LXXXVIII
Vaisseau la Provence, baie d'Alger, le 9 juillet 1^.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur, Êvacuaiion Dcpuis la prisc de possession d'Alger, le 5 de ce mois, je suis
**" ^*^ mouillé dans la baie avec le vaisseau la Provence, tandis que les
et des Torra. , i i • •
vaisseaux et frégates se tiennent sous voues et quelques bâtiments restent au mouillage de Sidi-Ferruch pour opérer l'évacuation de tout ce qui reste du matériel et des approvisionnements qui se trouvaient déjà tout débarqués et qu'il faut rapporter à Alger.
Je viens de recevoir l'invitation de Son Excellence le général en chef de faire transporter à Livourjie le dey, sa famille et sa suite. J'ai désigné la frégate la Jeanned'Arc, commandée par M. Lettré. Son Excellence me demande également le renvoi à Smyrne des Turcs non mariés qui faisaient partie de la garni-
ANNEXKS. 463
son, et donl il poiic le nombre à quinze cents. Trois vaisseaux armés en flûle sont prêts à les recevoir, Je vais expédier les autres pour Toulon pour compléter leur eau et trois mois de vivres. Si Voire Excellence juge convenable de maintenir son ordre du 19 mai dernier pour Tarmementen guerre du matériel, elle pourra faire connaître ses intentions au préfet maritime de ce port.
Nous avons trouvé dans le port d'Alger :
Une vieille frégate désarmée ,
Une vieille corvette,
Quatre bricks de 1 o canons ,
Une goélette-brick,
Quatre felouques.
Trente bateaux plats armés d'un canon ,
Une frégate sur le chantier.
Deux goélettes préparées pour brûlots.
Demain , une commission procédera à leur visite. Je crois qu'à l'exception des bricks et des deux goélettes, tout le reste sera à condamner. Il serait d'ailleurs impossible de trouver dans les magasins leur matériel d'armement, tant y est grand le désordre.
Les bateaux plats démontés de l'artillerie seront transformés en bateaux de servitude. J'ai désigné M. le capitaine de frégate DelofTre pour directeur du port. Je lui ai adjoint des ofliciers. Visites, inventaires, tout va être fait avec ordre. Les magasins n'ont à peu près rien.
Je ne puis donner à Votre Excellence aucune information sur les dispositions prises à terre, parce qu'elles ne sont pas de mon ressort : je n'y ai donc aucune part. Seulement, je m'empresse d'assurer la prompte exécution de toutes celles que réclame de la marine Son Excellence le général en chef.
Agréez, etc.
DUPERRÉ
d« SiJi Frrrucb
Vaiftsetu la Provence, btic d* Alger, le 28 jaillet I&30.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur, Évacuation J*ai Thonneur de vous adresser les procès-verbaui de la situation des magasins et des bâtiments propres à être armés troovés dans le port d'Alger. Ces bâtiments sont au nombre de sept Us sont en armement dans ce moment sous le nom de FAIgê' Tienne, n® i jusqu'à 7. Us sont tous bricks- goélettes et goélettes. Us sont en bon état et seront incessanmient expédiés pour Toulon. Les équipages sont faits; ils seront d'un bon serviœpoarU Méditerranée et les stations des colonies. La fr^ate et la corvette sont hors d'état de servir, et ont été délivrées pour démolition et pour bois de corde à l'armée. Les chebecs serviront pour les communications du port. Les canonnières on caîqœs avaient chacune une pièce de bronze qui a été enlevée pour être transportée eu France ; elles serviront de bateaux de servitude.
L'état de désordre dans lequel on a trouvé les magasins lorsque la marine a pu les approcher n a pas permis de dresser les inventaires. On mettra à profit pour le sen-ice du roi ce ([ui y reste; et Ion pense là-dessus s'en rapporter au zèle et aa dévouement probe de M. le capitaine de frégate Deloflre.que j ai désigné pour remplir les fonctions de directeur du port, et qui en a déjà donné d'éminentes preuves dans les mêmes fonctions à Sidi-Ferruch , où il a sacrifié sa santé.
