L 1 V. I, CHAP. 111. IO
On a beaucoup exagéré aufli la mauvaife éducation que ce prince avait reçue dans fon enfance, alors qu’il était enfermé au château d’Amboife avec fa mère ; on a même prétendu qu’il ne favait ni lire ni écrire.
Au moment où il monta fur le trône, Louis XI fit élever fon fils entre les femmes, avec un petit nombre d’hommes, qui ri ejloit pas de grande étoffe , pour me fervir des exprefiions de Claude Seyflfel, & ne voulait en manière quelconque que autres gens F ail affent veoir, ne paffaffent par la ville d'cAmboife, mefmement nobles hommes & gens FF ejlat. Seyflfel ajoute que le feigneur du Bouchage, intime favori du roi, ayant été par fon ordre vifiter le dauphin, crut pouvoir fe permettre, pour diflraire le jeune prince, de le faire fortir de la ville & de lui faire chafler quelques perdreaux; Louis XI, dès qu’il
grand-père de madame de Bourdeille, ma belle-fœur, qui eft aujourd’hui l’une des belles, illuftres & riches maifons qui foient en Guyenne.
« Je les ay veus tous pourtraidls & painèls au na turel dans une falle d’une de fes maifons de Xain tonge, enfemble la forme du combat & de la bataille, & eux auprès de leur roy, avec une contenance de vifage repréfentée très affeurée & hardie, qu’il faifoit certes très beau voir. »
le fut; en fut tellement irrité, que du Bouchage tomba depuis lors dans une forte de difgrâce (i). Malgré tout, Louis XI n’empêcha pas Charlotte de Savoie, femme d’une grande diftinélion,aflez inftruite pour le temps, d’apprendre à lire à fon fils, <5c peut-être bien de le faire écrire; il eft certain que le 2^ g fier des Guerres a été compofé pour l’éducation de Charles Vil I. Suivant Lacroix du Maine, Louis XI eft auteur de ce livre <5c l’a écrit dans ce but, il eft plus probable qu’il le fit faire par Etienne Porchier (2). Le jeune prince a lu bien certainement un ouvrage compofé pour fon inftruéfion ; il écrivait, ainfi que le prouvent fes fignatures & quelques lettres autographes, dont les caraélères ne font ni plus mauvais, ni moins bien formés que ceux des princes contemporains (3). Du refte, il faut fe
(1) Claude de Seyffel, Hijloire de Louis XII, p. 88, édit in-4". Paris 161 f.
(2) Voyez au fujet de cet ouvrage une Notice de M. P. Paris, t. IV, p. 1 16 des Manuscrits français de la Bibliothèque du roi , leur hiftoire, &c. Paris, 1841, in-8H. — D'après cette Notice on ne peut douter que cet ouvrage n’ait été rédigé pour l’inflruélion de Charles VIII.
(3) Voyez un fac-fimile de toutes les fignatures de