‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 41 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

anglais flottait encore en haut du mât de misaine de la Néréide. La Magicienne fréseniaii le travers, le Syrias Tavant, mais cette frégate était échouée; enfin, Vlphigénie, entièrement masquée par la Néréide, ne pouvait prendre qu^une faible part au combat.

Quelques pièces dirigées sur la Néréide abaiient enfin le yacht, que Tétat de son gréement ne lui avait pas permis d'amener de la pomme de misaine.

La canonnade se prolonge jusqu'à deux heures.

Le soir, Téquipage de la Magicienne la livre aux flammes et l'évacué.

La division française passe la nuit à se préserver de l'incendie de cette fi'égate, à déblayer la Néréide, dont M. Roussin, lieutenant de vaisseau, a pris possession, à soulager les blessés et à inhumer les morts.

Le 25 , au point du jour, après avoir tenté de riposter au feu de la division , le Syrius évacue son équipage et s'incendie. Vainement M. le capitaine Bouvet tente d'éteindre cet incendie, le Syniw saute.

Des quatre frégates ennemies il ne restait donc plus que riphigénie, qui, dans l'après-midi , parvint à se touer hors de la portée de canon.

La Bellone se disposait à poursuivre cette dernière frégate lorsque celle-ci alla se réfugier sous l'île de la Passe, encore au pouvoir de l'ennemi.

Au premier bruit du canon, ime division de trois frégates et un brick, conunandée par M. le capitaine de vaisseau Hamelin , était sortie du port Napoléon pour se porter sur le théâtre du combat.

M. le capitaine général Decaen , accouru lui-même au Grand-Port, arbora le 28 son pavillon sur la Minerve. Sur sa sommation, et à la vue de la division Hamelin« le fort ainsi que Vlphigénie se rendirent.

Le nombre des tués et blessés de la division française est fixé de la manière suivante dans le journal de bord de M. le commandant Duperré.

Nom» des bâtiments. Tues. Blessé».

La Bellone i3 35

La Minerve 1 5 &a

Le Victor 4 1

Le Ceylon U 19

Détachement de la Manche .... 1 5

Total 36 11a

La peile de Tennemi fut très-considérable^; deux de ses frégates, la Néréide et Vlphigénie, ainsi quun grand nombre de prisonniers ,- restaient en notre pouvoir.

L'état des blessures de M. le commandant Duperré

lui permit de reprendre, le 7 septembre, le conunande-

ment de la division, qui, le 1 6 octobre suivant, entra

dans le port Napoléon aux acclamations de la fouie ac-

comme pour saluer notre pavillon vainqueur,

F»tq»ikox»r« Nous rapporterous ici un fait dont l'exactitude nous

«e.»ctrr« ^^^ garautic par im témoin ocidaire et digne de toute

^'^'a!!^ confiance. Parmi les armes dont la remise avait été faite

Duperré. 4 fj[^ jg commaudaut Duperré à la suite du glorieux

combat qu'il venait de livrer au Grand-Port» se trouvait

' Cette perle est évaluée à 276 tués et blessés, par M. James {The naval History of Great Britain, etc, , t. V, p. 387-388).

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un sabre d'une magnificence tout orientale donné par la compagnie de rinde au Commodore Pym, en mémoire, disait la légende, de sa victoire sur M. Linois dans lat- -taque du convoi de Chine.

Le neveu du commodore réclamant ce sabre , M. le commandant Duperré s y refusa, attendu que, M* Linois n'ayant pas été vaincu, Tinscription était aussi fausse qu'outrageante pour cet officier général. « La poignée est trop riche, » se permit d'ajouter le jeune homme. Posant la lame sur le pont, M. Duperré met le pied dessus, la casse et la jette à la mer, puis il remet la poignée et le fourreau en disant : «Je vous rends, monsieur, ce que vous trouvez de plus précieux. »

et r«JJitioii nie- J«- Franc*.

Plusieurs croisières parties de Flle-de-France avaient , Aiuqt comme celles de la Bellone, causé beaucoup de préjudice au commerce et sensiblement atteint le prestige du pavillon anglais dans ces parages si fréquentés.

C'en fut assez pour décider le gouvernement , d'accord avec la compagnie, à n'épargner aucun sacrifice, aucun efibrt pour enlever à la France une possession si digne de porter son nom.

Le moment dut leur paraître opportun, les nécessités de la lutte continentale que la France soutenait ne lui ayant pas permis de pourvoir efficacement à la défense de cette importante colonie dont la garnison se trouvait réduite à une poignée de braves soldats.

Depuis le 20 octobre 1 8 10, les forces ennemies s'amoncelaient devant le port Napoléon. Une attaque parut probable, et la colonie dut prendre des mesures de défense. L'entrée du port était gardée par deux batteries flottantes. Tune servant de vaisseau amiral, Fautre de prison.

Sur la demande de M. le commandant Duperré, agréée par M. le capitaine général, ces deux batteries flottantes furent remplacées par une ligne de (régates embossées, beaupré sur poupe, dans Tordre suivant: la Manche, VAstrée, la Bellone.

Des le 35 octobre cette ligne se trouvait formée sous le commandement de M. le capitaine de vaisseau Dornal de Guy.

Chacime des quatre frégates dut envoyer à terre sa garnison militaire , ses canonniers et une compagnie de marins.

La Bellone fournit pour contingent deux compagnies, Tune composée de 36 artiUeurs de la marine, Fautre de 1 00 marins.

Les prisonniers de guerre, au nombre de plus de 1,000 hommes, furent transportés sur la rade et répartis entre les frégates la Minerve et la Néréide désarmées.

Le 2 6 octobre, les nombreuses voiles aperçues dans les derniers jours du mois de septembre avaient disparu.

Cependant , peu rassui-é par celte disparition , qui pouvait n'être que momentanée et avoir poiu but d'inspirer

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