L'évacuation de Sidi-Ferruch, d'où il a fallu rapporter à Alger le restant de tout ce qui y avait été déposé pendant vingtdeux jours de travaux inouïs qui ont écrasé les équipages de larmée navale , parce qu elle seule fournissait les corvées de lorre connue de mer, tout en faisant le ser\'ice militaire; cette
évacuation, dis-jc, se termine aujourd'hui. Les malades de la garnison ont été évacués sur France. Ily en a parmi les marins, mais en nombre bien moins grand. La cause en est dans la police et la discipline maintenues parmi eux : car leurs peines et travaux ont été immenses.
Tout ce qui provient de cette évacuation est en grande partie déchargé, et le serait en totalité si les recettes et les mises en magasins répondaient aux livraisons. Les dernières sont seules du ressort de la marine. Va venir ensuite l'évacuation de Tartillerie et de tout le matériel conquis. C'est une grande aflaire , mais une affaire de détail : il faut y affecter quatre ou six flûtes ou grandes gabares. Lorsque la darse, qui est très-petite, sera débarrassée des sept petits bâtiments en armement, elles y entreront et procéderont au chargement l'une après l'autre, et seront successivement expédiées pour France et réexpédiées pour Alger. Cette opération ne peut avoir lieu que par les soins du directeur des ports. Il n'y a pas à songer à tenir dans un mois un bâtiment mouillé dans la baie. Les bâtiments établis en croisière devant Alger ne pourront rien sur l'évacuation. Le commandant ne pourra avoir sur elle aucune influence. C'est vous dire. Monseigneur, que la présence, je ne dirai pas d'une armée, mais même d'une division, est impossible dans la baie et sans but d'utilité devant Alger. Votre Excellence doit donc juger que la mienne est loin d'être nécessaire. Je suis aujourd'hui seul, avec le vaisseau la Provence, dans la baie. Le vaisseau le Breslau et quelc[ues frégates terminent l'évacuation de Sidi-Ferruch. Les vaisseaux , les plus petites frégates, les flûtes, sont dispersés sur tous les points de la Méditerranée. Une partie est en quarantaine ou en déchargement à Toulon ; l'autre y rentrera. Je ne vois donc plus que l'évacuation du matériel. Le directeur du port peut seul l'effectuer d\me manière efficace. Le concours de tout autre me parait sans aucun avantage. Ces motifs réunis me portent à demander à Votre Excellence mon
4fifi
VIE DE L'AMiUAL DUPEHRK.
rappel. Je pourrais y ajouter le besûin de repos, qai m'eu 4t \pnu jmitspeiiskabk* tprès^ dèun laûi^ de TatigiseJ înociitt, il pemiaol lc*M]ueb, je puis le dire , pas titte mhiIi; mioale, peut* rire nietiie celles que h nature exigeait pour iiionn*piM.nêék rrin^arn^c li d^autres iulfréls qric ceoiç fit» rnî rt du pa\^. Je prie Voire Excelle oce d «gréer, ek
tiTriH^.
?aû»nn tÀlgn, haie d Alger, Ir Zl jiulUt ièS
A Son Excellence le nùnîstre de la iiurtne et des colottiei#
^lonseigoeur,
JVi eu riionoeur, par mes lettres du 17 et do sB^de ce moist de vous rtudre compte que rexpéditioo sous le comniandenuBl de M. le conU^ amirtl de lkmskme\ avdl le doulile btti dixaiper, de gré ou de force, B^oe,eid*v mellre garoîjtom et d*agtrai* suite roûtre Tripoli* A la demande de M. le comte de BountiMt, j'avais dirige, quelques jours auparavant, sur BAne, par la cor^ veMe VEcho, commandée par M, tiraèti, une dèputatioo dliibi* tauts notables d* Alger, porteurs d^une déptehe do géoénl éi chef pour les autorités locales, et qui devait disposer le& esprit» k la sonuiission, \r le capitaine de raisseau Kerdrain. de b fr^ate k Dochrucde-Bern, counsiaiidaiit devant Buoe ei) lateêuce de M. le capilaïne de vabseau Galbis * a Fait âHm^ ^^ querladéputitionsoostattJle, en adressant aux autoriteâ locak» ^M une invîtation de rec<»nnaltre rautorité du Rot . de faire évtciier ^1 te fViii par la garnison turque . d*y ai borex et saluer le pa\ittr^i h de Sa .Majesté. Cette démarcbe a obtenu un sucté» o H
ainsi que vous le verrez par le^ note» échangée* entre le wmmumifkni et 1* ' * ■ ' ■ ;
LEihù a q«i I uTiïrnt eiiT
ANiNEXES. 467
occupés dans ce nionient par la garnison française que M. Famirai de Rosaniel, parti le 24, y a sans doute débarquée depuis deux ou trois jours.
