CHAPITRE V
taire de Saint-Louis. Cette situation lui imposait des devoirs envers le roi Louis XVIH, mais ces devoirs ne purent prévaloir sur la situation dans laquelle se trouvait la France , et le respect au malheur dut céder au patriotisme en présence de la menace d^une nouvelle invasion de l'étranger.
De retour de Yûe d'Elbe, TEmpereur, inquiet de Ta- .";^; ^^^^ gitation des esprits dans le Midi, voidut avoir à Toulon ••t«>««^
préfet maritime
Tun des officiers généraux les plus fermes et les plus « to.iod. capables de la marine. Son choix se fixa sur M. le contreamiral Duperré, qui, le la avril i8iô, reçut Tordre de quitter Paris dans les vingt-quatre heures pour aller prendre le commandement supérieur de la sixième préfecture maritime.
Dès le lendemain i i , il était en route ; il s'arrêta à Lyon pour recevoir les ordres de M. le maréchal Suchet, duc d'Âlbuféra, et, arrivé le 17 àToidon, il prit aussitôt possession du poste important qui lui était confié.
La gravité des événements politiques commandait la plus vigilante activité au nouveau préfet maritime.
n s'empressa de vérifier par lui-même l'état du port s» .eu.. et de la flotte, régla l'ordre et le mouvement des forces navales, pourvut aux approvisionnements, réclama un arriéré de fonds indispensable à la marche du service; enfin, il suffit à une immense correspondance militaire et administrative sans jamais manquer un seul joiur de faire son inspection dans l'arsenal.
Le 1^^ mai, il prescrivit la levée des marins et des
ouvriers qui devaient être oi^nisés en un bataillon de garde nationale de Tinscription maritime pour la défense des côtes.
Le 7 du même mois, il reçut du ministre Tordre de diriger sur Lyon une compagnie du bataillon d'ouvriers du génie, commandée par M. Giarles Dupin , ingénieur de la marine, ainsi qu'un bataillon du second régiment d'artillerie de mer, composé de six compagnies de i ao honunes.
De plus, il dut porter à quatre compagnies complètes de 1 a3 hommes le bataillon d'ouvriers, en incorporant tous les ouvriers inscrits de l'arsenal, et former quatre régiments, composés chacun de deux équipages de haut-bord, avec tous les marins et ouvriers de l'arrondissement.
Les hommes qui restaient du 2^ régiment d'artillerie de marine formèrent les cadres de deux bataillons , dont le recrutement fut favorisé par une prime de 5o francs.
Les préfets des départements furent instamment invités à renvoyer, autant que possible, à Toulon les hommes ayant appartenu à la marine.
L'organisation de ces divers corps se poursuivit avec toute l'activité naturelle à M. le contre-amiral Duperré, et que réclamait d'ailleiu^s impérieusement l'état de pfais en plus critique des choses.
M. le maréchal Brune, commandant le deuxième corps d'armée d'observation, déclara, le 7 juin, la ville en état de siège , et en donna le commandement
Nouvelle d« Tabdicalion