‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 26 sur 87 · LIV. I, CHAP. III. I · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. III. I

ie roi, mais ce ne fut ni par imprévoyance, ni furtout par incapacité.

Charles VII I déploya, dans cette expédition d’Italie, autant de vigueur de caractère que de courage perfonnel. En quelques mois il exécuta des faits d’armes fi remarquables, qu’il attira fur lui l’attention de tous les princes de l’Europe, <3c même de quelques fouverains de l’Afie. Combien fon entrée dans Rome fut hardie & ch evalerefque ! Le pape Alexandre V I croit arrêter fa marche avec des menaces d’excommunication, mais Charles VI 1 1 répond fièrement que depuis longtemps il avait fait un vœu à faint Pierre, & qu’il devait l’accomplir même au péril de fa vie : « Le voilà donc entré dans Rome, ajoute Bran- « tome, bravant <3c triomphant, luy même armé « de toutes pièces, la lance fur la cuifle, comme « s’il eufl voulu aller à la charge, ce qui efloit « beau, <3c à entendre : s’il y a rien qui branfle « me voicy prefl avec mes gens <5c mes armes « pour charger & foudroyer tout. Si que cette « façon d’entrée ne fentoit nullement fa pompe,

Jennes, où le dit feigneur les envoyé préfentement. (Mémoires de Pli. de Commynes , &c.; édit, de Mlle Dupont, &c., t. III, p. 370. Preuves.)

« ny bravement, mais un vray tremblement & « foudre de guerre (i). » Le même hiftorien nous montre Charles VIII exerçant au milieu de Rome Les droits de monarque abfolu, plaçant des fentineiles <3c des potences là où il lui plaifait, traitant d’égal à égal avec le pape intimidé. A la brillante victoire de Fornoue , où mille chevaliers français battirent quarante mille Italiens., le petit roi, toujours au premier rang, paya de fa perfonne, comme le plus fort de fes hommes d’armes. Il était monté fur un cheval noir <3c borgne que le duc de Savoye lui avait donné <3c qui, ce jour là, fervit bien fon maître. Il portait fur fon armure une riche jaquette à manches courtes, de couleur blanche Ôc violette, femée de croix de Jérufalem en orfèvrerie. Huit gentilshommes vêtus comme le roi firent comme lui de fi belles paffes- d’armes que les uns & les autres furent furnommés les neuf preux (2).

(1) Capitaines français, t. Il des OEuvres complètes , page 1 .

(2) Brantôme, Capitaines français , t. II, pp. 8 à 1 1 des OEuvres complètes , éd. in-8'\ — Le même auteur ajoute : « Ces neuf preux étaient ceux que Belleforeff nomme en fa Chronique, defquels eftoit le feigneur d'Archiac, dit meffire Adrien de Montberon,

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