Je prie Votre Excellence d'agréer, etc.
DUPBRRK.
•ur Oran.
Vaisseau l'Alger, baie d'Alger, le 4 août 1830.
A Son Excellence le minisire de la marine et des colonies. Monseigneur,
Tai eu Thonneur de vous adresser, le 3 1 du mois dernier, les Cxp^tion rapports de M. le capitaine de vaisseau Kerdrain , commandant la frégate la Duchesse-de-Berry, concernant ses opérations sur Bône, qui ont amené la soumission de la place, qui doit être aujourdliui occupée par les troupes qu a dû y déposer M. le contreaqiiral de Rosamel, et dont Feutrée a été préparée par les vigoureuses dispositions de M. le capitaine de vaisseau Kerdrain.
Aujourd'hui j'adresse à Votre Excellence les rapports de M. le capitaine de frégate le Blanc , commandant le brick le Dragon , et de M. le capitaine de frégate Ropert, commandant le brick le Voltigeur et la station devant Oran. M. le Blanc portait dans ce port un officier de Son Excellence le général en chef chargé de propositions pour le bey, et qui devait en même temps recevoir son acte de soumission au roi de France. La négociation traînait en longueur et n'amenait aucune solution favorable. M. le capitaine le Blanc, de concert avec M. le capitaine Ropert, 8*est décidé, ainsi que vous le verrez dans les rapports de ces deux braves officiers, à un parti vigoureux ; celui de profiter de Tincertitude du bey et des dissensions de la milice pour occuper le fort de Mers-elKébir, dominant et commandant la baie, qui offire le mouillage le plus sûr peut-être de ceux qui existent
sur la CL'ie d.Vfriqae. Les deux bricks renforcés de rEndymion, commandt^ par M. le lieutenant de vaisseau Nonay, sont venus s'établir au mouillage sous le fort , et y ont débarqué cent cinquante marins. Il a aussitôt été évacué par la garnison turque , et il se trouve aujourd'hui occupé par cent marins. Sa situation au bout d'une presqulle rend facile la protection des approches par Tartillerie des bricks qui peut les balayer. Le fort est armé de quarante-deux pièces de canon.
Son Excellence a décidé que le fort et la ville d'Oran seraient occupés par les troupes de Sa Majesté. Elles s*embarquent au' jourdliui sur les frégates la Sirène, VAmphilrite et VIphùjtnir, Jai confié le commandement de cette expédition à M. le ('a|ii taine de vaisseau Massieu. Il partira demain, et je puis donner à Votre Excellence la garantie qu^elle sera conduite avec toute la sagesse et la détermination qui caractérisent tous les actes de cet oBicier supérieur. Je crois de mon devoir de prier Votre Excellence d'appeler les bontés et les grâces du roi sur MM. le capitaine de vaisseau Kerdrain, les capitaines de frégate le Blanc et Ropert , et le lieutenant de vaisseau Nonay : ils en sont dignes à tous égards. M. le Blanc est un des premiers capitaines de la marine.
Je prie Votre Excellence d'agréer, etc.
DlPERRE.
