CHAPITRE IV. G
perré fit tout ce qui dépendait de lui pour assurer le succès de cet établissement, qu'il jugeait très-important pour rile-de-France dans les circonstances où se trouvait la colonie.
Après avoir renouvelé son eau et ses vivres, la Bel- Navigation. lone remit sous voiles le 1 3 septembre. L'intention de M. le capitaine Duperré était de continuer sa croisière en traversant l'archipel situé dans le N. E. de Madagascar; mais le 22, les vents étant arrivés à TE. et TE. N. E. , il résolut de passer sous le vent de toutes les îles, puis de courir sous toutes voiles vers l'équateur.
Favorisé dans cette navigation par le temps, il multiplia fréquemment l'exercice du canon, de la mousquetcrie, de l'abordage et de la manœuvre, tantôt alternativement, tantôt simultanément.
Le 16 octobre, il traversa le canal des Maldives, prolongeant à deux lieues de distance l'île Malique, dont il rectifia la position astronomique et dressa le plan hydrographique.
Du 20 au 22 octobre, la Bellone croisa entre les parallèles de 5 degrés et de l'île de Ceylan, sans découvrir une seule voile dans ces parages, d'ordinaire si fréquentes. Cette observation, déjà significative, fut bientôt confirmée par des indices atmosphériques trop continus pour être attribués à la lunaison, et M. le capitaine Duperré ne put douter du prochain reversement de la mousson.
Il était arrivé à l'époque fixée par ses instructions pour lever la croisière. Au lieu de la prolonger jusqu'à
la côte d'Orixa, il était décidé à se diriger vers le cap Négraille, en s'élevant promptement dans TE., pour profiter des vents d'E. et d'E, N. E. , qui lui permettraient de se porter dans le N.
Cette route présentait l'avantage de parcourir le parallèle de Ceylan, allant à la rencontre des bâtiments sortis de Poulopinam et du détroit de Malacca , et de se tenir à Tintersection des bâtiments se rendant du golfe du Bengale au cap de Bonne -Espérance et en Europe.
Cependant, le q5 octobre, les vents tenaient ferme dans la direction du S. O. : il était donc très-probable que le départ des bâtiments qui se trouvaient dans le Gange avait été retardé. La Bellone se couvrit de toile pour arriver à Tembouchure du fleuve avant la sortie de ces bâtiments et porter un coup sensible à la compagnie qui tenait Tlnde sous sa domination.
Parvenue depuis le 3o octobre sur la côte d'Orixa, déjà la Bellone avait infructueusement donné cliasse à plusieiurs voiles, lorsque le 3 novembre, à dix heures du matin, elle se vit approcher par un bâtiment qui semblait vouloir la reconnaître. Pour lui inspirer plus de confiance et fattirer dans ses eaux, la frégate se mit sous toutes voiles, mais en ralingue. Le temps était pur, la mer belle , la brise soufflant du N. E. à TE. N. E. A 3 heures, virant soudain sur le bâtiment, qui se trouvait à environ 5 miUes dans la hanche du vent , la Bellone cherche à le primer de manœuvre. Le bâtiment prolonge un peu sa bordée, puis vire en hissant des