‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 29 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dans cet engagement, la Bellone eut trois hommes tués, les matelots Gelée, Provost et Corlouer, et cinq blessés, dont deux grièvement, les nommés Boens et Guillemin. M. Henry, enseigne de vaisseau non entretenu, atteint d'un biscaîen au genou, mourut le 24 mars. « Ce brave et estimable ofiBcier, dit le journal de M. le capitaine Duperré, commandait la batterie. C'est à son zèle et à son courage que je dois d'avoir paralysé le feu de l'ennemi , ce qui me fait doublement regretter qu'il en soit la victime. »

L'exercice général du canon, de la mousqueterie et de l'abordage se renouvelait à bord aussi souvent que le permettaient les circonstances de la navigation.

Le 3 1 mars, un brick an^is, le Hound, se rendant de Montevideo à Londres, fut capturé et aussitôt brûlé, laissant vingt prisonniers à la Bellone.

L'esprit infatigable de M. le capitaine Duperré s'étendait à tout. Dans son journal de bord, on le voit tenant compte des diverses influences atmosphériques et nautiques , rectifiant ou complétant les cartes marines, suivant assidûment la marche des montres et des autres instruments d'observation, enfin étudiant les allures de sa frégate dans toutes les mers et sous toutes les voilures , pour en rester maître dans la tempéte comme en présence de l'ennemi.

Il s'armait ainsi de cette expérience approfondie , complète, qui explicpie ses constants succès dans sa campagne de l'Inde et pendant toute sa carrière'.

* Afin de ne pas ralentir le récit et de présenter arec ensemble les

EMrctrr».

Le 8 avril , il détormina le gisement des iles Tristan d'Acuna, alors inexactement indiquées sm* les cartes françaises et an^ises, iles quil conseillait de reconnaître en venant des mers d*Emx)pe, afin de corriger des erreurs de route fréquentes et dangereuses, avant de chercher à doubler le cap de Bonne-Espérance.

Le 8 mai, la Bellone, parvenue à trente-six lieues de rile-de-France, se trouvait dans les eaux d'un bâtiment à trois mâts. M. le capitaine Duperré jugea que ce pouvait ôtre une frégate détachée en éclaireur de la croisière ennemie établie devant cette colonie , dont les armements causaient de si grands dommages au commerce anglais. Il fit fausse route, évita avec bonheur plusieurs autres voiles qui semblaient obéir à la manœuvre de la frégate suspecte , et se résigna à recevoir d'une autre frégate deux boulets sans riposter, afin de ne pas compromettre sa mission au moment même d'en atteindre le premier but.

Le 1 1 mai, à la distance de vingt lieues, le morne Brobant apparat à Fhorizon. Tour à tour retenue par des calmes ou contrariée par des orages pendant lesquels le fluide électrique circula plus d'une fois entre ses mâts, la Bellone parvint enfin à gagner sous voiles le Port-Napoléon, oîi elle laissa tomber l'ancre le 1 4 mai 1809, vers midi.

plus importantes observations de M. l\imiral Duperré pendant sa longue carrière, nous les reproduisons aux Annexes, où il sera d'ailleurs plus facile de les retrouver.

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