Baie d'Alger, à bord du vaisseau l'Alger, le ô août 1850.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies. Monseigneur,
, CoHtaUm. J'ai fait charger et j'expédie sur Toulon, par le transport lo Marie- 1. nuise, capitaine Caspench, n*^ 22 1 , la pièce enbroniedile
ANNEXES. ^i69
la Consulaire, provenant des batteries de la marine d'Alger, contre lesquelles Tarmée sous mon commandement a combattu. Ce$t celle daos laquelle ou à la volée de laquelle fut placé le consul de France, le père le Vacher, lors du bombardement exécuté parDuquesne en 1 683. Gomme amiral commandant Farmée navale, j'ose réclamer en son nom, et pour la marine, ce trophée de la marine française. Comme préfet maritime de Brest, j'oserai demander de plus que le don en soit fait à ce port, dont les armements ont eu une si grande part à la campagne d'Alger. Toulon devra à Votre Excellence l'érection d'un monument qui perpétuera le souvenir de cette glorieuse expédition. Daignez, Monseigneur, ajouter encore au sentiment de reconnaissance que vous conservera la marine en soumettant au roi cette nouvelle demande , dont le succès sera pour elle un honorable témoignage de la satisfaction de Sa Majesté: c'est la part de prise à laquelle l'armée attache le plus grand prix.
Je prie Votre Excellence d'agréer, etc.
DiPEivnÉ.
Vaisseao l'Alger, baie d'Alger, 21 août 1830.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur,
Vous me prescrivez , par votre dépêche du 7 de ce mois , de Tr«oc d'Aig^r. hâter, autant que possible, le transport en France des valeurs inventoriées provenant du trésor d'Alger, et de faire surveiller les enlèvements illicites qui seraient tentés.
Toutes les valeurs inventoriées du trésor et à expédier en France sont déjà rendues. Elles s'élèvent à quarante-deux millions et quelques cent mille francs , en or et argent. Vingt caisses
d'objets d or et d'ai^ent ont été expédiées le 1 7 de ce mois sur /a AfWpom^ne. L'inventaire, que je ne connais qu'indirectement, des sommes trouvées au trésor, s'élève à quarante-huit millions : Il en a donc été réservé six pour les dépenses courantes de l'occupation. Il a été , en outre, renvoyé deux millions provenant du trésor de France.
Je crois, Monseigneur, qu'on a beaucoup exagéré en France, et je dois à la vérité de le déclarer, les désordres qui ont eu lieu à l'entrée de l'armée dans Alger, ou du moins les préjudices portés au trésor public. Certes, mon témoignage ne peut étresuspect : on sait quel rôle a joué la marine , qui s'est abstenue de toute communication avec la terre pendant et après la prise de possession , hors les cas ui^nts du service. J'ai su que les clefs du trésor avaient été remises à une commission , qui l'a trouvé intact. L'opération de l'inventaire et de l'expédition des fonds a été principalement confiée à un homme dont la réputation de la plus austère probité est hors de toute atteinte. Je veux parler de M. le payeur général Firino, homme de probité et d'ordre par excellence. C'est sous ces rapports que , pour la première fois, je l'ai connu dans l'expédition d'Afrique.
La conduite de la marine n'a pas donné lieu , ainsi que vous paraissez le penser, à une mésintelligence entre les deux armées, au moins n'a-t-elle eu aucune influence sur l'intérêt du service. Mes rapport** avec le général en chef sont restés tels qu'ils Font été pendant toute la campagne et dans les formes de la plus grande convenance. La marine Ta aidé de tous ses moyens pour tous les transports et pour tous les services qui ont été réclamés d'elle : elle y a toujours mis le même empressement. C'était son devoir et elle ne pouvait s'en abstenir. Je vous devais. Monseigneur, ces explications, et vous pouvez croire à leur sincérité.
Dt'PERRB.
ANNEXES. 'i7l
Vaisseau ÏAUjcr, baie dWlger, 21 aoùl 1830.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur,
Par voire dépêche confidcnlielle du 7 de ce mois, vous nie i;.gpnf. prescrivez d'examiner quels sont les bâtiments qu'il conviendra jaI*"*' de garder à Alger et dans les autres ports de la régence, de telle u noti#. sorte qu*ils puissent au besoin y trouver un asile, et de renvoyer successivement tous les autres à Toulon pour y conipléler leur annement en guerre.
