CHAPITRE PREMIER
Ufaijfance d’oAnne de Bretagne: fon éducation. — Les prétendants h fa main. — Son mariage par procureurs avec Maximilien d’Autriche , roi des%omains. — Siège de Rennes par Charles VIII, roi de France. — Prife de cette ville par les Français. — Négociations de mariage entre Anne de Bretagne & Charles VIII.
NNE de Bretagne, fille aînée de François II, naquit au château de Nantes le 26 janvier 1476.
On avait fait venir de Rennes, pour être fa nourrice, la Damoifelle de La Vire, mais elle ne fut pas ac-
ceptée par les médecins ; ce fut la femme de Jean Eon, aulfi de Rennes, qui donna le fein à la petite princelfe ( i). Son éducation fut confiée aux foins d’une des plus grandes dames du duché, Françoife de Dinant, de la maifon d’Albret, dame de Châteaubriant <5c de Laval. La maifon de Laval comptait dans fes alliances plufieurs têtes couronnées 5 aux Etats de la Province tenus en 14.fi, elle avait difputé le pas aux Rohan. Par fon habileté, par fa haute intelligence, Françoife de Dinant était digne de l’éminente pofition qu’elle occupait. Rien ne fut négligé pour rendre aulfi complète que poffible l’éducation d’Anne de Bretagne 5 elle fut inflruite, affure-t-on, dans les deux langues grecque & latine, <3c plufieurs faits de fa vie privée viennent à l’appui de cette affertion. Elle n’avait pas en core neuf ans qu’elle paffait déjà pour une princelfe accomplie : en iq8f, quand Louis
(1) Dom Lobineau, Hifloire de Bretagne , t. I, p. 727. — Parmi les hommes d’armes de la garde du duc François II, pour l’année 1481, je trouve en fécond rang le nommé Eon Sauvaige aux gages de 2^ livres. Eft-ce le mari de la nourrice d’Anne de Bretagne? (Lobineau, t. II, col. 1466.)