‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 28 sur 87 · LIV. 1, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. 1, CHAP. III

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fouvenir que Charles VIII n’avait pas treize ans révolus quand il monta fur le trône., & qu’il lui fut encore facile de rattraper le temps perdu ; c’eft ce qu’il fit ; un de fes hiftoriens le dit en propres termes : cAprès le trefpas de Loys, & quil eujl pris la dignité royale, il commença moult volontiers à lire les livres écrits en langage franç ois , & Ji voulut encore prouver & faire expériment pour fçavoir la langue latine (i). Comme tous les bons efprits qui ont étudié plus tard qu’on ne le fait ordinairement; Charles VIII tenait en grande eftime les fciences <5c les lettres ; il avait coutume de dire que l'efpée & la lance eftoient les armes offenfives , la cuirace & la targe, les défenfives , mais que les bonnes lettres eftoient les offenfives & défenfives tout enfemble (2). Il a donné d’excellentes preuves de fon amour pour les arts & les lettres

ces princes en tête du travail de M. Trebuchet, Anne de "Bretagne , avec des notes, &c,, 1822, in-8°.

(1) Pierre Defrey, Chroniques du roy Charles huytiefme à la fin du Recueil intitulé : La mer des chroniques miroir hiftorial de France, &c., in-f°. Goth. if2f.

(2) Mémoires touchant Charles VIII , les perfonnes principales de fon temps & celles par lui eftevées, &c., &c. Archives curieufes de l’hiftoire de France, 8cc. par Cimber ôc Danjou. Paris, 1834, in-8°, t. I, p. 194.

en dotant la France de livres, de marbres & de tableaux très-remarquables; en établiflant en France des favants, des artiftes <3c des ouvriers habiles dans tous les genres venus de F Italie ; à cet égard, fes expéditions ont été des plus fruélueufes (i).

Ce n’ed pas feulement le caractère moral & [ intelligence de Charles VIII que les chroniqueurs italiens, <5c Guichardin entr’ autres, ont pris à tâche de flétrir, c’eft encore fa perfonne phyfique qu’ils ont tournée en ridicule; ils l’ont dépeint d’une taille exiguë, maigre de corps & de jambes, la tête trop grofle, le nez aquilin mais trop long. Cette peinture n’efl pas exaéle, dit

(i) Voyez à ce fujet une pièce confervée dans les portefeuilles Fontanieu, Mss. de la Bibliothèque Impériale : « Paiement pour tranfport de tapifteries, livres, tableaux, marbres, &c., rapportés par Charles VIII d’Italie, enfemble de la nourriture de vingt-deux ouvriers qu’il en avoit amenés avec luy. » Le tout pefait environ quatre- vingt -fept mille livres. Les artiftes étaient au nombre de vingt-deux. Leur nourriture coûtait quarante fous parifis par jour. Cette pièce a été publiée par Vatout dans fon Hifioire des Réjidences royales , — Château d’Amboife, — &c., in-8°, 184V Pièces juftificatives, p. 401.

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