CHAPITRE IV
rimpossibilité de renouveler Fattaque , car son mât de hune et son mât de perroquet tombent.
A rinstant même M. le commandant Duperré signale qu'il veut engager une affaire décisive et fait saluer son pavillon de trois cris de vive V Empereur! A cinq heures et demie, forçant de voiles, la Bellone prolonge sous le vent et à portée de pistolet la ligne ennemie, puis s'arrête par le travers du vaisseau du centre, qui porte le guidon du commodore. Là, elle ouvre son feu sur les trois vaisseaux qui ripostent par des bordées et une vive mousqueterie. Le vaisseau commandant est bientôt écrasé. La Bellone se rapproche alors du vaisseau de tête , qu'elle juge le mieux armé et qu'elle s'attache plus particulièrement à combattre ; il ne tarde pas à se laisser culer.
Le vaisseau commandant, qui se trouve de nouveau par le travers de la Bellone, lui hèle qu'il amène. Une embarcation s'affale pour aller l'amariner, mais elle est coulant bas d'eau le long de la Bellone , qui s'occupe d'en sauver l'équipage. Profitant de cet incident, le vaisseau qu'elle serrait au feu laisse arriver et lui passe à poupe ; mais elle exécute le même mouvement, le foudroie par son travers bord à bord , éteint son feu et l'oblige d'amener.
Ce vaisseau se trouvait sous le canon de la Minerve et du Victor, qui, dans la pensée de M. le commandant Duperré, allaient l'amariner.
La Bellone s'attaque donc au ti'oisième vaisseau , lui lance deux volées qui le décident aussi à amener.
Elle se dirige sur la Minerve avec les deux vaisseaux réduits par son feu et la rallie à dix heures.
Le troisième vaisseau avait profité de Tobscurité de la nuit pour se dérober en forçant de voiles, et ce fut vainement que le Victor se mit à sa poursuite.
Après avoir passé la nuit en panne à se réparer, la division se dirigea sur la relâche d'Anjouan.
Les deux vaisseaux amarinés étaient le Windham et le Ceylon, de 3o canons; le fuyard était VAstelU de ^o canons. Ils avaient chacun à bord environ cinq cents hommes, équipage et passagers; ces passagers appartenaient au 2 4^ r^iment d'infanterie. Un officier général était embarqué sur /e Windham; le colonel et les drapeaux du régiment se trouvaient sur le Ceylon ^ ce qui explique la vive résistance opposée par ces deux vaisseaux.
RrUrkr Lc 6 juiUct, la division, accrue des deux vaisseaux
d^Jj^Hul* capturés , entra dans la baie d'Anjouan dont M. le com- .«fc dru niandant Duperré détermina le meilleur mouillage.
les «MWMU ^ ^
"^"ts. Les prisonniers, au nombre de huit cents, furent réu-
nis sous des tentes entourées d^une forte garde et dominées par les batteries de la division.
TiCS avaries réparées avec une extrême activité, Teau et les approvisionnements renouvelés avec facilité, la division appareilla le 1 7 juillet, laissant au sultan d^Anjouan quelques caronades, des fusils et de la poudre , pour Tcntretenir en bonnes dispositions à T^ard de la France.
M. le commandant Duperré donna le commandement.