‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 40 sur 87 · L 1 V. I , CH AP. IV. I ^ I · texte numérisé non relu

L 1 V. I , CH AP. IV. I ^ I

& des prouefifes accomplies par Charles VII I ; il tenait ce récit delà bouche du grand bâtard de Bourbon, qui fut choifi par le roi pour être fon frère d’armes dans cette journée 5 le bâtard reçut trois blelfures après avoir fauvé la vie de fon maître. Sala termine ce récit par un éloge ainfi conçu : « Le gentil roy Charles « fut très hardi & libéral & fi doux <3c gracieux « que l’on ne fceut oncques trouver homme à » qui il dit une rude parolle : plaifant & affeuré « eftoit en tous fes faitz ; fa grant doulceur « eltoit entremeflée d’une gravité agréable à « tous ceux qui le regardoient : fa parolle efloit « merveilleufement groffe autant que du plus « robufle homme de fa maifon , mais moult « bien luy féoit. Son cœur eftoit tout rempli « de haultes entreprinfes, les quelles il euft ache- « vées, n’eufl efté la mort qui le print en la fleur « de fes ans : mais ce ne fuft pas fi tofl qu’il ne « fut desja plain de gloire & d’honneur (1). » Les inquiétudes relatives à la guerre d’Italie n’étaient pas encore diflipées, quand des chagrins d’un autre genre frappèrent au cœur Anne de Bretagne. La fantédu dauphin avait toujours

(1) On trouve le récit entier, t. 111, p. 420, des Mémoires de Commynes , Preuves , édition citée plus haut.

été très-chancelante, ôc les chambellans commis à fa garde devaient informer la reine & fon mari des plus petites circonflances de nature à la compromettre. Au mois d’août 149 y, Charles VIII, alors à Turin, reçut une lettre qui l’informait que la petite vérole régnait à Amboife, & qu’on attendait fes inffruéïions à cet égard. Le roi s’emprelfa de leur donner l’ordre d’afïembler plufieurs médecins, afin de favoir fi le dauphin courait quelque danger. Olivier Laurens, Bernard Chauffade, Jean Michel & plufieurs autres médecins fe réunirent. Après confultation , ils s’empreffèrent de répondre qu’il y avait eu des petites véroles à Amboife, mais qu’elles tiraient à leur fin ; du refie ils étaient d’avis que bonne garde fût faite pour empêcher les gens de la ville de communiquer avec le château, mais qu’ils n’étaient pas d’avis que l’enfant changeât de réfidence. Anne de Bretagne un peu raffurée, envoya au roi un courrier. De plus, elle écrivit deux lettres, la première à Madame de Bufîières, gouvernante du dauphin, pour les remercier des foins qu’ils donnaient à la fanté de fon fils (1). Hélas ! elle

(1) Vatout, Hifl. des Rêfidences royales — Amboife , —

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