Jai déjà répondu à cette question dans mes lettres et rap- . ports à votre prédécesseur sous les dates des 1 4 > 28 et 3 1 juillet , et des 4* 11 et i^ août. Vous verrez que je regarde comme impossible de maintenir au delà du i^' septembre, qui est Tépoque des grands vents de nord et nord-est, des bâtiments de guerre dans la baie d'Alger, où leur sûreté serait d autant plus compromise qu'ils seraient obligés de se prendre un mouillage plus rapproché sous la protection des forts contre une agression subite de la part d'une puissance étrangère. J'admets également que la présence d'une division navale en croisière devant le port est au moins inutile, si elle n'est pas dangereuse : inutile, parce c|ue le commandement de cette division ne pourra avoir que des communications peu fréquentes avec la terre, à laquelle elle ne peut être d'aucun secoui^; dangereuse, parce qu'elle peut devenir Tobjet d'une attaque imprévue par des forces supérieures. La darse d* Alger u'oiTre point d'abri pour un grand bâtiment armé : elle ne peut recevoir qu'une vingtaine de petits navires. On peut se faire une idée de l'état de la mer dans ce port, quand je dirai que j'y ai trouvé les petits bâtiments de la régonce avec quatre et six fortes amarres de poste devant et derrière- Une frégate peut y trouver place bans êtn» année; mais elle
doit prendre sa batterie et compléter son armement au mouillage dans la baie, et encore dans la belle saison. Ainsi donc, je le répète, ce serait tout compromettre que de laisser les bâtiments, soit en croisière devant le port , soit au mouillage. La saison avance , et il faut qu'au i'' septembre je quitte la baie. La darse doit être uniquement réservée pour les bâtiments qui y porteront des moyens de subsistance ; et il est urgent d'assurer ceux de la portion de l'armée qu'on y laissera. On y gardera deux bricks goélettes pour les communications pressées qui feront la navette avec trois ou quatre bâtiments qui, à Toulon, auront cette destination , et qui partiront deux fois par semaine. Par ce moyen , Alger conser>'era toujours deux bâtiments de cette espèce pour les besoins pressants. Telle est ma manière d envisager le service maritime ici pendant la mauvaise saison. Il serait bon cependant d'y ajouter deux flûtes équipées en bâtiments , hôpitaux , qui feraient aussi la navette pour l'évacuation des malades, qui , aujourd'hui , malgré les envois nombreux en France qui ont eu lieu , sont encore en nombre considérable. Telles me paraissent être les dispositions qui devront être prises et pour lesquelles je me concerterai avec M. le lieutenant général Clause!, dont le préfet maritime de Toulon nrannonce le départ prochain , pour prendre le commandement d'Alger.
Aussitôt qu'il a connu les derniers événements sunenus en Franco, le mamrhal commandant en chefTarmeea jugé nécessaire de concentrer ses forces sur Alger, et de rappeler les garnisons (|ui occupaient les forts d'Oran et la ville de Bône , avec lesquels toute communication pouvait être coupée, et dont le ravitaillement devenait bien diflicile. En conséquence, il en a prescrit IVvacuation, et, sur sa demande, j ai expédié des bâtiments pour IVxécution de ses ordres: ils reviendront au premier jour. La garnison de Bône paraissait d'ailleurs hors dVtat de se maintenir, privée de toute communication à l'extérieur.
Aussitôt après larrî vée du général Clausel , et après avoir arrêté
avec lui les dispositions indiquées, je ne vois aucune raison pour différer le moment de rallier, selon vos ordres , les bâtiments à Toulon pour les armer et les réorganiser.
DUPERBB.
•nr BAne •lOran.
