‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 82 sur 87 · LIV. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. IV

dans les mêmes difpofitions à l’égard de la maifon d’Autriche, puifque par lettres du 22 feptembre 1^04, il accorde à Charles, duc de Luxembourg, la jouiffance d’une aide fur l’Artois en faveur de fon mariage avec Claude de France (1). Ce fut au commencement de l’année 1^06, après cette grave maladie qui mit fes jours en danger, que Louis X 1 1 changea d’opinion & céda aux instantes prières de fon confeiller favori., Georges d’Amboife. Cet habile miniflre lui fit comprendre tous les dangers d’une alliance avec l’Autriche, & devint l’interprète du vœu formé non-feulement par toute la France, mais encore par la Bretagne , de voir unir la princeffe Claude avec François d’Angoulême, héritier du trône. Louis X i I n’eut aucune peine à fe laiffer perfuader; il s’empreffa de ligner une ordonnance par laquelle il déclarait vouloir que les fiançailles euffent lieu incontinent, poulie bien, fureté & entrerenement de la chofe publique de fon royaume; nonobstant le mariage antérieurement accordé avec Charles, duc de Luxembourg (2).

(1) Le Glay, Négociations , &c., t. I, p. 7f.

(2) déclaration du roi , Mss. de Colbert , in-f°, t. I,

Il fit plus encore : il affembla fecrètement les principaux capitaines de fa garde , <5c leur fit prêter ferment fur FEvangile & la Croix de fervir Madame Claude & le duc de Valois , d’empêcher , s’il mourait fans hoirs mâles, que la petite princefie ne fût tranfportée hors du royaume. Stuart d’Aubigny jura furie dannemem de fon âme & fur la part quil prétend avoir en paradis , d’employer à l’exécution de cette promelTe fa perfonne <3c les cent archers écoiïais, jufqu’à la mort inclufivement. Son lieutenant Jean Stuart , le capitaine des Cent-SuilTes , Guillaume de la Marck, feigneur de Montbazon, <$c fon lieutenant, foufcrivirent la même promelfe (i).

Avec la fecrète penfée de pouvoir oppofer aux réclamations de la reine un vœu exprimé par la nation, Louis XII s’était emprefifé de recevoir en audience folennelle les députés des trois Etats. Des hifloriens prétendent que la fcène qui va fuivre fut préparée entre le roi &

Bibl. Impériale. — Citée par Jacob (P. Lacroix), 1. 111, p. 70, Hifloire du X VIe fiècle en France.

(1) Bibliothèque Impériale, Ms. Dupuy , n° 84. Cité par le bibliophile Jacob, Hift. du XVIe fiècle en France , &c., t. III, p. 1 10.

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