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cefle âgée de treize ans à peine., c’était un fingulier mari 5 Alain d’Albret avait plus de quarante-cinq ans; il était père de huit enfants légitimes & de plufieurs bâtards. Il avait la figure bourgeonnée , la voix rauque, le regard dur, l’humeur farouche : aulfi, difait-on, ajoute le contemporain qui a tracé ce portrait, que la fille n’en avait cure (1).
Le vicomte de Rohan prétendait à la main d’Anne de Bretagne, non pour lui, mais pour famé de fes fils, il efpérait même unir le fécond avec Ifabeau, fille cadette de François II, quand elle ferait nubile. Il oubliait, dans fa préfomptueufe afïurance , qu’il était depuis plufieurs années un des chefs de l’armée françaife, & que les Bretons fidèles à la caufe nationale, le regardaient comme un ennemi.
Quant à Jean de Châlons, époux de Jeanne de Bourbon, fœur du lire de Beaujeu, fait prifonnieràla bataille de Saint- Aubin, la Régente, ufant de clémence à fon égard, s’était contentée de le retenir en France fur fa parole. Au mois de février 1488, il obtint fa liberté, d’après l’aifu-
(1) Jaligny, Hiftoire de Charles VI II , p. 4 6; édition de Godefroy, in-f°.
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rance qu’il donna de faire de belles remontrances aux princelfes de Bretagne, fes nièces, aux gens de leur confeil , 6c de trouver les moyens d’une bonne paix (1). De retour à Nantes, il commença par empêcher le farouche Alain d’Albret de réuffir dans fes tentatives de mariage avec la jeune duchelfe, efpérantbien, dit Jaligny, tirer de cette union importante un tout autre profit. L’année fuivante, il fe montrait favorable à Maximilien d’Autriche, faifait entrer en Bretagne un corps de deux mille Efpagnols, envoyés par le roi Ferdinand, 6c s’engageait par écrit, envers ce dernier, à ne pas traiter du mariage de la duchelfe Anne, fans l’avis 6c le confentement de ce puilfant monarque (2).
Avant de raconter comment Anne de Bre tagne fut mariée par procureurs au roi des Romains, Maximilien d’Autriche , il eft néceffaire de démontrer que fes prétendues amours avec Louis d’Orléans ne font que des chimères inventées par quelques hifloriens mal
(1) Jaligny, idem, p. 71.
(2) Voir mes^'Appendices , n° 1, S 1. Lettre inédite de Jean de Châlons datée de 1489.