et une température constamment élevée de 24 à 26 degrés, ont ramené Taffireuse maladie à laquelle nous avions échappé dans vos climats. Sa première victime a été M. Léger, élève provenant du Railleur, sur lequel il servait depuis plus de
trois ans dans ces mers. Bientôt après, le capitaine, son second. M. Chauvot, etunoflicier, M. Lesage, frappés presque ensemble, ni ont donne les plus grandes craintes. La Providence et le soins empressés d'un excellent jeone homme, M. Bounot, ancien aidechininrien de la Gloire» les ont saavés. . .
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GJoir/, ndcdeBral, k 3 sqitembre lâil.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
i ru r. p.i.^ J'ai eu l'honneur de \ ous reudre compte , sous le timbre Ports . des circonstances malheureuses et difficiles dans lesquelles sest tiv»iivt*e ia corvette /« Gloriole dans son retour de la Martiniquc. .le ne dois [vas taire à \ otre Excellence les preuves de
lUACiionionl et de courage d'une nature toute particulière donni'Oii p.ir le capitaine et ses officiers. Après la perte de M. Lccer. M. Duhaiit-Cillv, M. Chauvot, son second, et M. Lesa<;e. tiiSii^ne lie \ aisseau, sont presque ensemble tombc*s malades. F: i:s tn>is n'ont rchapj^e que par miracle au sort qui , chaque ;.!■:. !'::.pp«iî une nôu\ille \irlime. Malgré leur état, ils ont . i/.ir.îu le;;r senice jusqu'à la dernière extrémité: ils y aurAur.l siircomlx^. si je ne fosse i-enu à leur secours. Mais, pour v^b. il fallait 3e nouvelles preuves de dévouement: c'est a boni .:e iù ù'\:r-: ,iui- je les ai txoovees. MM. Ganivet et Goubiu. ( u\c^ oe p:\niKn' classe, se sont pnrsentes pour soula^r leuis .^u^ar^.lcs. n.n .i\ec rti^ignation. mais avec un empressement i-4\.:.HÇv;:\ t: qui mt-riiait un ii.eiileur sort. Le premier a tte \ii-:iîv.o J.f s. n ik\ lument: quant au sec^Hid. il a survécu ei iA:r.A.f . 'îe .*r. \s . :x\vr*ipense ne fut plus honoratlement acquÏMr ...t* : :ir?.Jic '.tn>('.ç:\': •>' \aissea". . qn»^ je rt*<laui<iisp'.iir lui.
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'Sî Itt Gion'ok iitt arestè pas arinéB, M. Duhaut-Cilly, en déilonMiMgemeiil denses bcMis sei*vice6 ot de ses peines , a de grands titres à an nouveau <:oilinuindemeoL Le dévouement avec lequel j1 t élé secondé par M. Chaavot, ancien et bon officier, mon compagnon d^armes dans. les mers dellode, est un grand titre pour ce dernier au grade de lieutenant de vaisseau , que je sollicite pour lui avec instance.
MM. Lesage et Aubry de la Noë , enseignes de vaisseau , méritent de grands éloges pour leur courage et leur résignation. Enfin, je ne terminerai pas sans rendre à M. Bounot, jeune officier de santé de troisième qlasse , le tribut d^éloges qu*il mérite pour les soins éclairés donnés aux malheureux malades avec coorage et dévouement dans la cruelle position où la Gloriole s*e8t trouvée. Du reste, rexémple des chefs a eu sur les snboiv donnés llieureQse influence qu'on pouvait en. attendre: le découragement ne s'est pas manifesté un seul instant.
Gloire f rade de Brest, le 3 septembre 1821.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
J'ai eu rhonneur de rendre compte à Votre Excellence , sous Nontriiile timbre Paru, de la rentrée de la frégate de Sa Majesté la e„7."o! Glorn, qui termine ma campagne. Si j ai élé assez heureux pour ^^ •" «>"*'"•"• répondre à la confiance dont j étais honoré, si j'ai mérité les témoignages de satisfaction qu'à diverses époques Votre Excellence a daigné m'adresser, je le dois à la coopération de tous les officiers employés sous mes ordres. Celte campagne, dont la durée avait été fixée par votre prédécesseur à dix-huit mois, et qui devait se terminer en 1820, a été prolongée par vos premiers ordres du 8 août 1820 jusqu'en mai^, puis par vos derniers du