Vaisseau Til^er, baie d*Aiger, 25 août 1830.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monseigneur, Par suite des négociations entamées avec le bey d'Oran , et lUppd surtout du résultat obtenu par l'acte de vigueur des capitaines "iri^ des bricks le Voltigeur, VEniymion et le Dragon, dont j'ai eu l'honneur de vous adresser les rapports le 4 de ce mois, M. le maréchal commandant en chef l'armée expéditionnaire d'Afrique avait décidé qu'un corps de troupes serait envoyé à Oran pour y soutenir l'autorité du bey et en occuper les forls. Je chargeai de cette expédition M. le commandant Massieu, qui embarqua les troupes et partit le 6 de ce mois avec les frégates la Sirène, VAmphitrite et VIphigénie, Mais, à la réception de la nouvelle des derniers événements survenus en France, M. le maréchal crut devoir changer cette disposition. L'état de guerre avec la population extérieure d'Afrique, l'affaiblissement de l'armée par suite des maladies et d'un découragement nostalgique qui , je ne puis vous le dissimuler, est porté au dernier point; la crainte de voir les corps détachés sur Oran et sur Bône privés de toute communication avec Alger ou la France par suite des derniers événements, qui pouvaient changer les dispositions amicales des puissances étrangères, sont les motifs, qui l'auront décidé sans doute à les rappeler pour concentrer ses forces. En conséquence , il arrêta le rappel des deux corps expéditionnaires
VJE DE LAMIHAL OlfFEIilU
qai occupaieui Oran et Boue . en m'iontaDt , par sesdeui lettrr» du 12 de ce motSt (bot j*ai lliûciiieur de votu adnssa^r copie, à y taire procéder» J'en chargeai de stuile MM. le» contitiatndifiU lfas>steu et Cuvillier, ayant diacun iiae division navale sous Irun ordres. Le premier est îirrhé hier après avoir f^il m)ïi opiiradoo; j'attends le second d'un jour à Tautrc-
J'ai rhonneur de vous adresser copie de^ rapports de M. le eommamlanl Massteu et du brave capitaine de (r- - TL)(icrt, qnti avec de bien faible» moyens, n avait lais^^ , ^ k* plat rien à faire h son commandanL J y joins les copier des acte» passés avec le bey d'Oran, cl qui constituent la propriété k U France de celte place iniportaace, dotilil se r- î* ' ' >
iitaire. Certes, dans la circonstance, on ne [■ o
ineilleur résultat : il est dû à la sagacité et à la fermeté de M* tt commandant ^lassieu, assisté par M. le lieutenant de iiusm»o Nonay^ capiuine du brick rEnàymioUf qui a\^it K^ioudé »m cominandaut Ropert dans la transaction , et i|ui en a huni et soutenu les eirements. J'ai remis les pièces cii nrîgtoal a M. I# maréchal t pour Être précieusement conserfécis en dépôt.
Votre Excellence verrai par la lecture du rappfirt ilc M. Ir capitaine de fj%ate llopcrt, qu'il venait de temuoer au momeni où la mort Ta frappé « de quelle iuiportance est la perte que b marine vient de lalre. Daigner , Manseigneur* reporter une partie de rîntércl qu'elle vous inspirerd sur ui ^ etdeteA* faots qui perdent tout, et appeler sm cette les l)ontéi du roi, C'est le vœu dti corps entier de la marine
Tatteods chaque jour Tarrivée de U* le général CUuael. Leiat du pays et de Tarmée la rend t>îen urgente.
Diri-aaii.
Vaisseau lÀlger, baie d* Alger, 26 aoûl 1830.
A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies. Monseigneur,
Ainsi que je vous l'annonçais dans mon rapport d'hier, la situation division navale chargée de l'évacuation de Bône ne devait pas j^^"' tarder à arriver. Elle a effectivement fait son retour hier, peu etd*o.«n. après le départ du bâtiment porteur de mon rapport. J'ai l'honneur de vous adresser celui de iM. le commandant Cuvillier sur rembarquement du matériel et du personnel du corps expéditionnaire. La population de Bône, comme celle d'Oran, a montré des dispositions favorables à la France; et lorsque des me* sures d'une sage politique et d'une bonne administration , bien plus que la force des armes, auront pacifié la population de l'intérieur du pays, en l'amenant à connaître ses vrais intérêts, nous dicterons à ces deux villes telles lois qu'il conviendra de leur imposer.
