CHAPITRE IV
fut arrêté par un banc de corail où il resta échoué pendant toute la nuit.
Le lendemain 23, dans l'après-midi, deux nouvelles (régates, Flphigénie et la Magicienne ^ de 36 canons de 1 8 , capitaines Lambert et Curtis, rallièrent la Néréide et le Syrias.
S'attendant à une prochaine attaque, M. le commandant Duperré qui, dès le matin, tenait sa division en branle-bas de combat, se rendit en personne à bord de chaque bâtiment pour s^assurer que toutes les dispositions étaient bien prises pour soutenir dignement une lutte de plus en plus imminente. Il trouva les officiers et les équipages animés du plus enthousiaste dévouement. «Au milieu, dit-il, des cris de vive tEmpereur! nous jurâmes de nous défendre ; nous jurâmes même de vaincre. »
Enfin, vers les cinq heures du soir, les quatre frégates ennemies s'avancent sous le petit foc et la brigantine : Fime se dirige conXtelaMinerve , une autre contre le Ceylon, deux contre la Bellone.
A cinq heures et demie le feu commence. Les premières volées de Tennemi coupent les embossures de la Minerve et du Ceylon, qui tombent en dérive vers les récifs. Au même moment, la Néréide s'embosse par la joue de la Bellone, qui largue son amarre d'avant pour ne pas lui laisser l'avantage de cette position; bientôt la Bellone se voit aussi forcée de filer son amarre d'arrière.
Ne pouvant parvenir à gouverner, la Minerve et le Ceylon vont s'échouer bord à bord de la Bellone, mais
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du côte de terre : leur feu se trouve ainsi complètement masqué. Seule, la Btllone prête le travers k trois frégates ennemies embossées, et reçoit aussi le feu de chasse de la quatrième frégate, c[ui, s'étant échouée , lui présentait Tavant.
Le combat s'anime avec ime ardeur indicible. La Bellonc réduit la Néréide au silence. Le feu des autres frégates ennemies se ralentit, tandis que celui de la Bellonc, alimenté par des hommes et des munitions de la Minerve , redouble de vivacité. Une seide bouche à feu de la Minerve et quatre du Ceylon paniennent à jouer dans la direction de Fennemi.
A dix heures et demie du soir, après cinq heures d'efforts héroïques, M. le commandant Duperré, atteint à la tète par la mitraille , est renversé du pont dans la batterie , où il tombe ensanglanté et presque privé de sentiment.
M. le capitaine de frégate Bouvet passe aussitôt de la Minerve sur la Bellone et prend le commandement. (. Je pus à peine, dit M. Duperré dans son journal, lui faire connaître mes intentions. Mais ce brave officier m'avait deviné : jamais on ne montra volonté plus prononcée de vaincre. Les officiers de la di\îsion partageaient tous cette volonté et la manifestèrent au même instant. *•
A onze heures, fennemi cesse son feu.
La division française prend im instant de repos, puis reconunence le feu, auquel fennemi répond par intervalle.
Le lendemain, 24 août, au lever du soleil, le yachi