CHAPITRE VI
pavillon en force, M. le contre-amiral Duperré aperçut, le 2 3 mars 1821, un brick sous voiles et deux troismàts mouillés dans Fanse du Colombier, ile de Saint- Barthélémy. Il fit aussitôt signal à la frégate Y Africaine^ capitaine Épron, de chasser sur ces bâtiments, dont l'attitude devenait de plus en plus suspecte.
Lun des trois-mâts, nommé el Valiente Guaycaru, monté par 1 1 5 hommes d'équipage et armé de 1 4 canons, fut atteint et capturé par F Africaine.
Reconnu pirate par le conseil des prises, el Valiente Guaycwru fut condamné dans le coiu^ant d'avril. Les états-majors et les équipages de la division en firent hommage au roi , qui ne crut pas devoir accepter afin de ne pas priver ces braves marins de leur capture.
Après avoir fait réparer, installer et armer la prise, sous le nom de la Gloriole, M. le contre-amiral Duperré donna le commandement de ce bâtiment à M. Duhaut- Cilly, lieutenant de vaisseau.
Le i3 juillet, il rendit un ordre du joxu», prescrivit les dernières dispositions à prendre pour l'hivernage, remit le conunandement provisoire de la station, avec les archives, à M. le capitaine de vaisseau Epron, et mit le lendemain sous voiles pour la Guadeloupe , d'où il fit route pour la France avec la Gloriole. [Annexes, n® 38.)
Pendant son séjour aux Antilles, M. le contre-amiral Ré»Dm« Duperré avait vu s'étendre successivement son com- j^ i.** w» mandement à trente bâtiments ; il en avait activement '"^''^^"f,*^ exercé les états-majors et les équipages ; il avait montré
ÀBtille».
le pavillon toujours digne et vigilant depuis la Guyane jusqu'au golfe du Mexique et à Terre-Neuve ; il partait sans aucun malade et ne laissait qu'un seul homme à rhôpital.
E^^ieM. Durant la traversée, il renouvela les exercices chaque matin lorsqu'il faisait beau, les équipages défilant toujours tambour et musique en tête.
A la hauteur des Bermudes, que, sans doute par la brusque variation de la température, M. le contreamiral Duperré considérait comme Técueil de la santé des équipages retournant en France vers les mois de juin et juillet , la fièvre jaime commença de sévir cruellement sur la Gloriole. (Annexes, n* Sg et ^o.) Arrive. Le 8 août, la Gloire et sa conserve prirent mouillage
au Petit-Saint-Pierre. La corvette fut autorisée à prolonger son séjour à Terre-Neuve pour refaire son équipage épuisé et décimé par l'épidémie. La Gloire remit donc solde sous voiles le 16 août, et arriva en rade de Brest le a septembre i84i.
Nous reproduisons aux Annexes les principaux documents qui se rattachent à la brillante station par laquelle M. le contre-amiral Duperré venait de s'acquérir, ainsi qu'à ses officiers et à ses équipages, tant de titres à la bienveillance du Gouvernement. {Annexes, n« 26 à Ai.)
Nous n'hésitons pas à le dire , cette station , si honorable et si féconde pour le pavillon, est digne de rester comme un exemple dans les fastes de la marine.
à Ttrrt-K«ttvt.