‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 24 sur 87 · LIV. I, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. III

Philippe deCommynes, ferviteur toujours dévoué de Louis XI., commit Linfigne maladrefTe de prendre le parti des princes qui fe révoltèrent contre la dame de Beaujeu ; il en fut rudement châtié^ comme je l’ai dit précédemment (1). Il s’empreffa de rentrer en grâce <3c de faire oublier fa rébellion en rendant à Charles VIII, devenu majeur, de véritables fervices, furtout

çois Guichardin, gentilhomme florentin , & traduite d’italien en françois par H. Cliomedey, Parifien. Nouvelle édition diligemment reveue Ù3 corrigée , a la quelle ont eflé adjouflées les Obfervations politiques , militaires & morales du fleur de La Noue, &c.,&c., 1^93, in-8°. F° 30 r°. En marge du portrait que je viens de citer, le rigide proteftant de La Noue a mis l’obfervation fuivante: « Combien que Charles VIII euft quelques défauts, fi eft-ce que Guichardin euft bien pu en parler plus modeftement. Vray eft quefi on prend garde à ce qu’il a auparavant dit du pape Alexandre, on verra qu’il ne l’a non plus efpargné. Et puifqu’il difcourt ainfi librement d’un qu’il eftimoit vicaire de Chrift, on ne fe doit esbahir fi d’un Roy eftranger, qui avoit donné un coup de fouet à l’Italie, il en difoitfon opinion. Les diformitez du corps ne font pas beaucoup nuifibles, ce font celles de l’efprit pour les quelles méritoirement on acquiert le nom de monftre. »

(1) Voir mon Introduction, p. 45".

pendant la guerre d’Italie. Mais il ne put oublier la dure captivité qu’il avait fubie. Dans la partie de Tes Mémoires relative à la perfonne du roi, fa mauvaife humeur <5c un befoin de dénigrement percent à prefque tous les mots. Il fe garde bien de parler de la conquête de la Bretagne, <3c des qualités fupérieures que, tout jeune encore, Charles VIII y montra; c’eft pour le récit de cette brillante <$c malheureufe expédition d’Italie qu’il réferve tous fes traits. Il en expli que d’abord l’origine, puis déclare nettement que ni le roi, ni les gens de fon confeil ne pouvaient fuffire à une pareille tâche : « Peu de gens « les louoient, dit-il, plufieurs les blâmoient ; « car toutes chofes néceffaires à une pareille ff entreprife leur défailloient. Car le roy efloit ' très jeune, foible perfonne, plein de fon vouée loir, peu accompaigné de faiges gens, ne de ee bons chefs ; nul argent comptant, car avant « que de partir, ils empruntèrent à gros incc téret pour cent, de foire en foire, & en plucc lîeurs autres lieux. ... Ils n’avoient ne tentes, ec ne pavillons, & fi commencèrent en yver à « entrer en Lombardie. Une chofe avoient-ils « bonne, c’efloit une gaillarde compagnie « pleine de jeunes gentilshommes, mais en

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