‹ Vie de l'amiral DuperrébChapitre 98 sur 155 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

N. N. E., le vice-amiral commandant en chef se décida à diriger la flotte sur le point d'attaque , et donna la route au S. S. 0., en prescrivant à l'armée de modérer sa vitesse , puis de mettre en panne à quatre heures du matin après avoir couru 5o milles. La réserve et le convoi, dont la manœuvre fut rendue indépendante, eurent ordre de rester ralliés dans le vent sous la direction de leurs commandants respectifs. A neuf heures, le Ducoaêdic rallia la Provence en lui signalant que farmée se trouvait à 64 milles du cap Caxine, qui restait dans le S. S.O. - 0. du compas. Aussitôt le branlebas général de combat fut prescrit par Tamiral pour le lendemain à quatre heures du matin.

Pendant la nuit, l'horizon , de plus en plus chargé, s'illumine d'éclairs partant du S. 0. au S. E.; des grains fréquents se lèvent dans l'O.; ils passent au vent, qui souffle de l'E. avec force; la mer grossit et mugit autour de la flotte, dont rien n'égale l'imposant aspect.

Le 1 3 juin au jour, Alger et le cap Caxine apparaissent du S. S. 0. au S., à la distance d'environ I a milles, distance que tous les yeux dévorent d'impatience. L'armée passe alternativement de l'espérance à l'anxiété, en se voyant si près de terre, mais encore à la merci du vent, toujours peu maniable, et d'une mer encore très-grosse.

Impassible, le vice-amiral commandant en chef se demandait dans le plus profond recueillement s'il serait prudent dans de telles circonstances, qui devenaient de plus en plus menaçantes, de chercher à con-

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duire une flotte si nombreuse à un mouillage inconnu et trop resserré. 11 ne le pensait pas. Son opinion fut pleinement confirmée par celle de M. Massieu de Clerval, qui avait pu juger de l'état de la mer aux atterrages avant de rallier l'armée avec la Sirène, à trois heures du matin.

Au grand mécontentement de l'armée expéditionnaire qui brûle de joindre l'ennemi , M. le vice-amiral Duperré donne l'ordre à la flotte de s'éloigner de U côte, en prenant le bord du N.

Aussitôt la flotte cherche, mais vainement, à s'élever dans le vent. L'anxiété est à son comble, quand, par un retour de la fortune de la France , le vent s'établit à midi dans la région de l'E.; le temps s'embellit bientôt; la mer s'apaise.

Sur l'ordre du vice-amiral commandant en chef, la réserve et le convoi revirent au bord du S. S. E. pour se maintenir au vent et rallier la flottille, tandis que farmée vire lof pour lof par la contre-marche, mouvement qui s'exécute lentement en raison de l'étendue de la ligne.

A une heure , les apparences du temps redeviennent encore inquiétantes. Cependant, faisant cette fois au hasanl la part que le hasard s'attribue toujours dans les choses hmnaines, le vice-amiral commandant en chef laisse courir la flotte , qui découvre la terre à quatre heures du soir.

A cinq heures , ordre de revirer pour ne pas approcher davantage la terre et pour qu'en se reportant sur

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