‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 64 sur 87 · LIV. II, CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. III

était convenu que les terres conquifes feraient rendues à ceux qui les tenaient avant cette guerre; Anne écrivait donc à Ferdinand de faire mettre en pofleflion le lire d’Avaugour, légitime héritier des feigneuries qu’elle réclamait^).

La fécondé eft malheureufement incomplète : elle eft datée du 1 8 feptembre , & doit fe rapporter à la guerre de l’année i Plufieurs navires efpagnols allant en Flandre avaient été capturés par la flotte françaife. Ferdinand & ïfabelle s’étaient empreiïes d’écrire à leur bonne nièce, qui leur répond que « jujtice fera faire, « ainfi quà ce cas il appartient , que Louis XII « & elle agiront toujours envers Leurs zMajeflés « comme envers leurs père & mère (2). »

La troifième lettre n’eft aufli datée que du 25 feptembre , fans autre indication, mais elle eft antérieure à 1^04, époque de la mort d’Ifabeile- la -Catholique à qui s’adrefle Anne de Bretagne. Elle traite de l’évêché de Pampelune dont était invefli Nicolas de Dicaftillo , grand

(1) Voir Appendice I , § I , n° 1 Lettres d’Anne de Bretagne , &c., 21 avril ifof.

(2) Idem.

l8o ANNE DE BRETAGNE.

aumônier de la reine , <3c probablement frère d’un des ferviteurs les plus dévoués de cette princeffe, Loppe de Dicaflillo, fon maître d’hôtel. Sans avoir égard à cette invelliture , le nouveau pape Pie III venait de donner cet évêché au cardinal de Sainte- Anaflafîe. Anne de Bretagne demande au roid’ Efpagne & à fa femme Ifabelle, de joindre leurs inffances à celles des fouverains de la Navarre <3c aux bennes , pour obtenir du Saint-Père que le cardinal ne prît pas polfelfion de cet évêché : confidérant, dit la reine avec ce bon fens qui la caraélérifait , qu’il n’y a dans la Navarre qu’une feule églife cathédrale, & quil ejl befoin que leur prélat demeure continuellement fur les lieux (i).

Enfin la quatrième eft écrite en faveur de Michel Riz ou Ritius, Napolitain de naiffance, doéleur en droit civil & canon , jurifconfulte célèbre, qui avait embraffélacaufede Louis XI I. Pour l’en récompenfer, le roi l’avait attaché au Grand-Confeil , & l’appela plus tard au Parlement de Paris. Ce fut lui qui, à la fin de l’année i ÿoo , fit une longue harangue aux Milanais vaincus, demanda leur grâce à

(i) Appendice I, § I, n° i , Lettres d’ Anne de Bretagne.

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