‹ Vie de la reine Anne de BretagneChapitre 83 sur 87 · LIV. II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIV. II, CHAP. IV

les gens de Ton confeil. Cela eft pofiible ; en tout cas, elle prouve de la part des inventeurs une très-grande habileté. La voici telle qu’elle le palïa : « Le jeudy quatorzième de may, « l’an quinze cent fix, le roy de France elLant « au Plelîis-lèz-Tours affis en une grande falle, « en liège royal, à droite d’un collé de Mon- « lieur le légat d’cAmboife , du cardinal de C\ar- « bonne , du chancelier <3c grant quantité d’ar- « chevêques & évêques: & de l’autre collé de « Monlieur le duc de Valois, & de tous les « princes du lang, & autres leigneurs & ba- « rons dudit royaume en grand nombre, aulîi « du premier prélident de la cour de Parlement, « <5c plulieurs conleillers, donna audience puce blique aux députés des Etats du royaume, « lors illec alTemblez, les quels, par la bouche ce d’un doéleur de Paris nommé maillre Thomas « Tïrico, firent remonllrer au diél feigneur roy ce en langage françois, comment ils eftoient c< venuz vers lui en toute humilité <$c reverence « pour luy dire aucunes choies concernant “ grandement le bien de Fa perfonne, l’uti- « lité Sc prouffit de Ton royaume <3c de toute la « chrétienne té, afiavoir qu’au mois d’avril, en ce l’an paffé, il avoit eflé moult griefvement

« malade , dont tout ceux de l'on royaume

< avoient efté en grant foucy, craindant de le ■< perdre ^ cognoiflant les grans biens qu’il avoit « fait en plufieurs chofes lingulières, aflavoir « pour la première qu’il avoit maintenu fon « royaume & fon peuple en li bonne paix que * par le paffé n’avoit efté en plus grande tran- - quilité 5 & tellement qu’ils fçavoient que les •< poulies portoient le bacinet fur la telle, en ■< façon qu’il n’y avoit li hardi de rien prendre « fans payer; aulfy qu’il avoit quitté fur fon

< peuple le quart des tailles; fecondement qu’il « avoit reformé la juftice de fon royaume & a mis bons juges partout <5t mefmement à la c< cour de Parlement à Paris; <3c pour ces caufes

< <5c autres qui feroient longues à reciter, il de- “ voit eftre appellé Le T^oy Loys Voufiefme Tere ce du Teuple ; <3c après le dit Brico <3c tous ceux ' defdits Etats fe mirent à genoux; & dit " iceiuy Brico : Sire, nous fournies icy venus -< fous voftre bon plailir pour vous faire une ce requefte , pour le général bien de voftre « royaume, qui eft telle que vos très humbles « fujets vous fupplient qu’il vous plaife de « donner é Madame voftre fille unicque en mace riage à zMonfieur François icy prefent, qui

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