‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 33 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

antagoniste qui , profitant de la distance que cette manœuvre lui laisse, vire de bord et prend chasse grand lai^e sous toutes voiles.

Pendant toute la nuit chacun reste à son poste , brûlant de rejoindre Fennemi , dont la fuite est favorisée par le vent.

Enfin, le lendemain a 3 novembre, à neuf heures du matin , les deux frégates sont à demi-portée de canon. Les hunes et les passavants de la frégate ennemie sont garnis d'une forte mousqueterie , et tout annonce en elle la résolution d'opposer une vigoureuse résistance.

LaBellone, privée de 70 honmies de son équipage, successivement passés sur les prises , a de plus à contenir 160 prisonniers, qui n'attendent que l'instant propice pour recouvrer leur liberté. Mais l'enthousiasme ne laisse aucun doute sur le résultat de la lutte , bien qu'elle soit matériellement inégale.

A neuf heures quinze minutes, /aJ?6//one se trouvait, à grande portée de fusil , par la hanche du vent et de l'ennemi, qui vire lof pour lof et s'oriente à l'autre bord en ouvrant son feu. La Bellone le suit dans ce mouvement, qui lui ofire l'avantage d'une enfilade à poupe. L'ennemi exécute la même évolution en reprenant lof pour lof ses amures à tribord, et expose encore une fois sa poupe à la Bellone, qui profite de ce nouvel avantage. Il se met vent arrière sous la misaine, les himiers et les perroquets. La Bellone prend poste un peu par la hanche de tribord et le serre au feu à simple portée

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de fusil. Vigoureusement servi, le feu se prolonge pendant sept quarts d'heure. Criblé dans sa mâture, dans son gréement et dans sa coque, Tennemi laisse abattre son pavillon aux cris répétés de vive V Empereur! poussés par l'équipage de la Bellone.

A onze heures et demie le combat a cessé ; vers midi , la frégate réduite est amarinée par ordre de M. le commandant Duperré.

Grâce à la complète supériorité de sa manœuvre, à la fois prudente et hardie, il neut à regretter que la perte d'un seul homme, le maître voilier Bance, tué dans l'engagement de la veille.

La Minerve (tel était le nom de la frégate ennemie), capitaine Pinto, était armée de 48 bouches à feu, savoir : batterie, 28 canons de 18 et 2 caronades; gaillards, 1 8 pièces , les unes, caronades de 24> les autres canons de 8. Son équipage se composait de 35o Européens et de 20 noirs. Sortie du Gange le 21 novembre, la Minerve se rendait au Brésil.

M. le commandant Duperré fit passer à son bord tous les prisonniers, au nombre de plus de 5oo, en prenant les précautions jugées nécessaires à la sûreté de la frégate , et confia le commandement de la Minerve à M. Breton, qui fut remplacé sur le Victor par M. Fougeray, enseigne de vaisseau.

Larguant, le 27 novembre, la remorque qu'elle donnait à la Minerve , la Bellone poursuivit et captura r Amiral Drnry, navire anglais allant de la côte de Coromandel au Bengale avec un chargement de sel. Le

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