‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 42 sur 155 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

une fausse sécurité, M. le capitaine générai Decaen continua d*oi^aniser et d'exercer avec la plus grande activité les compagnies de marins, en même temps cju'il prescrivait les travaux et toutes les mesures nécessaires à la défense de l'île. .

De son côté, M. le commandant Duperré poursuivit, autant que le permettait la pénurie du port, les réparations réclamées par Tétat de sa division.

Le 26 novembre, trente-quatre voiles, dont trois étaient présumées être des vaisseaux, furent signalées dans le vent.

Ne pouvant plus douter d'une prochaine attaque, M. le capitaine général Decaen réunit les capitaines des frégates formant la ligne d'embossage, afin d'arrêter un système de défense pour le port.

Outre les batteries de l'île aux Tonneliers et du fort Blanc, situées à droite et à gauche, l'entrée du port était fermée par ime chaîne en bois.

Ces moyens ne parurent pas suffisants. Il fut décidé que l'entrée, d'ailleurs très-étroite, du port serait fermée par ime chaîne composée de deux câbles fixés à chaque extrémité sur im bâtiment coulé, et suspendus par intervalles sur des bateaux aiuqucls ils seraient cramponnés.

Le 27 novembre, la chaîne fut établie par MM. les capitaines de vaisseau commandant les frégates, et la ligne d'embossage fut serrée aussi près que possible, après s'être renforcée de la Minerve, qui avait pris poste en se débarrassant de ses prisonniers, transportés sur

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un autre bâtiment. Un pont établit la communication entre chaque frégate, et la ligne d'embossage, impossible k doubler parla tète ou par la queue, présentait un front formidable.

Le 29 novembre, Tennemi fut signalé au vent, et bientôt son nombre s'éleva jusqu^à soixante et quatorze voiles. Dans la matinée, il prit mouillage sur la côte de la Poudre-d'Or et vers la Grande-Baie. A onze heures, le débarquement des troupes conunença sans qu'il fût possible de s y opposer sur ce point, complètement privé de moyens de défense par Tinsufifisance de la garnison.

Le 1 ^ décembre , Tennemi s^avança vers le port Napoléon. Quelques détachements qui s'étaient portés dans sa direction, cédant au grand nombre, durent se replier sur les lignes du port. A sept heures du matin, un bataillon de cipayes occupa la montagne Longue, et l'ennemi marcha vers le port en colonne serrée formée de troupes européennes.

Accueilli par l'artillerie des lignes, l'ennemi fut contraint de se replier vers dix heures du matin.

Dans l'après-midi , toute la flotte anglaise vint mouiller dans la baie du Tombeau, située à deux lieues dans le N. £. du port Napoléon; elle se renforça de dix-sept bâtiments et opéra un nouveau débarquement.

Dans la nuit, le capitaine général réunit tous les hommes en état de combattre et les quatre irégates formant la ligne de défense de la rade durent fournir chacune une nouvelle compagnie de 00 hommes.

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