CHAPITRE V
Quant aux habitants, ils avaient été invités à se pourvoir pour six mois de subsistances.
Obligé d*évacuer Marseille pour échapper à un soulèvement général, qui déjà préludait par des scènes sanglantes, M. le général Verdier s'était retiré dans Toulon, avec environ 1,200 hommes, au nombre desquels se trouvait un corps de 60 officiers à ]a demisolde. Ces hommes, exaltés par Toutrage et le massacre auxquels ils venaient d'échapper à Marseille et dans les villages où le pavillon blanc avait été arboré, durent être contenus par la marine , dont la seule pensée était de préserver TarsenaL
Mais Fagitation ne tarda pas à gagner une partie des s«iiUon marins eux-mêmes. Un jour, au camp des Sablettes, deux déserteurs prennent la cocarde blanche et crient: Vive le Roi! Un jeune officier ordonne que ces hommes soient saisis et conduits en prison. L'un des deux s'échappe et fait un nouvel appel à la révolte. L'officier veut s'en saisir; un sous-officier de Tune des compagnies de marins, réunie pour l'exercice , tire son sabre pour défendre le mutin; il reçoit aussitôt, en pleine poitrine, un coup de sabre de l'officier, qui, par cet acte de vigueur, réprime la rébellion près d'éclater.
Informé de ce qui vient de se passer, M. le contreamiral Duperré arrive en toute hâte , approuve et loue hautement l'éneigique conduite de l'officier, reproche aux marins d'avoir un seul instant manqué au devoir dans la situation où se trouve la France , et les fait rentrer aussitôt en eux-mcmes.
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Cet officier qui venait de mériter ainsi réclatante ap probation de M. le contre-amiral Duperré était M. Gasy, aujomtl^hui vice-amiral.
Le 29 juin, diaprés les dispositions ordonnées par le gouverneur de Toulon , les presqu*îles Sepet et Balaguier, ainsi que leurs forts et batteries, furent occupées par le 1 7* régiment de marins et les canonniers de Tartillerie de marine.
Le préfet maritime crut devoir rendre compte à M. le maréchal Brune de la situation de la place, et lui déclarer que sa présence y devenait absolument indispensable.
Un arriéré de trois mois de solde avait atteint jusqu aux ouvriers du port, dasse malheureuse dont l'effervescence devenait de plus en plus inquiétante; les fournisseurs, déjà en retard , refusaient de rien livrer, et les caisses publiques étaient dans une complète pénurie.
Telle était la situation que M. le contre-amiral Duperré s'efiforçait de dominer par sa vigilance, sa fermeté et son ascendant, lorsqu'il reçut, le 3 o juin, une dépêche par laquelle le ministre l'informait qu'un gouvernement provisoire venait d'être formé au sein des Chambres législatives.
Ei^'f Les troupes de terre et de mer poiu* le service de la
place, des forts, des batteries et de tous les ouvrages, s'élevaient en tout, le 2 juillet, à environ deux mille sept cents hommes. A ces troupes s'ajoutaient trois à quatre cents gardes nationaux du Var et de liséré ,
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