CHAPITRE
utilise davaDtage. Depuis vingt et un mois, je sers dans un état-major; ce n'est point à moi qu'il appartient de vous parier de mes services , des sacrifices auxquels j'ai été forcé dans im emploi nouveau pour moi, et de ce que j'ai fait pour en remplir les devoirs; le préfet maritime a daigné vous en rendre compte. Je n'aspire en ce moment qu'à retourner à mes anciennes habitudes, à reprendre la mer; ce serait, monseigneur, mettre le comble aux bontés dont Votre Excellence ma souvent honoré, que de me confier le commandement de quelque corvette ou aviso; cet arrondissement pourrait même vous oflrir les moyens de m'accorder cette faveur. Je ferai tout pour vous prouver que je n'en étais point indigne; vous devez compter sur mon entier dévouement. »
Dans cette lettre si digne, si remarquable par sa précision, M. Duperré ne dit rien de la croix de la Légion d'honneur ni même du grade supérieur pour lesquels il a été proposé par le chef témoin de ses efforts et de leur succès. Il ne demande qu'une chose, c'est un bâtiment, un simple aviso; poiu^u qu'il reprenne la mer, il sera satisfait, il sera reconnaissant!
Le 20 septembre i8o5, M. Bonnefoux écrivit de nouveau la plus flatteuse lettre pour rappeler au ministre ses précédentes demandes, restées sans aucun effet pour M. Duperré. « Son activité et son expérience, disait le préfet maritime , ont beaucoup contribué à la célérité de l'armement et des opérations de la flottille; je pense donc, monseigneur, qu'il est de mon devoir de vous inviter, au nom de la justice et de l'intérêt du
fi2 VIE DE L'AMIRAL DUPERRE.
service, à vouloir bien faire quelque chose en faveur d^un officier aussi estimable. •
Informé de la nouvelle sollicitation dont il venait d ctre Tobjct, M, Duperré crut devoir s adresser encore une fois directement au ministre. « Depuis vingt et un mois, disait-il, je sers et dans Tétat-major général de la flottille et dans Tétat- major particulier du préfet maritime; je débutais dans ce genre de service. Xai été assez heureux pour remj^r avec quelque succès diverses missions qui m'ont été confiées et par Famiral et par le préfet, missions qui avaient pour but l'armement et la prompte réunion des bâtiments. Tous deux ont bien voulu m'honorer de quelques preuves d'estime, et même vous les transmettre
« C'est par un service actif à la mer que je brûle d'acquérir de nouveaux titi es à votre bienveillance et de pouvoir en obtenir un jour la récompense. Vous avez daigné manifester l'intention de m'accorder le commandement de quelque corvette ou aviso ; veuillez agréer la demande que j'ose encore vous en (aire avec la plus vive instance. Quelque mission dont vous daigniez m'honorer, je tâcherai de vous prouver par la volonté la mieux prononcée, le zèle le plus actif et le dévouement le plus complet, que je pouvais mériter cette faveur. •
Assurément, il était impossible d'exprimer en termes plus convenables, plus dignes, un vœu plus légitime et plus honorable ; mais le mérite devenait évident, notoire : déjà peut-être renvie se dressait sous ses pas!