368 VIE DE LWMIRAL DUPERRE.
26 septembre suivant, jusqu a ce moment. Votre Excellence appréciera sans doute les sacrifices et les peines qu'ont dû éprouver pendant cette campagne , sous un ciel brûlant et dans un climat si fatal aux Européens, les hommes qui en ont couru toutes les chances : ils pouvaient chaque jour se regarder comme étant de brèche ou de tranchée. Cet ennemi était sans doute bien plus redoutable que celui que nos croiseurs poursuivaient à outrance dans ces mers infestées de pirates qu ils ont combattus et pris toutes les fois qu'ils les ont rencontrés, protégeant ainsi le commerce national , assurant au pavillon de Sa J^Iajesté respect et sécurité. Quelques officiers ont trouvé dans 1 ordonnance du roi, du 22 du mois dernier, la récompense de leurs bons services : MM. Giboin, capitaine de frégate; Brault, lieutenant de vaisseau, et Despoiriers , enseigne de vaisseau , sont de ce nombre. Mais il en est d autres bien méritants, sur lesquels je crois de mon devoir d'appeler Tattention de Votre Excellence , en la suppliant d'obtenir de Sa Majesté les grâces auxquelles leurs services leur donnent de justes titres.
Je ne puis que vous rappeler. Monseigneur, tout ce que j ai eu rhonneur de vous dire plus d'une fois des ser\ices de tous les capitaines, et particulièrement de MM. Dupotet, Villaret et A mous.
J ai été bien à même d'apprécier le mérite des officiers servant sous mes yeux à bord de la Gloire.
M. Fournier, le premierlieuteuant,ajusliGé dans cette campagne la réputation que de brillants services lui ont acquise, et notaninient dans le naufrage de la Caravane. Votre Excellence trouvera juste , sans doute, de les récompenser par un commandénient, qui sera placé en de bien bonnes mains.
M. Roy, excellent homme de mer, ma prouvé dans la dînxtion des chronomètres, dont je lavais chargé, qu'il était aus»i fort en théorie qu'en pratique. 11 a tout ce qui constitue unUm oilicier: de l'instruction, de la fermeté et du connnandeiiieut.
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Poiil* riiktérèl dé Tàilrne, il né doit pas végéter dans les grades inférieurs', éljè nie fiiliciterëï toujours de tui avoir aplani les premières diffic élites en réclamait pour lui le grade de lieutenant de vaisseau.
rai à me louer du xèle et de l'aptitude de tous tes élèfves. Je sollicite peureux une grâce qui ne me parait pas devoir souflrir de difficultés; tant elle me parait juste : c'est de leur tenir compte de la pénible campagne qu'ils viennent de faire et de prendre rang, après leur examen, de 1 époque k laquelle ils l'auraient pris s'ils fussent restes dans les ports.
M. le Chevalier, lieutenant de vaisseau en supplément sur la Gloire, a justiGé, sous mes yeux, la bonne opinion qu'il m'avait donnée de lui dans l'exercice des fonctions de lieutenant en pied sur le Cerf, puis dans le commandement de ce même bâtiment, que je r^ettede nWoir pu lui conserver plus longtemps, et que je désire lui voir remplacer.
Je dois des éloges à MM. les ofBciees de FEuiyale et du Bailleur. Le lieutenant en pied du premier a reçu sa récompense; mais c^est avec douleur que je n'ai pas vu M. Julien , enseigne à bord du dernier, partager, comme presque tous ses camarades, qui , à bord de divers bàtim ents, ont été chargés du même service, les grâces de l'ordonnance royale du 22 août.
Il me reste à vous parler des services de MM. les officiers de l'état-major général.
M. Vigoureux , quoique aide-major, a fait, pendant toute la campagne , le service de major de la division sous mon corn* mandement. Dans le service important dont il était chargé , il m'a prouvé qu'il sait allier l'esprit d'ordre et de détail k toutes les qualités d'homme de mer, que depuis si longtemps et si souvent j'ai été à même de reconnaître en lui. Sa réputation dans le corps est assez faite pour que je ne recommence pas son éloge. Le moment d'une justice tardive paraissait arrivé lors de la promulgation de l'ordonnance royale, cl l'occasion était
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