LIV. II, CHAP. III. I
LouisXII, tout en démontrant leurs iniquités. Ce fut lui encore, après la pacification de la révolte de Gênes, en 1^07 , qui fit au peuple fuppliant un difcours plein de reproches & de fé vérité, en préfence de Louis XII, & qui fut nommé un descommiffaires pour juger les coupables (1). Après la convention de if02, qui laiffait Ferdinand feul pofTeffeur du royaume de Naples , Michel Riz réclama les biens qu’il avait dans cette ville avant la guerre. C’était, comme j’ai dit plus haut, une des claufes du traité ; mais le roi Ferdinand ne fe preffait pas de la remplir. Anne de Bretagne lui écrivit, au mois de mai 1 f o^, pour qu’il prît en confidération la demande de Michel Riz; afin de témoigner tout l’intérêt qu’elle portait à ce fidèle ferviteur, elle ajouta plufieurs lignes de fa main (2). Ferdinand ne mit pas un grand empreffement à fatisfaire la reine; au mois de février 1 yo8, Riz était mort, fans avoir obtenu la reflitutiondefes biens; Louis XII écrivait à Ferdinand, l’année fuivante, en faveur de Jean SébafFien Riz, fils
(1) Chroniques de Jean d’ Anton, publiées par le bibliophile Jacob. Paris 1 83 y , in-8°, t. IV, pp. 41-fo.
(2) Appendice I, S I, n° 1, Lettre d’Anne de Bretagne , du 29 mai ifof.
du confeiller , pour qu’il eût à faire rendre au jeune orphelin les biens de fa famille (i).
Anne de Bretagne prit une part très-aélive aux différentes expéditions de Louis XII en Italie. Ces expéditions furent, comme chacun fait j lignalées par de belles victoires , des conquêtes rapides, mais n’eurent pas de réfultat. Commencées en 1499, par la conquête du Milanais faite en vingt jours, elles aboutirent, après douze ans mêlés de fuccès <3c de revers, à l’évacuation complète de l’Italie par les Français. 11 y avait eu les triomphes de Milan, de Gênes & de Naples ; il y avait eu la fameufe bataille d’Aignadel , gagnée par Louis XII en perfonne , le 4 mai 1 f 09, mais il y avait eu deux défaites conlidérables en huit jours, l’une à Seminara, le vendredi 2 1 avril 1 5*03 , l’autre à Cérignole, le vendredi 28 du même mois ; il y avait eu fur tout la ligue des principaux fouverains de l’Europe, en ipo, dirigée par ce pape guerrier Jules II, ennemi déclaré de la France, ennemi furtout de cette famille facrilége des Borgia, avec laquelle Louis XII
(1) Appendice I, § IV, Lettres de Louis XII à Ferdinand' 24 février 1 <"09.