‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 77 sur 87 · LIV. II, CHAP. IV. 20f · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. IV. 20f

Avant de faire fon voyage en Bretagne , la reine était fortie triomphante d’une lutte qu’elle avait engagée contre François de Rohan, maréchal de Gié , miniftre favori de Louis XII. Il faut le reconnaître, ce n’efl: pas une des belles pages de fon hiftoire, mais les ennemis de cette princelfe ont exagéré la rigueur de cet aéte, faute d’en bien connaître toutes les circonflances & les véritables motifs. En 1^03, quand Louis XII, frappé au cœur par la double défaite de fon armée d’Italie, tomba gravement malade, il y avait à la cour deux partis bien diftinéls, toujours en lutte l’un contre l’autre : le parti de la reine qui fe compofait des feigneurs Bretons reliés fidèles à leur pays & de quelques Français, tels que l’amiral de Graville, ancien favori de

bien percée. Au bas de l’églife y a une belle groffe tour carrée, toute de pierres de taille jufqu’à la guérite, par deffus la quelle s’élève une haute pyramide de plomb, enjolivée de plufieurs figures & feuillages. Dans le cimetière fe trouve une fontaine partie de taille, partie de plomb, la quelle efl une des rares pièces du pays, jettant grande abondance d’eau. Cette églife eft trêve ou fillette, dépendant de la paroiffe de Plougaznou, ayant fon curé & fes prêtres à part. C’efl l’un des plus hautz pèlerinages de la province. »

2o6 ANNE DE BRETAGNE.

Charles VIII, tombé en difgrace, pour n’avoir pas approuvé les expéditions d’Italie; le parti de Louife de Savoye, ducheffe d’Angoulême, mère de l’héritier préfomptif de la couronne , François d’Angoulême, à qui Louis XII deftinait fa fille aînée . A la tête de ce parti était Pierre de Rohan, maréchal de Gié, ancien gouverneur du jeune prince, courtifan dédaigné, il efl vrai, de Louife de Savoye, refiée veuve trèsjeune encore. En ifoj, les médecins ayant déclaré que la mort de Louis XII était imminente j le maréchal de Gié , envoya prévenir Louife de Savoye, donna l’ordre à Louis de Montroyal qu’il avait mis à fa place près de François d’Angoulême, de ne fe défaifirpour rien du jeune prince ; il fit garder par dix mille archers le cours de la Loire , afin que Madame Claude ne pût être enlevée, & fe rendit au château d’Amboife, dont il était capitaine, afin de furveiller les démarches de la reine (i). De fon côté, Anne de Bretagne, connaififant toutes les difficultés qui l’attendaient à la mort de Louis XII, donna l’ordre aux officiers de fa maifon de charger fur deux ou trois grands

(i) Chroniques de J . d’Auton, t. III, p. 76.

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