‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 30 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Environ dix -sept années s'étaient écoulées depuis èui

SorÛMBl

que M. Duperré avait abordé pour la première fois à nie-de-France sur le navire le Henri IV. Il retrouvait la colonie plus florissante que jamais, sous l'administration ferme et habile de M. le général Decaen, dont l'autorité s^étendait à toutes les possessions françaises situées par delà le cap de Bonne-Espérance. Lui-même, il reparaissait capitaine de vaisseau, commandant une belle frégate , dans ces mêmes parages où il avait fait si courageusement le rude apprentissage de la mer, et où son nom n allait pas tarder à recevoir le plus glorieux retentissement.

Parfaitement réparée et regréée , la Bellone reçut six mois de vivres pour im équipage de 870 hommes, et se trouvait prête à reprendre la mer dès le mois de juillet.

Le 4 sioût 1 809 , M. le capitaine Duperré reçut du Pmui^ capitaine général l'ordre de se rendre dans les eaux d«'r!fciUf. de Madagascar poiu* fonder im établissement aux îles Sainte-Luce, puis de tenir une croisière dans les mers de l'Inde.

L'Ile-de-France était à ce moment étroitement bloquée par une division anglaise. Désireux de remplir sa mission sans plus tarder, M. le capitaine Duperré appareilla le 1 o août à midi par une fraîche brise du S. E., en vue d'un vaisseau, d'une frégate et d'une corvette ennemis. A peine hors des passes, la Bellone^ se voyant gagner par le vaisseau, que poussait sur elle le vent du

iai^e, n hésite pas à hisser son pavillon aux cris de vire V Empereur! Habile à profller des moindres varialions du vent et des meilleures allures de sa firégate, sans s'écarter directement du vaisseau, M. le capitaine Duperré parvint à s'en faire abandonner le lendemain 19, au N. de Tile de Bourbon. « Au jour, dit-il dans son journal de bord , je fais explorer Thorizon : rien n'est en vue. Je fais alors rompre mon branle-bas de combat pour donner du repos à mon équipage. D'après ses dispositions, il m'avait donné lieu d'espérer de me tirer avantageusement de la lutte inégale dans laquelle je pouvais être engagé. »

Continuant d'étudier sa frégate sous toutes les voilures, il resta convaincu , après plusieurs épreuves attentivement renouvelées, qu'elle gagnait à peu près un demi-mille de vitesse à l'heure avec sa grande voile amurée en dehors.

M Dopmê Le 28 aoiit, la Bdlone se trouvant siu* le parallèle uu rubli.Ir.rut ^^^ ^'^^ Saint c-Lucc , M. le capitaine Duperré fixa la «« île, route à l'O. N. O. et découvrit le lendemain les terres

*^jinlr-Larr.

de Madagascar dans cette même direction. Mais, tour il tour assaillie par de fréquents orages, contrariée par les vents, battue par une mer furieuse et drossée par des courants très-rapides portant du N. E. au S. O., ce ne fut que le 1 i septembre que la frégate parvint à prendre niouillage par le travers de l'îlot le plus S. du groupe des îles Sainte-Luce.

Le personnel et le nmtéricl destinés à former un établissement sur ce point furent débarqués, et M. Du-

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