CHAPITRE III
Bien résolu à reprendre la mer, dont la puissante attraction est irrésistible pour certaines organisations, à défaut d*un commandement, M. Duperré obtint du moins dTètre embarqué siur le vaisseau le Vétéran, commandé par le prince Jérôme Bonaparte, frère de l'empereur.
Le désastre de Trafalgar ayant déjoué les vastes combinaisons maritimes de Napoléon, il avait renoncé à la pensée de s'élancer siur les rivages de TÂngieterre pour arriver à Londres et frapper au cœur la puissance britannique. Mais , en attendant que ses grands desseins sur le continent lui permissent de revenir à cette pensée, il voulut, par des coups soudains et répétés , paralyser les extrémités de cette puissance en ruinant son commerce maritime et colonial.
Des escadres, des divisions légères, des bâtiments isolés, détachés de Tarmée navale, désormais Impuissante à disputer Templre des mers dans une bataille rangée, se dispersèrent au loin avec Tunique ordre de faire à Tenneml le plus de mal possible, en s'attaquant à son commerce ainsi qu'à ses établissements coloniaux.
L'une des escadres, commandée par M. le contreamiral Willaumez, se composait de six vaisseaux et de deux frégates, savoir :
Vaisseaui.
Le Foudroyant, Le Vétéran, IjC Cassard,
Canons. Capitaines.
80 Henry (Antoine).
7/1 Bonaparte (Jérôme)
7/4 FaC'RE (Amablc).
M. Duperré
t*emb«r^e •or {« VcUrtM,
commanda
par le prince
JérAme
Bonaparte.
Le ViUran fait partie de Tescadre du conlre-amira WilUomci.
hh
DLPERRE.
Vaisseaux.
Canons.
Capiiaiocs.
L'Impétueux,
Le Veïer-Bclair.
L'ÉoU,
Prévost-Delacro»
Frégates.
La Valeureuse,
Kercarioc.
La Volontaire,
Brétel.
Sortie de Brest ie i3 décembre i8o5, cette escadre se porta d'abord sur le cap de Bonne-Espérance; croisa sur la vaste mer qui roide entre les continents d'Afrique et d'Amérique; fit une relâche au Brésil, puis à Calenne, d'où elle se rendit dans la mer des Antilles; et là, battue par une effroyable tempête , elle fut dispersée vers les débouquements de Bahama.
Nous n'avons à nous occuper ici que du vaisseau le Vétéran, sur lequel M. Duperré se trouvait embarqué comme lieutenant de vaisseau.
Ainsi que plusieurs autres bâtiments de l'escadre, le Vétéran avait été séparé du pavillon amiral. Isolé dans des parages où l'ennemi se trouvait en forces, il fit route pour opérer son retour en France. Chassé par une division anglaise , et ne pouvant espérer de tromper la vigilance des croisières établies devant Brest et Lorient, ce vaisseau parvint à se réfugier dans la baie de la Foret, puis dans l'arrière-port de Concameau, jusque-là jugés inaccessibles aux bâtiments de ce tirant d'eau. Mauiéf^ Comme toujours et partout, M. Duperré s'était dis-
ci.M.Dr,Lé tingué même au milieu de l'état-major d'élite dont le '"' '* *'*•'"• prince Jérôme avait su s'entourer. Pendant une campagne de près d'une année dans les mei-s des Imles orientales p| oeci(lenl€ile.v, il avait vu le vaisseau tour à tour aux