C'est Alger qui doit être le point pivotai de toutes les opérations et qui réclame de la manière la plus urgente des hommes de fermeté et de savoir. Tout est à faire, tout est à recommencer. Quant à l'extérieur, je dois, à cet égard, vous donner communication d'une pièce qui m'est arrivée indirectement , et qui est une vraie déclaration de guerre du bey de Tittery. Bien qu'il soit loin de pouvoir appuyer ses menaces des moyens qu'il annonce, et que, dans ce moment même, il soit aux prises avec les tribus montagnardes de Kabaïles, un ennemi n'est jamais à dédaigner, et surtout pour notre armée, dans l'état de découragement et de démoralisation où elle se trouve. Aussi l'arrivée de son nouveau chef devient-elle de plus en plus urgente. L'administration du pays et de Tarmée, comme la partie militaire, demande impérieusement une organisation nouvelle; ce qui
476 VIE DE L'AMIRAL DUPEIinK,
me riîi dire qnii faut des hôitmies de tête et de savoir. Chique
jour je vois se fondre cette année pir tes malAdes et autres gtfii
dont révàctiation sur France mcsl demaiiiUe.
Agréei^etc
Durcaiur.
VakMn riffo^^Ué d Alg«r, te 31 aoè€ 1330. A Son Etcelletice le ministre de la marine et des colooici»
MooiieQr k mîiu&lie.
J'ai riioDueur de voas rendre compte que M. le conlnMininl t TripoE. ^ç Ro&amel a rallié hier mon pâYilbn avec la divîsioo nivale sous ^m ordres, après avoir honorablemenl rempli ta ttuaaioii dont il était chargé auprès du bcy de Tripoli» ci doot il voitt i adressé les rapports par le brick VAciéi>n^ Jeu join« ici les dapljcatas , qu'il ma remis pour Votre E^iceilence. Cette apémliofi a eu pour résnitat, iioD-senleniefitd^cibteoin pour lliotiiieftr et lei iotéréts de la France, pleine et entière satisfaction, nuis encons elle complète, pour le commercede tontes I» nations tuiritimci, la déti^Tance des entraves odieuses et t|Tanniqiie9 iuKqiit41ei raisujettissaient les pirates barhareaques des diverses régiencm.
Par cette dernière opénlion, oondnile avec autant d^babilelé que de feraieté, M le cootre-amirat de Hoaamel terititne glorieusemeut la campagne : elle ne peut qu ajouter de oonveans titres à cetiï (ju'ii a déjà acquis, depuis le oommimceiucut, aos grâces du Gouveroeinent,
DuraiAB.
et la flotte.
Vaisseau t Alger, rade de Toulon, 17 septembre 1830. A Son Excellence le ministre de la marine et des colonies.
Monsieur le ministre,
Ainsi que j'ai eu Thonneur de vous en rendre compte , je suis Répartition arrivé avant-hier avec le vaisseau t Alger et quatre bâtiments légers. J*ai établi et remis le service de la station à M. le commandant Massieu. La formation de la division restant sous ses ordres avait été prescrite par mon ordre du jour ci-joint, du 5 de ce mois. L'absence de quelques bâtiments que je comptais trouver à Toulon y apportera nécessairement des modifications, et ce ne sera qu'à l'expiration de la quarantaine, et au 6 du mois prochain , époque à laquelle je demanderai à Votre Excellence, en quittant l'armée, de faire amener le pavillon de commandement , que je pourrai définitivement déterminer la destination spéciale de chaque bâtiment. En attendant, ceux qui devront être désarmés à Toulon le seront à Texpiration de la quarantaine. Par des mouvements d'équipage, je vais faire en sorte d'expédier, le plus promptement possible les bâtiments qui doivent retourner à Brest. Le départ en sera retardé , parce que j'ai trouvé au port un ordre de Votre Excellence d'expédier 6oo kiloiitres de vin.
Les dispositions prescrites par votre dépêche du 1 8 du mois dernier ont été établies sur quatre combinaisons :
1* Assurer une correspondance journalière;
2* Appuyer les opérations militaires;
y Pourvoir aux approvisionnements de bouche et de guerre ;
À* Transporter l'armée en France, si cela devenait indispensable.
