CHAPITRE V
Le 8 mars suivant, M. le contre-amiral Duperré fut reconnu en cette qualité par un ordre du jour de M. le vice-amiral Villaret-Joyeuse, gouverneur de Venise.
Par les travaux qui se poursuivaient à Venise, cet Arsenni arsenal semblait promettre de dédommager en partie la France de la perte à jamais regrettable de Malte.
Une flottille s'oi^anisait à Venise pour la défense des lagimes; des vaisseaux y avaient été construits ; d'autres étaient sur les chantiers; enfin, il fallait imprimer lunité à cette marine franco-italienne, qui pouvait être appelée à jouer im rôle très-important dans toute la Méditerranée. M. le contre-amiral Duperré, dont le pavillon avait été arboré sur le vaisseau français le Castiglione, imprima la plus vigoureuse impulsion à tous les travaux ainsi qu'aux opérations maritimes.
Par une juste prévision, qui ne tarda pas à se réaliser, il insista particulièrement pour l'immédiat approvisionnement de la marine.
A la suite des désastres de la campagne de Russie, les hostilités commencèrent entre les armées française et autrichienne en Italie. Venise se vit bientôt resserrée dans un double blocus établi par les lignes autrichiennes, sous le conunandement en chef du maréchal comte de Bellegarde, et par Tescadre anglaise aux ordres du contre-amiral Fremantle.
En présence d'un si grand danger, le prince vice- LavîU6»t roi déploya la plus grande énergie; il rendit, le 3 oc- ^^Jé^. tobre i8i3, un décret qui mettait la ville en état de siège ; il partagea le système de défense en quatre ar-
•n état
Aux termes de cette convention , les places de Venise, d'Osopo et de Palma-Nova, devaient être rendues le 20 avril, et les troupes françaises faisant partie de Tarmée du prince vice-roi devaient rentrer dans les anciennes frontières de la France au delà des Alpes.
Le personnel et le matériel de la marine avaient été complètement omis dans les stipulations. Cependant, Venise devait être considérée comme un arsenal maritime, plus encore que comme une place de guerre.
Sur cette observation et des instances réitérées inspirées à M. le contre-amiral Duperré par le sentiment de rhonneur et du devoir, un article additionnel comprit Tarsenal, le personnel et le matériel de la marine dans les stipulations précédemment arrêtées pour Tévacuation militaire de Venise. D'après cet article, le matériel était abandonné complètement à Fennemi. M. le contre-amiral Duperré dut obéir, mais ce ne fut pas sans en éprouver une douleur profonde.
Son regret s'appliquait surtout au vaisseau le Mont- Saint'Betnard, dont il avait lui-même dirigé Tinstallation et Tarmement, encore présents aux souvenirs delà marine comme le modèle le plus parfait qu'elle ait eu au point de vue militaire.
Outre le Mont-Saint-Bernard et le Castiglione, vaisseaux de 74 neufs et armés, la France avait sur les chantiers de Venise, à divers degrés d'avancement, et sur le même gabarit, les vaisseaux le Saturne, le Dur quesne, le Montenoile et l'Arcole, ainsi que les frètes l'Amphitrite, VHchc et la Vénus,