CHAPITRE VI
amiral Duperré se rendit à Cayenne où, sur les instances de M. de Laussat, gouverneur de la colonie, il prolongea son séjour jusqu^au 29.
On verra, par les lignes suivantes, quelle était l'opinion de M. le baron Duperré sur les immenses ressources que la Guyane française offre à la colonisation.
« La colonie, disait-il, m'a paru tout à fait dépour- of"»»
- j 1 • 1 t de M, le contre
vue des moyens que son étendue et la richesse de son «mini D«p«rr^ sol exigeraient. Avec des bras, la terre ne refuserait '"^rll^"* rien. La culture des cannes à sucre, du café, du coton et de toutes les épices de Tlnde pourrait y être portée au plus haut point. Ce pays ofiEre à la France une source de prospérité et de richesses. Cest une vérité reconnue depuis que les Français y sont établis. »
Partie de la Guyane le 3o août, le 4 septembre, la Gloire se trouvait en vue de la Martinique au coucher du soleil. Mais Fétat phosphorique de la mer projeta autour de la frégate une si vive clarté, que Thorizon s'obscurcit et la terre disparut.
Le 5 , la frégate prit mouillage sur la rade du Fort- ^^^ Royal, où elle fut ralliée le lendemain par le brick.
La Gloire achevait de se peindre aux Saintes, lorsque, le 2 novembre 1 820 , M. le contre-amiral Duperré fut informé de la mort de Christophe, roi noir, dont la sanglante domination s'était étendue sur toute Fancienne partie française de Saint-Domingue.
Le 5, il adressa une remarquable dépêche au ministre de la marine et des colonies, sur Tensemble du service de la station et sur les récents événements qui
le décidaient à se porter sur Saint-Domingue pour y veiller aux intérêts de la France. {Annexes, n® 36.)
Après s'être concerté avec MM. les gouverneurs de la k cat^rvlatâ». Martinique et de la Guadeloupe, M. le contre-amiral Duperré fit voile le i4 novembre i8ao, avec la Gloire et la Cléopàtre, pour le Cap-Prançais.
M. le capitaine de vaisseau Mallet, commandant la Cléopdtre, avait Tordre de se rendre ensuite de Saint- Domingue à la Jamaïque pour recevoir à son bord et conduire en France M. Chassériau, conformément aux intentions de M. le baron Portai, ministre de la marine et des colonies*.
Les deux fi:'égates touchèrent à Saint-Thomas et à
* M. Benoit Chassériau avait été secrétaire général de U partie E. de Saint-Domingue, cédée à la France par Tune des stipalatioDs da traité de Bâle, en 1796. Lors de Tinvasion de TEspagne, en 1808. les Espagnols se soulevèrent et reprirent possestîoa de oeUa partie de Saint-Domingue, que la France avait négligé de secourir. La gaerre maritime n*ayant pas permis à M. Chassériau de revenir en France, il parcourut la plupart des Antilles et TAmérique espagnole, où il (bt asseï heureui pour servir, par son ascendant personnel , une patrie qu*il aimait profondément. U était appelé en France pour éclairer le Gouvernement sur Tétat de ces contrées et sur les rapports qii*il s'agissait d'établir, surtout avec Saint-Domingue et les nouveaux Etats qui venaient de se constituer dans T Amérique méridionale. Après avoir rempli plusieurs missions diplomatiques près de œs nouveaui ÉtaU, M. Chassériau fut envoyé, comme consul du roi, ii Porto- !\ico, ou, le 37 septembre i84^< il termina une carrière commencée 50U5 les plus heureux auspices pendant la glorieuse campagne d'Orienté