La station navale sous les ordres de M. le commandant Massieu, et les bâtimenls légers qui seront maintenus en état d'ar-
kTê
VIE DE L'AMIRAL UifEHhK
Votre Excellence partage surtout sur ce point mon opinion, je la prie de me transmettre ses ordres par le télégraphe , pour que le congédiement des navires du commerce ait lieu de suite. On pourra , comme vous l'ordonnez , conserver trois vaisseaux et six frégates en commission ; mais point de corvettes ou bricks. Celles maintenant en état d'armement complet doivent suffire aux conmiunications. Ces bâtiments sont d ailleurs, par la nature de leur construction , impropres à aucun transport. Si Votre Excellence approuve les dispositions que je propose, j'agirai en conséquence. Elle a donné l'ordre au port , avant mon arrivée, de réserver la corvette VÉcho et le brick la Capricieuse pour la mer du Sud : je lui fais observer que les corvettes à matereau et les bricks-goclettes sont de bien frêles bâtiments pour la navigation au delà du cap Horn. Je lui demande donc de désigner de préférence deux bons bricks de grande dimension.
L'Armidê est arrivée hier : elle m'annonce le retour prochain de Famirai de Rigny et des bâtiments que j'avais destinés à la déportation sur Smyrue de la garnison turque d'Alger. Elle y a été reçue sans difficulté. La gabare le Robuste en est arrivée aujourd'hui.
Le vaisseau lAlgésiras arrive et va être suivi du Superbe, du Breslaw, de VAmphitrite et de la Pallas, revenant de Marseille , où ils ont déposé des malades de l'armée.
Veuillez agréer, etc.
DuPERnÉ.
VIF. DE r;AWtKAJ. ni'PKRRK
rffc'ii i* '**ri*thétii ii>
nïmli^' BU rôtit.
].^LM,i Ij
et là floCi#.
L amiral pair de France commandant en ehefrarii < U*,
, Ep fxécatîôïi di;s ordrÊs djÊ Son Exceileûcç la iliiniHiff de la m^iiiï? 5UX h JeâlUi^lîoii ullérieure U<^ biîliiji«nL% qui izwnpo* s^^f Vajfûiép payale tte l'expédiiioii d*Afiique, ces UliccK^àl» feront divisés «n duiq catégoiie*:,, , > *,,m| i U <
^ Pj;emière, En ét^t rrtirmenirut rouipM r^oiopûMUl h IfiUalil
Dem^ième, En étaid'araieaueot ,4^mpl^ pour aliisrticT avoc h statîou et pour les coiïi)» miîc^tioofi a%ec A ♦
Troisième, ^ expédier , pour Br^^ ^1 poy; vi,,. . ^ - ..«inioiii* Quatrième* A conserver en conitribâmi Mir U [)irliie rudif dr
Cîoquième* A dcâarmer a Toulon.
Los bâliments delà, prettii ère catégorie lamnt leiiraruiefueni œmplet au maiériel et au perMjnnel sur le pied de jaix , au nieuté de la demi-diiréreace du pied de gtierf*.
Les bâtiments de la deuxième seroni armés de ta uirme n^ nière.
Ceux de la troisième recevront, en supplémetit d*aitnrtttciil, les compagnies permauentÊs des première» féconde* iroméme et quatrième divisions provenant des bàynie0ls désarmés, et In marins des classes appartenant aux mêmes arroodisseiiieiil» dont les services ne seront plus jugés nécessaires, en le» cboisb* sanl parmi ceojt le plus anctennemeal embariqtiés*
Ils prendront aussi des approvisîonnemenls pour Brest
Les bâtiments chargés de missions seront armés camme c^t des jiremière et denuème catégories»
Ceux de la quatrième seront armés au matériel et n'auront, en personnel , que la portion d'équipage strictement nécessaire pour qu*ils puissent tenir au mouillage en petite rade.
Des dispositions ont été ordonnées au port par Son Excellence le ministre pour pourvoir, au besoin, au complètement des équipages.
Sur les sept bâtiments à vapeur, deux seront maintenus en état d*annement pour les communications avec Alger ; les cinq autres seront maintenus en état d'entretien sur la petite rade. M. le préfet maritime, sur l'avis des directeurs des constructions du port et de deux capitaines des bateaux à vapeur, voudra bien déterminer le personnel de ces bateaux , en état-major et équipage , et soumettre à l'approbation de Son Excellence le projet d'armement pour leur entretien.
Le tableau joint au présent ordre fera connaître à chaque ca* pitaine sa destination : il devra faire immédiatement ses dispositions pour leur exécution.
A bord du vaisseau V Alger, rade de Toulon, le 19 septembre i83o.
DUPERRÉ