CHAPITRE V
provisoire à M. le lieutenant général baron Dalton.
Les batteries de la côte étaient peu armées en matériel et dépourvues de personnel.
Cependant, dès le 1 4 juin, une croisière anglaise s'établit devant Toulon et Marseille.
Le 36 du même mois, M. le lieut^iant général Bizanet, gouverneur de Toulon, réunit les autorités ci- ^^'Emp-enr viles et militaires pour leur donner lecture d'une lettre et d'une proclamation de M. le général Verdier, commandant la huitième division, annonçant les grands revers éprouvés par les armées françaises, l'abdication de l'Empereur et le départ de plénipotentiaires chaînés de proposer la paix aux puissances coalisées.
D'après les intentions du gouvemeiu* de Toidon , le contre-amiral préfet maritime donna connaissance aux officiers et aux troupes de la marine de la' proclamation de M. le général Verdier. « Daas cette circonstance , est-il dit dans son journal , j'ai cru devoir recommander fortement à tous d'attendre , avec une attitude calme et militaire, la suite des événements, les ordres que le gouvernement nous adresserait , et de réunir nos communs efforts pour la conservation de l'arsenal maritime qui nous était confié. »
Le conseil de défense , convoqué par le gouverneur, a u voi^
, 1 t .1 If*. de M. le contre-
s occupa de préparer tous les moyens de résistance pos- .„i„i D^perr^, sibles contre une attaque extérieure et pour assurer la J* f^"** •"«»»^« tranquillité publique dans l'intérieur.
M. le contre-amiral Duperré , comme préfet maritime, fît partie de ce conseil et s'y montra aussi conci-
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liant que résolu. Au milieu de la délibération, de bruyantes clameurs s'élèvent du dehors : Des nouvelles! des nouvelles ! s'écriait la foule inquiète et mutinée. Le préfet maritime se montre , et sa voix formidable domine le tumulte. «Des nouvelles! dit-il, nous n*en avons point ; mais en eussions-nous, si elles étaient secrètes, vous ne les sauriez pas : laissezHdOus donc délibérer pour votre salut comme pour le nôtre. »
La foule applaudit et se calma.
En présence de Textrême efifervescence qui ne tarda pas à renaître , tous les postes furent renforcés , les patrouilles se multiplièrent, et le préfet maritime fit prendre lui-mêmç toutes les mesiu*es de sûreté pour Tarsenal.
Les forces de terre se composaient seulement de quelques gardes nationales actives, et Tapprovisionnement de la garnison , en pain et vin seulement, était à peine suffisant pour trois mois , à raison de six mille rationnaires.
Les troupes de la marine , au nombre de i ,700 hommes, composaient donc la principale force de Toulon. De plus , trois vaisseaux armés en batteries flottantes devaient prendre poste pour défendre la rade et la place; une frégate et quelques bâtiments légers étaient chargés de maintenir les communications; enfin, les approvisionnements deTarsenal, grâce à la prévoyance du préfet maritime , étaient complets en toutes denrées pour environ quatre mois et 8,000 rationnaires.