L1V. II, CHAP. III
« fleurs autres fiflent le voyage (1). » Sur ce navire, dont les proportions étaient confidérables, s’embarquèrent les meilleurs marins de la Bretagne, un allez grand nombre de Tes hommes d’armes & plufieurs chevaliers de la maifon de la reine. La conduite de ce bâtiment était confiée au capitaine Jacques Guybé , commandant des troupes bretonnes , même avant le mariage d’Anne de Bretagne avec Louis XII. C’était le neveu de Landois, favori de François II, dont j’ai parlé précédemment (2). La reine avait en lui toute confiance, & Guybé la méritait. Parmi les officiers embarqués fur la Cordelière , fe trouvait Pierre Choque, dit ‘Bretagne , roi d’armes 5 il était chargé par elle de lui faire le récit de cette expédition (3). Le chroniqueur de Louis XII en a raconté fort en détail toutes les péripéties ; les plus petits faits d’armes font enregilJrés avec foin, il nous dit comment chacun des chrétiens qui fe trouva là tranfmit fon Turc en enfer (4). Cet effai de croifade n’eut pas une fin heureufe : l’orage fit éprouver de grande pertes à la flotte
(1) Chroniques , &c., t. I, p. 2 f2.
(2) Voir plus haut, dans l’Introduèlion, p. 26.
(3) Chroniques de Jean d’ Auton, 1. 1, p. 2^3.
(4) Idem , t. II, pp. 11 à 74.
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françaife & bretonne, qui feuie était refiée fidèle à fa million 5 malgré tout, la grande nef SWarie-la- Cordelière put revenir à Breft 5 peu de temps après , lors d’un voyage qu’elle fit en Bretagne en 1 ÿoÿ, la reine-du chefle fe donna le plailir de la viliter deux fois (1).
Mais cette belle nef éMarie-la- Cordelière ne fut pas aufîi heureufe dix années plus tard, dans une lutte qu’elle eut à foutenir contre la flotte anglaife. Le 10 août de l’année 1 f 1 2, à la hauteur des îles d’Oueffant, attaquée par le vaiffeau amiral anglais nommé le ‘Régent , elle foutint contre luiune lutte acharnée. Les deux bâtiments accrochés Lun à l’autre, devinrent un véritable champ de carnage, où plufieurs milliers d’hommes fe difputèrent la viéloire. Le commandant de la Cordelière , Hervé ‘P ortgmo guet , Breton à l’âme héroïque, fe voyant près de fuccomber, n’hélita pas à incendier fon bâtiment & en même temps celui qu’il combattait. Bientôt cMarie-la-Cordelière Scie Régent difparurent dans le même tourbillon. Ceux qui les montaient
(1) Alain Bouchard, Chroniques de Bretagne , &c., f° 2^9,