‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 22 sur 155 · CHAPITRE III. Ub · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. Ub

prises avec les éléments déchaînés ou manœuvrant sous le canon de Tennemî ; il s'était de plus en plus initié à Tari difficile d'inspirer le respect et le dévouement à un nombreux équipage éprouvé par les privations d'une longue croisière; enfin, ses connaissances nautiques et militaires semblaient arrivées à ce degré de maturité qui permet à l'homme de mer, sûr de lui-même, de répondre des autres.

Etait-il de quart : la sécurité du commandant pouvait être entière. Silencieux et attentif, rien n'échappait à son regard, incessanmient dirigé sur le compas, l'horizon et le gréement. Aussi jamais sa vigilance ne (ut trompée par ces grains instantanés, ces brusques sautes de vent qui souvent surprennent le navigateur sous les tropiques. Dès le premier indice, toutes ses mesures étaient prises avec autant de prévoyance que de prudence; il plaçait un homme à chaque drisse, et faisait descendre dans la batterie de 2 4 tous ceux dont il n avait pas besoin pour le moment, afin de les avoir plus dispos au premier coup de sifflet du maître d'équipage. Le danger venu, il le dominait par la fermeté et la puissance de son commandement. Sa voix , retentissant de l'arrière à l'avant du vaisseau , s'élevait jusqu'au plus haut de la mâture avec un accent qui se faisait obéir avec la rapidité de l'éclair.

Un incendie se déclare, le 10 avril 1806, dans la cuisine du vaisseau. M. Duperré s'aperçoit du danger, s'y précipite avec quelques marins et canonniers, qu'il dirige avec autant de présence d'esprit cpie de sang-

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froid , et parvient à étouffer les flammes, avant même que le reste de Téquipage ait pu se douter d'un accident dont les suites menaçaient d'être si funestes.

Au mois d'août suivant, le Vétéran atteignit un convoi de seize voiles, escorté par une frégate anglaise. Avec une embarcation montée par une vingtaine d'hommes, M. Duperré parvint à amariner plusieurs de ces navires, malgré le signal de sauve qui peut, fait par la frégate à l'approche du vaisseau.

Il ne se distingua pas moins par son ardeur dans l'engagement que le Vétéran eut avec les forts de l'île anglaise de Saint-Giristophe , dans la mer des Antilles. Il nt nomm^ ^^ rctour dc la campagne , et sur la pressante soUijT^fr^û citation du prince conmiandant le Vétéran, M. Duperré à «on r«to«r fut promu, Ic 2 3 septembre 1 806, au grade de capitaine de frégate. ■ Vous devez cet avancement, lui écrivit le nS octobre 1806 le ministre, aux témoignages avantageux qui ont été rendus à Sa Majesté de votre zèle et de votre expérience. Je ne doute point que vous ne redoubliez d'efforts pour le justiGer et acquérir de nouveaux droits aux grâces de l'empereur. »

iiprtxi A la même date du 28 octobre 1806, M. Duperré

^à^i ^^^* reçu, avec l'avis de sa promotion, l'ordre de d« fa Salin*, prendre le commandement de la frégate la Sirène.

Cette frégate , construite au Havre, en 1790, sur les plans de M. Forfait, avait été refondue sans rien perdre de sa marche supérieure. Armée à Brest en septembre

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