‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 28 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Lui-même, averti par cet instinct de la gloire qui adfermit et élève Tâme, M. Duperré se dirigeait résolument et plein d'espérance vers ces mers de Flnde, théâtre des plus brillants exploits de la marine française depuis le xvni* siècle.

La Bellone avait subi avec succès les premières Navigation. épreuvesde la navigation, lorsque, le 2 ^janvier 1809, après avoir donné chasse à im brick anglais, elle le tint sous son canon jusqu'à ce que l'état de la mer lui permit d'en prendre possession : c'était le John and Mary, se rendant de Liverpool au Brésil ; M. le capitaine Duperré en fit retirer seize hommes , trois barils de piastres et deux petites caisses contenant de l'or, valeurs dont procès-verbal fut dressé aussitôt après l'apposition des scellés. Le q5, le mauvais temps réclamant les efforts de tout l'équipage de la Bellone, les hommes embarqués sur la prise reçurent l'ordre de la livrer aux flammes et de raUier la frégate.

Le 29, un autre brick, la Fanny, se rendant de Liverpool à Oporto, fut aussi brûlé, et la Bellone reçut son équipage , composé de sept hommes.

Après avoir donné chasse à nombre de voiles, infructueusement pour ne pas trop dévier de sa route, la Bellone captura, le 1 6 février 1 809, le brick anglais tElisabeth, chargé de denrées coloniales du Brésil pour Gibraltar. L'équipage, au nombre de 1 2 hommes , ainsi que 24 caisses de kina, fut embarqué sur la frégate.

Le 2 1 février, les îles Canaries avaient été doublées, et la Bellone, parvenue le 26 sur le parallèle de Tex-

tréinité S. des iies du Cap-Verl, Ht roule pour couper la ligne entre les 1 5 et 20 degrés de longitude occidentale.

<.H.L.t Dans la matinée du 8 mars 1 809, la Bellone se trou-

et caplare ,,. ,, «. 111

j. tro»^»iti vait à pleine vue d un grand trois-màts qu elle poursuiip M^.N« • vait depuis la veille. Après s'être mise en branle-bas de combat et avoir échangé quelques coups de canon avec ce bâtiment, qui avait arboré le pavillon portugais, la frégate força de voiles et panint à se placer par la hanche de tribord de Tennemi en hissant alors seulement les couleurs françaises. Malgré tous les avertissements de M. le capitaine Dupen^é pour éviter Teflusion du sang, il dut se résoudre à lancer sa volée au bâtiment ennemi , qui , dans une position aussi critique , avait eu la témérité d'engager un combat évidemment impossible à soutenir. Au bout de vingt minutes, le pavillon brésilien fut amené sous le feu de la frégate. Le bâtiment ainsi réduit était le Spirila-Sancto^ armé de 1 8 à 'io canons : chaîné d'un grand nombre de passagers et d'une riche cai^aison de marchandises, il se rendait (le Lisbonne au Brésil. M. le capitaine Duperré fit donner les soins les plus empressés aux blessés, ordonna (le jeter la cai^aison dans la mer et de « porter le plus grand respect à toutes les propriétés particidicres des passagers , » selon les propres expressions de son journal (le bord. Malgré ses justes gi'iefs, il expédia sans rançon le bâtiment au Brésil avec mi cartel (rechange pour cent cinquante prisonniers portugais et trente-six Vnglais dont il voulut se débarrasser.

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